‹ Manuel general de musique militaireChapitre 126 sur 229 · LIVRE DEUXIEiME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEiME

laisons à ct‘s (niatre poinlsde vue : i” la justesse, .>/* la sonoiilé, la faoililé trevécutioii , 4‘Ma solidité de niécanisiue et de faclure. Enfiu , les jugeant eu premier lieu séparément, et en second lieu réunis, elle sappli- (pia à découvrir leuis cpialités et leurs défauts dans cliacui] de ces cas, soit leni' valeur intrinsè(|ue lorstpi’ils étaient isolément pris, soit leur valeui- relative, loisqu’ils étaient considéi’és dans l’ensemble. Ce furent ces consciencieuses recherches (jui la Conduisirent à la solution complète et délinitive qu’elle avait eu mission de trouver. Ainsi que le constatent les procès-vei haux, les résultats des expériences ont rarement laissé du doute. Aussi toutes les décisions de la commission ont-elles été prises à l’unanimité. Ce n’est que dans le cours des discussions pi'éalahles qu’une dissidence assez prononcée éclata, sui- quelques points, entre la majorité de la commission et l’un de ses membres, formant à lui seul la plus faible et la plus impuissante des minoiités, mais dont l’opposition toutefois, trop ouvei tement dirigée contre le bon sens et la vérité , pourrait deveniipassible d’une critique sévèi e, si l’on n’était assez indulgent pour admettre, en manière d’excuse et en guise de circonstances atténuantes, qu’il y a encoi e une certaine gloire à l ester seul de son opinion , et un certain courage même à se fair e l’avocat d’une mauvaise cause , sur tout quand on a entrepris de la défendre gratuitement.

Bien (jue cette opinion isolée, qui ne trouvait même pas à s’appuyer surl'apparence [d’un raisonnement, ne pi^it être d’aucun poids dans la balance de la justice, et n’eût d’ailleurs aucune influence dans le sein de la comnrission, elle ne laissait pas néanmoins d’apporter- de fâcheuses entraves aux opérations de cette dernière, en augnrenlant l’agitatioir et l’in- (juiétude (jut légnaieirt au dehors parmi les gens intéressés dans l’importante affaire sur- larjuelle elle avait bientôt à j^rononcer-, et conduits, parleur intérêt personnel ou par- de secrets motifs, à juger- avec prévention et ténrér ité de ses moindres actes, toutes les fois cju’ils ne se croyaient point forrdés à les interpréter- en leur- faveur-. Tout le temps qrre les travaux de la conrnrission devaient rester- secrets, rien n’était plus facile (jue de dénaturer- par de faux rapports tout ce (pri se faisait dans son sein; et l’on conçoit (pre des irrsi rruations perlides, jetées avec adresse crr pâture à l’avide curiosité de la foule, ne jrouvaient rrrarrepree- d’accréditer alors les j)lus absirt-des corrjectur es , jes ])lits outragearrt es câlorn-

nies (i). On espérait sans doute, à l’aide de ces manœuvres habiles, semer le trouble et la division parmi les membres de ce jury, peut-être même réussir à en intimider quel([ues-uns, ou sinon les pousser par l’irritation à quelque décision prématurée, afin de se ménager ensuite le droit de les accuser hautement de précipitation, d’aveuglement, d’esprit de paiti. Pour mettre la commission en garde contre les pièges de la malveillance, et la diiiger dans une voie sûre, il ne fallait rien moins que la fermeté de caractère, la rectitude de jugement, le calme et la modération, qui sont le partage du lieutenant général de Rumigny. Nul autre peut-éire ne seiait parvenu à satisfaire avec plus de tact, de convenance et de dignité, aux exigences d’une position si difficile, et cette conduite piété d’autant plus à l’éloge, c[u’ayant été, comme président de la commission, parliculièi ement en butte à d'odieuses attaques, le général de Rumigny, dans un moment d’indignation, ainait pu céder à l’envie d’y répondre, ce qui eût indubitable-

(i) Voici ce qu’on lit à ce sujet dans un intéressant article sur la réorganisation des musiques militaires! que M. Hector Berlioz fit paraître à cette époque dans les Débats :

« La nouvelle de l’examen qu’on fait subir en ce moment à la question que nous venons « d’aborder, cause une grande agitation, surtout parmi les facteurs d’instruments à vent. « Non-seulement ceux de Paris se sont réunis, mais même des députations des facteurs de « province se sont jointes à eux pour aviser aux moyens de détourner le danger dont ils se '< croient menacés. Il est vrai, je l’ai dit en commençant, que si la réforme est adoptée dans « le sens indiqué (Berlioz vient de j)arler des propositions faites par Sax dans son Mémoire), n ils auront de la peine à écouler leurs anciens produits, et ce sera pour eux une perte; « mais il est également vrai, en ce cas, qu’un nombre indéterminable de nouveaux instru- « ments devant être nécessairement fabriqués pour les besoins de l’armée, cette circons- •< tance peut être très-favorable à leur commerce.

« On n’a pi omis le monopole des bugles, des trombones , des trompettes et des tubas à • personne; on examinera les nouveaux instruments : si ceux de Sax sont les meilleurs -< ils devront être adoptés; mais s'il arrive, au contraire, que ses émules l’emportent sur lui, « c’est à eux qu’on s’adressera; rien n’est plus évident. D’ailleurs cette question est tout à « fait secondaire; il ne s’agit pas des intérêts des facteurs, mais bien de ceux de l’art et de « l’armée. L’agitation des chefs d’ateliers où se confectionnent les instruments à vent se - conçoit; mais elle ne doit ni ne peut avoir plus d’influence sur la décision à prendre par « la commission , que n’en aura sans doute la joie des marchands de cuivre, assui és, si l'a ■' réorganisation s’opère, d’un subit accroissement de leurs bénéfices. Avec des considéra- « lions pareilles, nous arriverions , en suivant la chaîne des intérêts , jusqu’aux ouvriers miirsqui extraient le minerai. » (Hector Berlioz, feuilleton des Débats avril i8',5 )

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