‹ Manuel general de musique militaireChapitre 142 sur 229 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

fiance leurs ti'avaux ordinaires, sont venus faire, à celle pieuse entreprise, le sacrifice de leur temps et de leur repos, et se sont multipliés de telle sorte dans l’intérêt de l’œuvre, qu’ils ont tiouvé moyen de suffire à tout, à la correspondance, aux corrections de copie, aux répétitions. Qu’il nous suffise de dire ipie M. Massai t seul, avec un courage et une abnégation dignes des plus grands éloges, s’est condamné à passer en revue, une patune, un monceau de parties détachées, où il avait la patience de corriger lui-même jusqu’aux moindres fautes.

L’ensemble général des exécutants qui prêtèrent leur concouis jiour la célébration de ce festival, comprenait :

1° Les musiques des seize légions de la garde nationale de Paris et de la banlieue ;

•2^^ Les musiques des 4^ 9^^? ^4*"? ^5*^, 26*^, 35^ 37^’,

45^, 4b^) 4^^? ^2^, 72®, 73® et 74^^ régiments d’infanterie;

3° Les élèves du Gymnase militaire;

4° La musique de la j3^ légion de la garde nationale à cheval;

5^^ Les musiques des 3^^, 4^5 7^ régiments de dragons, 4^ lanciers, 8^ hussards et 5^ d’artillerie.

Une fois les lépétitions terminées, il fallut songer à placer tous ces musiciens dans l’enceinte de l’Hippodrome, que les directeurs venaientde mettre à la disposition de l’association avec autant d’obligeance que de désintéressement. La répartition des corps de musique fut calculée de la manière la plus avantageuse pour la direction des sons. On avait d’abord pensé à opérer la division générale par catégories d’instruments; mais on ne tarda pas à abandonner ce projet, parce qu’il fut reconnu que sui' une aussi vaste échelle, et quand les musiciens surtout doivent être de toute part cernés j)ai- le public, cette disposition est loin d’être aussi favorable à la disposition circulaire, qu’elle pourrait l’être au placement en amphithéâtre. Ou jugea donc (ju’il était plus convenable d’opérer cette division par catégories de musiques complètes, et Ton assigna à chacune de ces catégories un chef particulier, qui devait communiquer avec le chef principal , le- (juel était M. Tilmant, l’habile directeur de l’orchestre du Théàtre-llalien, et l’un des membres du comité de l’association. L’est dans le circpie, au bas des gradins destinés aux spectateurs, immédiatement après l’espace réservé entre la balustrade et le premier gradin , [)our le passage du pu-

blic, que devaient être échelonnés sur* plusieurs rangs tous les musiciens. Il avait été convenu que ceux-ci tourneraient le dos aux spectateurset legarderaient leurs chefs respectifs, placés en avant des musiques, autoui du point central (pie devait occuper le chef d orchestre. On avait décidé (|ue chacune de ces musiques serait placée de manière à ce (jue les instruments chantants se trouvassent le plus près possible des auditeurs, suivant la disposition reproduite par les fig. i et 2 de la planche ci-contie. Une batterie de tambour avait été spécialement determinee pour 1 appel des chefs de catégorie auprès du directeur en chef, lorsque celui-ci avait des ordres ou des instructions à donner. Il avait ete arrête en outré cpie toutes les musiques entreraient par la porte du fond , faisant face a la porte principale qui sert d’entrée au public, et cpi’alors chacune d’elles défilerait sous les yeux des spectateurs, en décrivant un cercle, pour aller se ranger ensuite à la place qui lui était assignée. T(3utes ces mesures d’ordre fuient strictement observées le jour de l’exécution du concert. Vivement excitée par les préparatifs et l’annonce d’une fête aussi grandiose, la foule, ce jour-là, remplissait les avenues des Champs-Élysées, se dirigeant vers l’Hippodrome, dont elle assiégea les portes bien avant l’heure fixée j)our l’ouvei'ture. C’était un concours, une affluence dont rien ne saurait donner une idée. Tout Paris semblait s’être porté vers ce lieu de réunion, comme s’il se fiil agi d’une de ces grandes léjouissances publiques cpii convient tout un peuple au plaisir, et cpii déplacent et mettent en mouvement des flots tumultueux de population. H est vrai que cette belle solennité pouvait passer à bon droit pour une véritable fêle; et si, vers la fin du siècle dernier, la musique d’un simple régiment de gardes françaises suffisait à attirer sur les boulevards une grande partie de la haute lashion parisienne, paice qu’elle avait été jugée quelque peu supérieure aux autres, combien plus devait-on être jaloux, en 18/46, d’entendre une armée complète de musicpies militaires, et cela surtout lorsqu’on savait d’avance ([ue plusieurs d’entre elles jiossédaient déjà des instruments de la nouvelle organisation, si renommés à juste titre pour leur puissante et magique sonorité. Par malheur, l’Hippodrome ne pouvait donner entrée qu’à un nombre limité de spectateurs; il est vrai (|ue sept à huit mille personnes avaient déjà trouvé place dans son enceinte; au reste, les auditeurs forcés de rester au dehors ne furent point les plus mal partagés; car

(U\ANI) FKSriVAI, MILI'IAIKE,

Donné à Paris par l’Association des Artistes niusieiens, le 24 juillet 1846.

DKURK DK CHAOUE MUSIQUE D’INFAM'ERIE

Page 1