LIVRE PREMIER
liiiiies, comme le rapportent Thucydide et Xénophon , d’entonner, ;m moment de livrer une bataille ou après avoir remporté une victoiit*, I hymne de guerre appelé /VVm, qui, dans le premier cas, s’adressait oi-dinairemènl à Mars , et dans le second à Apollon (i).
Malgré les recheiches des savants et les nombreuses dissertations (jui ont été faites sur cette matière, la nature de la musique giecque ne nous est pas encore bien connue. Aussi les moyens que cet ai t mettait en œuvie ne nous paraissent-ils pas justifier suffisamment l’importance des résultats auxquels il lui était donné d’atteindre; et tout en faisant la part de l’exagération des écrivains, de leur amour du merveilleux, et de leur facilité à inventer des fables, on ne peut s’empêcher de reconnaître qu’il doit v avoir dans tout ce qu’ils rapportent un fond de vérité, partant une cause première dont nous ne pouvons aujourd’hui (dépourvus que nous sommes des documents nécessaires) parfaitement comprendre toute la puissance et la portée. Cependant plusieurs de ces résultats merveilleux semblent dus non-seulement aux incontestaldes propriétés du rbytbme, mais encore à celles qu’on attribuait aux genres et aux modes particuliers au système de la musique grecque. Or, il faut savoir que ce système, (pii dans l’origine paraît n’avoir eu qu’un seul genre, celui d’OIympe de Misène, en comporta plus tard jusqu’à trois : le genre diatonique , le genre chromatique et le genre enharmonique (a). Aristide caractérise chacun de
(i) Les péans ou pæans étaient un genre de poésie appliqué aux hymnes chantes en l’honneur d’Apollon, qu’on avait aussi surnommé péan^ d’un mot grec qui frappant,
par allusion au combat dans lequel il terrassa le sei pent Python.
2 ; Le diatonique est le seul genre dont nous ayons encore l’analoi^ue dans notre système actuel, car il procède, comme notre gamme, par tons et demi-tons. Quant aux deux antres, ^
comme on peut s’en convaincre par les exemples ci-après, ils ne coïncident nullement avec les successions auxquelles nous donnons également aujourd’hui les noms chromatique et {['enharmonique.
Le genre diatonique des Grecs consistait dans la division du tétracoide (succession de 4 notes ) <‘n un demi-ton et 2 tons consécutifs; par exemple :
i6 MANUEL GÉNÉRAL DE MUSIQUE MILITAIRE.
ces genres, en disant que le premier est mâle et austère, le second agréable et pathétique, le troisième doux et excitant (i). Pour ce qui est des modes, on en admettait cinq principaux, qui tiraient leurs noms des provinces auxquelles ils appartenaient spécialement; c’étaient ledorien, l’ionien, le phrygien, l’éolien et le lydien (2). Selon les qualités qu’on croyait particulières à chacun de ces modes, le dorien, suivant les uns, passait pour avoir la faculté d’exalter les esprits, ou du moins d’inspirer des sentiments nobles et courageux; ce que d’autres, au contraire, attribuaient exclusivement au mode phrygien. Le premier avait pour tonique ré, et répond à l’échelle d’un des anciens tons d’église (3).
Le genre chromatique comprenait 3 demi-tons consécutifs et une tierce mineure :