LIVRE DEUXIEME
nii})ai'tiaii\. C'e|)e4ulanl la malveillance continuant de multiplier ses atta- 'jues, les défenseurs d’Adolplie Sax crurent avoir trouvé le moveii d(‘ la réduire à rimpuissance la plus absolue, en donnant une éclatante publicité aux témoignages d’approbation qu’avaient eu l’occasion d’émeltie sur les travaux de ce facteur célèbre, des hommes à qui leui' talent, leur savoir
ou leur expérience semblaient conférer le droit de prononcer en dernier ressoit, dans une (juestion de cette nature, et parmi lesquels on nous fit, à nous-mème, l’bonneur de nous compter (i). Des attestations si flatteuses
(i) Voici', <laiis l’ordre donné, les lettres qui ont été publiées en décembre 1843. Comme la nôtre en faisait partie, elle se trouvera également rappoitée ci-après. Il est d’ailleurs necessaire que le lecteur les ait toutes sous les yeux., afin de pouvoir mieux apprécier les événements dont nous ferons bientôt le récit, et auxquels nous-méme avons pris part ;
« A. Sax a fait faire de grands progrès, non-seulement à la fabrication des instruments à « vent, mais encore à l’art de l’instrumentation meme, en perfectionnant les instruments '< anciens et en en créant de nouveaux. Il est digne de la reconnaissance des compositeurs et « de tous les encouragements des protecteurs de la musique. C’est un artiste ingénieux, part tient, persévérant et hardi, qui n’a besoin que d’un peu d’aide pour fournir une utile ' et brillante carrière. » H. Berlioz.
«Paris, 3o octobre 1843.
« Je connais parfaitement les travaux de M. Sax et les nombreuses améliorations qu’il a « apportées à la construction des instruments à vent, et j’ai été à même aussi d’apprécier < son talent comme exécutant; personne mieux que lui ne mérite d’étre encouragé et soutenu « dans les travaux qu’il a entrepris. » Halévy.
. « Paris, 3 novembre 1843.
« Depuis longtemps j’ai été à même d’apprécier les travaux de M. Adolphe Sax fils. Les « perfectionnements apportés par lui à la clarinette-basse, ainsi qu’au bugle, à la trompette « et généralement à tout le système des instruments à vent, comme aussi l’invention de plu- « sieurs instruments nouveaux du plus bel effet, notamment le saxophone^ me paraissent « d’une inco!)testable utilité, et infiniment favorables au progrès de l’art musical. C’est un rt témoignage que je me ferai toujours un vrai plaisir de rendre publiquement à ce digne rt artiste, et qui n’est d’ailleurs que l’expression sincère de ma conviction la plus intime. «
Kastner.
' rt Paris, 3 novembre,
M. Sax a eu la bonté de me faire entendre plusieurs instruments qu’il a inventés et perfectionnes; j’en ai été frès-étonné et plus que satisfait, à cause des bons résultats que de tels instruments doivent opérer dans l’art. I ederico Ricci.
et si uiianiines aiuaient dû, en effet, irnposef silence a une ciiticjue deloyale et fermer la bouche aux envieux. Il est vrai (|ue 1 opposition faite par ces derniers cessa de se produire aussi ouvertement au grand jour; mais elle se transforma en une guerre sourde et acharnée, qui ne laissait a M. Adolphe Sax , dans l’exercice de son industrie naissante, ni repos ni trêve. Ainsi on débauchait à piix d’oi‘ les ouvriers qu’il formait, on lui
« Je ne connais, des nouveaux instruments qu’a inventes M. Sax, que 1 instrument (ju ii « appelle saxophone.
« Cet instrument m’a paru d’un bel et puissant effet, et pouvant être avantageusement « employé dans les orchestres et les musiques militaires. » Meyerbeer.
« J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt les travaux de M. Sax. .Ses perfectionnements me « semblent de véritables créations. Les comj)Ositeurs lui doivent l)eaucoup, parce que, grâce « à lui, s’agrandira le domaine de l’instrumentation. » Ad. Adam.
« 27 novembre i84iî.
« J’ai entendu avec un grand intérêt les instruments inventés et perfectionnés par RI. Adol- « phe Sax. La basse d’harmonie, apj)elée saxophone, et la clarinette-basse sont on ne peut « plus remarquables par la puissance de leurs notes graves.
« Ces deux instruments seront appelés, je le crois, à prendre place dans les orchestres. « Les bugles et trompettes à cylindres ont aussi une supériorité incontestable par l’égalité « des sons et surtout par la justesse.
« Ces résultats obtenus seront, je n’en doute pas, d’une grande utilité pour les artistes « exécutants, ainsi que pour les compositeurs, qui verront par là s’étendre encore les res- « sources de l’instrumentation. » Ambroise Thomas.
« A Monsieur Sax.
« RIonsieur,
« J’ai examiné avec beaucoup de soin et d’intérêt les instruments que vous m’ave/ fait « entendre, ainsi que les perfectionnements ingénieux que vous y avez adaptés.
« La clarinette a le mérite de ne pas changer le doigté, de conserver la belle qualité des « sons, en les rendant plus justes que la clarinette à treize clefs dont on se sert ordinairement, « et de donner une grande facilité pour attaquer les notes aiguës.
« La clarinette-basse est tout à fait nouvelle; elle est appelée à jouer un grand rôle dans « 1 orchestre, ses sons, remarquablement beaux et mâles, ont une grande puissance et une « parfaite égalité.
« Recevez , Rionsieur, mes compliments bien sincères sur vos intéressants instruments «<iui, avec votre talent et les perfectionnements que vous y apporterez, sont appelés à <> >endre de grands services à la musique instrumentale.
« Le directeur du Gymnase musical, membre de l’Institut,
'« Carafa. »