‹ Manuel general de musique militaireChapitre 136 sur 229 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

eiigageiiienl ^i) une retraite convenable, telles seraient les ainéhorations les plus urgentes à réaliser de ce côté. Peut-être ferait-on bien aussi de rapporter la mesure (pii, depuis le i*'*' février i833, oblige les musiciens a porter le sac comme les simples soldats, et à les libéier dorénavant de cette obligation, du moins pour le temps de paix. Enfin il est plusieurs améliorations de détail, concernant riiabillement , auxcjuelles les artistes ([ui font partie des musi(]ues attachent une certaine importance, parce (piVlles intéressent leur amour-propre; ce cjui nous semble devoir être un motif de ne point les laisser complètement dans l’oubli (^2).

E’obligation imposée aux candidats de subir un examen pour être reçus chefs de musi(jue, est une disposition qui devrait être adoptée sans con-

(1) Voy’ez ce que nous disons plus loin , de la nécessite de faite contracter un ionj^ engagement à tous ceux qui entrent au Gymnase.

(2) L’habillement des musiciens, qui est en draj) de sous-oflicier , avec galon d’or ou «l’argent, avait autrefois le chevron en même métal; on regrette dans la musique qu’il n’en soit pins ainsi, et qu’un règlement de 1 844 ait prescrit que le chevron serait désormais porté en laine rouge, ce qui, assure-t-on, est d’un vilain effet. Les questions d’nniforme ne sont point dans l’armee aussi futiles qu’elles semblent l’être en bien des cas , dans les emidois de la vie civile. En effet, pour le militaire, en même temps qu’elles éveillent l’iilee du rang qu’il occupe, et qu’elles donnent la mesure delà considération dont il est aj)pelé à jouir parmi ses camarades, elles décident souvent de l’impression qu’un corps de troupe léra sur l’entiemi. G’est par rappoi t à ces motifs, que le chef tambour d’un régiment allemand insiste, dans un petit ouvrage que nous avons sons les yeux, et dont le plan, ainsi qu’il nous le fait savoir, lui a ete fourni par la petite méthode de tambour de Marguery , pour que les tambours du duché de Saxe-Weimar soient autorisés à porter des ê|iaulettes, à l’instar des tambours français, (jui, au dire même de Vanieur, représentent si bien à la têt«; de leurs troupes, et dont la belle tenue impose à l’ennemi. Ce militaire allemand, qui nous loue d’avoir pai faitement compris l’importance et Tutilité des tambours, ne se borne pas seulement à revendiquer , pour ceux de sa nation, de simples améliorations d’uniforme; il |)ousse bien plus loin ses exigences, et demande que les tambours de l’infanterie, de même que les trompettes de la cavalerie, aient le grade'de sous-officier. (Cari Ciofano, dans l’opuscule qui a pour titre : Praktische Trornniel and Pfeiferschule^ oder Vorschrift zur Anlernang and Aasbildung des Tambours und Querpfeifer , publié à Ilmenau en i83'3, avec cette curieuse épigraphe en français, que Pon doit sans doute à quelque loustic en verve ;

(jn régiment sans tanihoiir Kst comme nue tille ■'ans amoui.

tesle. Nous avons parle' ailleurs de tout ce (ju on est en droit d exiger d’hommes à (jui est confiée la eiirection des orchestres militaires. N est-il pas indispensable de s’assurer' (ju’ils possèdent en elTet toutes les cjualités jeepiises, et eju’ils sauront faire valoir l’ensemble instrumental qu on leur <lonne à diriger ? Il ser ait donc essentiel (|ue, dans les epr euves de l examen, aucun des principaux points indirpiès ne fût onris; il faudrait surtout (jue l’on tînt à ce que le candidat fût lion musicien , dans la pleine et entière acception du mot. On accoi'de toujours trop d importance à la question de l’exécution , et l’on se laisse seduir e par les dehors br illants d’un soliste qui a beaucoup de pi'atique, mais dont les connaissances superficielles et incomplètes ont pour base la routine et nullement le savoir’. Ainsi que nous le faisons encore obser ver plus loin, un homme qui possédé des (jualilés solides, et (pii a une parfaite intelligence de la musicpie d’ensemble, rend bien plus de ser vice à l’exécution générale, comme ordonnateur habile, qu’il ne serait à même de lui en rendre par' sa simple participation comme exécutant. Dans le premier cas, en effet , c^est lui tpri se trouve à la tête de l’organisation instrumentale qui la domine, qui en fait mouvoir, pour ainsi dire, tous les rouages, et prend soin que rien n’entrave la marche de cette machine sonore ; dans le second cas, au contraire, il n’est plus lui-même qu’un des principaux rouages de l’ensemble , fonctionnant à peu près au même titre que les autres. Or, delà à l’anarchie il n’y a qu’un pas; une fois l’impulsion donnée, la machitre marche bien encor e seule quel(|ue temps; mais, au moindre obstacle qui se pr'ésente, elle s’arrête ou se dérange, et la confusion, le désordre qui en résulte vient bientôt témoigner de la nécessité d’un principe régulateur. L’examen des chefs de musique ne saurait donc être fait à la légère, et l’on ne peut appor ter' tr op de soin dans le choix des juges. 11 faut, pour r etirplir cette tâche, des hommes qui s’intéressent à la musique militaire, qui en connaissent 1 impor tance, et qui l’aient étudiée de près soirs les rapports pratiques et théor iques ; car’, si l’on se bornait à examiner des chefs de rnusicpie comme on examine des musiciens destinés à un autre genre de spécialité, on pourrait laisser’ échapper bien des imperfections, bien des négligences , qui , dans d’autres cas, ne tireraient peut-être pas à conséquence, mais (jui ne manqueraient cer tainement point ici d’entr aîner les |)ius graves inconvénients. Une chose (ju’en général on ne doit pas perdre

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