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ions sous peu. C’est pouiquoi nous nous abstiendrons celte fois d’entrer dans aucun détail sur l’organisation dn Gymnase, nous étant longuement occupé de cette matière dans le travail dont nous venons de pailer. Toutefois, puisque nous en trouvons ici l’occasion, nous indi(|uerons en passant (pielques-uns des principaux points qui appellent plus paiticulièrement l’attention. Et d’abord ne semble-t-il pas nécessaire de ne recevoiides soldats pour devenir chefs de musique, qu’à cette seule condition, (pi’ils s’engageront à servir un certain nombre d’années déterminé, par exemple, de dix à quinze ans? 4rin de les y amener plus facilement, il conviendrait sans doute de leur assuier non-seulement pour le présent , mais encore pour l’avenir, des avantages à peu près équivalents à ceux que pourrait leur offrir une position indépendante, (jui ne les forcerait point d’aliéner leur liberté. Il sei’ait donc juste et équitable, surtout si l’engagement volontaire était de^ quinze ans, de leur donner droit à une retraite. Il n’est pas besoin de dire que leur r éception au Gymnase musical entraînerait forcément pour* eux l’obligation de contracter- cet engagement. De cette manière, le gouvernement ne continuer’ait pas à former- à ses dépens de jeunes musiciens destinés bien plutôt à alimenter les orcbestr es de théâtre que les musiques de l’ar nrée. Il serait à désirer que les soldats musiciens destinés à entrer au Gymnase n’eussent point dépassé l’âge le plus lavorable à l’étude, afin qu’ils présentassent au physique comme au moral toute l’aptitude nécessaire pour appr-endre ce qui concerne la théorie et la pratique de l’ar t, l.e mode de recrutement ordinaire tre per nret guère aux soldats musiciens de commencer leur- éducation rmrsicale qu’à l’âge de vingt ans. C’est déjà trop tard. On leur- donne Ir-ois ou quatre années pour- se former-, cela peut-il suffir-e? F^n thèse générale, réducaliotr d’un musicien commence dès l’âge de sept ou huit ans, et ne demande pas tnoirrs de huit à dix années d’études pour être entièrement achevée. Darrs l’état actuel des clroses, la moitié de celte période ne peut ménre pas être accordée aux élèves du-Gymnase, or, voici ce qui en advient : à peine ces derniers commencent-ils à être un peu familiar isés avec les élénrents de leur art, qu’ils obtiennent le grade de chefs de muskjue; et c’est au moment où ils sont en voie d’acriuérir quelque expérience, et ((uebpre habileté darrs rexetcice de cette profession, que la durée de lerrr engagement ex[)ir’e, et cjir’ils peuvent a toirt jamais rprilter- le s(M-vice, laissant rrn
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vicie cju’il va falloir remplir tant bien que mal par un nouveau vetiu. Il eu est de même à Uégard des simples musiciens. Dès qu ils ont acquis un certain talent, l’époque du congé airive; et, loin de songer à contracter un nouvel engagement, ils saisissent avec empressement cette occasion de rentrer dans la vie civile, où ils ont par avance la certitude de trouver un emploi plus brillant et plus lucratif. Ainsi dépouillés de leurs meilleurs éléments, les musicjues appauvries, désorganisées, cbercbent à combler les lacunescpie ces fr équents départs occasionnent dans la composition de leur’ personnel, par’ des musiciens élèves, conscrits de 1 art , qui beiiavent encor e sur’ leurs instruments et savent quelquefois à peine lire les notes. (Test pour cela qu’il est parfois tout à fait impossible de reconnaître une musique qu’un cbangement de garnison avait éloignée, et qui, lorstju’on l’entend de nouveau, paraît aussi misérable, aussi pauvre en bons instrumentistes , tpi’elle avait paru naguère bien et r iclieraent organisée sous ce rapport. Le chef de musicpre porte ordinairement la peine de cette fâcheuse transformation, et très-souvent, en pareil cas, est injustement accusé d’avoir négligé sa musique. Après les observations qui précèdent, on voit de quel secours seraient les enfants de troupe qui, ayant étudié de bonne heure les éléments de l’art , dans les écoles primaires de rnusi- <pre instituées en province, suivant le mode pr’oposé par la commission, ar r iver aient pour- ainsi dir*e tout formés comme musiciens, soit au Gymnase musical, où ils s’appliqueraient à acquérir des connaissances spéciales, afin de pouvoir’ passer’ chefs de musique, soit dans les régiments, où, admis en qualité d’élèves, ils se livreraient à l’étude d’un instrument sur lequel ils ne manqueraient point de faire de rapides progrès, les principes de la musique leur étant depuis longtemps familiers. Comme on ne gagne rien à semer le bon grain sur une terr e ingrate et aride, il faudrait faire en sorte de n’avoir à for’rner’ que des sujets donnant de sérieuses esjrérances. Le renvoi de toute école de musique nrilitaire, notamment du Gymnase supérieur de la capitale, des élèves paresseux, incapables ou rebelles, et letrr’ réintégr ation dans les cor ps comme simples soldats, seraient une punition méritée, en nréme temps qu’un exemple efficace. Un pareil acte de sévérité, dans des cas ur’gents, n’aurait à coup star’ (pie de bons r ésultats. Lorsrju’orr se serait occupé, d’un côté, à réunir toutes les garanties nécessair es p<nrt’ qire les bénéfices de renseignement donné aux élèves.
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ilans les établissenienls spéciaux, ne lussent point perdus pour laïniée , on chercherait, de l’autre, à hien diriger cet enseignement , afin (ju’il portât tous ses fruits. C’est en cela (pie les connaissances d’un diiccteur deviennent un objet dé la dernière importance. Poui- surveiller les études, pour inspecter les classes, et reconnaître si maîtres et disciples font chacun leur devoir*; pour’ diriger avec huit les épreuves d’ensemble et découvrir si les cir constances ou les moyens d’exécution , devenus accidentellement défectueux, ne sont point de nature à opposer une fâcheuse r ésistance au talent des élèves; pour encourager les essais (pie ceux-ci ont autorisation de faire dans l’art de la composition ou de l’arrangement; en un mot, pour* éli*e placé à la tête d’un établissement où tout est dirigé vers l’étude de la musique instrumentale, il faut qu’un directeur se soit personnellement distingué dans ce genre, qu’il en ait approfondi toutes les r essour ces’, et qu’il ait su lui-mérne y produire des effets éclatants. Pour lui, c’est peu d’étre un artiste habile dans l’acception ordinaire du mot, s’il n’entend la spécialité à larpielle sa position le rattache, et s’il n’a étudié cette spécialité sous toutes ses formes. Il serait donc à désirer* (pi’à une parfaite connaissance, à une connaissance en quelcpie sorte universelle des instruments, il joignît l’art de bien écrire et de bien instrurnenttr pour la musique guer*i*ièr*e, et que dans ses ouvrages on prît trouver* la pi’euve (pi’il a toujours parfaitement réussi à saisir* le caractère (pii convient à cette dernière, comme (^nt su le faire, par exemple, dans des (jeuvr’es dramatiques, un Spontini, un Halévy, ou bien dans des productions d’un autre ordre, dans la symphonie, un Berlioz. Un directeur epii posséderait ces éminentes qualités, et cpri y joindrait encore un esprit supérieur*, des tendances progressives, de l’impartialité; un directeur* (jui, n’avant d'autre mobile que l’amour de l’art, éviterait de tomber* dans les ornières de la r*outine, et s’applirpierait constamment à chercher la soie des améliorations, un jrareil directeur, disons-nous, ne rnamprerait point d’im|)r*imer* aux études qui se font au Gynrnase un élan des plus favorables aux progrès, et dont les conséquences réagiraient de la manière la })lus efficace sur l’état des musirpies militaii’es en iMance. Nul doute cpie, parmi les améliorations (pri lui viendr*aient à la pensée, ne se présentât sur-le-champ celle de la création d’une classe spéciale d instr urnentatiou pour* les élèves du Gymnase. Il sentirait aussi le besoin de donner’ plus
(riiiipoi lance à Uétude de l’iiarmonie, et à celle de la théorie en général, (jui, dans la répailition de l’enseignement au Gymnase musical, sont toujours restées un peu en arrière des autres travaux. Si jusqu à ce jour les compositions de musique militaire n’ont jamais été appréciées, et si, par une suite natuielle de cette indillerence , les orchestres de 1 aimee sont tombés dans un état de dégradation et d infériorité l’eelles, c est qu en général les musiciens de régiment, y compris les chefs eux-mémes, ont toujours été de pauvres harmonistes, et surtout de tristes arrangeurs. Or la connaissance de l’harmonie, lors meme qu il la posséderait a un assez haut degré, est de nul secours au chef de musique pour ses travaux de compositeur, s’il ignore le secret de l’appliquer à la musique instrumentale, à moins qu’un autre ne veirille se charger d’instrumenter ses productions. D’ailleurs l’art de l’instrumentation, n’apprenant pas seulement à fair e un bon emploi des instruments, mais enseignant encore quelles soi^t les ressources et les propriétés particulières à chacun d’eux, offre sur beaucoup de points, au chef de musique, des données certaines, qui lui seront d’une grande utilité pour l’or ganisation et la direction de l’ensemble confié à ses soins, aussi bien que pour les conseils à donner- aux artistes placés sous ses ordres. On voit combien il importe de se préoccuper aussi de cet objet, que l’on a toujours beaucoup trop négligé en France.
Nous ne voulons pas insister davantage sur la nécessité de fermer désormais les voies aux abus, et de neutraliser l’influence de l’esprit de coterie, qui finirait , à n’en pas douter, par vicier complètement le principe
d’une institution créée dans un but louable. Si l’on veut que le Gymnase musical ne par alyse point totalement les amélior ations auxquelles il devr ait au contraire s’efforcer de contribuer, on ne rloit point hésiter à lui faire subir une réforme immédiate; nous le disons hautement avec tous ceux (jui ont été frappés comme nous des inconvénients de la situation actuelle, un plus lorrg retard aurait de funestes consécpiences ; une fois le mal empiré, il ne serait plus temps d’y porter remède, et qui sait? peut-être n’v aurait-il plus de réfor me possible qtre par une sirppression.
Le Gymnase musical ne jrrépaie d’élèves rpie pour l’infanterie, la mar ine et le génie. Il n’y a donc en France qu’une serrle école de tromjretles, celle de Saumirr : encore n’y en.seigne-l-on que la sonnerie et quelques fanfares. La trompette est d’ailleurs le seul instrument qu’y puissent élttdier- les
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elèves. Oi* iiiainteiiaiit (jiie la musique de cavalei ie esl si richement organisée, et (lu’elle possède des instruments tout nouveaux, ne coin iendiaitil pas de tbndei' au Gymnase une école pour la cavalerie, ou, ce qui vaudrait mieux encore, de créer ad hoc un établissement à l’instar de celui qu’on a institué pour rinfanterie, mais toutefois sur de meilleures bases? C’est là, sans doute, ce (pii assurerait à jamais l’avenir des musiques de cavalerie en Fiance.
.Nous avons demandé bien des choses, et cependant nous n’avons pas encore indicpié tout ce (pi’il resterait à faire pour acbevei- l’œuvre de la réorganisation. La commission avait sollicité la création de trois musiques modèles, d'après lesquelles tous les régiments se sei'aient organisés, (iette demande est restée jusqu’ici sans effet. Rien ne serait cependant plus aisé que d’y satisfaire. C’est dans le corps de la garde municipale cpie pouriaient s’organiser immédiatement ces trois musiques, ou du moins la musique modèle de l’infanterie et celle de la cavalei ie : la première fournie par la garde municipale à pied, la seconde par la garde municipale à cheval. Ce corps d’élite résidant à Paris, l’oiganisation de sa musique serait constamment maintenue au plus haut degré de per fection , et, grâce à une surveillance active, aucun élément défectueux ne parviendrait jamais h s’y introduire. Les musiques modèles de la garde municipale ne seraient pas seulement utiles poui’ l’exécution des morceaux auxquels la commission instituée au ministère de la guerre aurait jugé devoir faire subir l’épreuve d’une audition, tels, entre aulies, que les morceaux envoyés par les concurrents jaloux de se partager les 3,ooo fr. de prime annuellement accordés, mais elles auraient encore l’avantage d’offrir un point de comparaison , à l’aide duepiel on pourrait exactement juger des qualités et des défauts de toutes les musiques (|ue les changements de garnison amènent à Paris, et qui, en raison de leiu- léorganisation lécente, laissent encore beaucoup à désirer sous plus d’un rapport. Cette comj)araison aurait d’ailleuis pour effet de stimuler le zèle des instrumentistes composant ces corps de musique; et le désir de ne point rester audessous de la musi(jue modèle, en hâtant leurs progrès, contiibuerait a réaliseï' une amélioiation complète. Ln sentiment analogue forcerait aussi les rnusicjues (pii mettent (piekpies lenteurs à refondre leur ensemble instrumental, d’observer promptement les prescriptions de la decision mi-
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iiistérielle. On ne peut se dissinnuler une chose : c'est que le nouveau règlement n’ait vivement contrarié, dès son apparition , bien des habitudes prises de longue date dans les régiments, et surtout bien des manières de voir entachées de préjugés; mais, à mesure que les avantages de la nouvelle oi'ganisation se révéleront au giand jour par des résultats positifs, et (pie chacun pourra les apprécier, cette instinctive répugnance, qui accueille au début toute innovation, feia place à un enthousiasme général f i ). Déjà un grand nombre de régiments ont manifesté les meilleures dispositions. Aussitôt après la léception de la circulaire ministérielle, la cavalerie s’est mise en mouvement comme pour donner l’exenqjle. C’est à elle que revient l’honneur de l’initiative. On verra par* la liste suivante quels sont les régiments qui ont les premiers réorganisé leurs musiques d’après le nouveau système.