LIVRE TROISIÈME
eHel, un chant agréable qui prédomine et s’entend au loin, et ils donnent en même temps une sorte de valeur et d’intérêt musical aux signaux de 1 infanterie.
Les marches réglementaiies sont toujours battues par les tantbours et sonnées alternativement par les instruments d’ordonnance (clairons des voltigeurs). C’est ainsi que cela se pratique souvent pour la retraite, de même que pour le défdé. Cependant ces marches peuvent être aussi accompagnées, dans divers cas, par la musique tout entière.
Les marches réglementaires de la cavalerie sont sonnées par les trompettes d’ordonnance; quelquefois elles sont accompagnées par la musique ou une partie de la musique.
La marche est essentiellement rhythmique; son premier devoir, sa principale mission, c’est de bien accentuer le retour des temps forts de la mesure. 11 faut donc que le compositeur évite autant que possible les retards d’accords, les syncopes et autres dispositions de valeurs ou combinaisons rhythmiques qui peuvent donner aux temps de l’incertitude ou de l’irrégularité.
La marche peut commencer indifféremment par Varsis ou le t/œ's/s , c’est-à-dire, parle temps fort ou le temps faible de la mesure. Cependant d vaut mieux commencer par le temps fort. Lorsqu’on fait usage de triolets ou de sextolets, il faut corriger en quelque sorte cette division impaire du temps par l’ordonnance régulière et strictement accentuée des parties d’accompagnement. Âu reste, l’emploi de pareilles figures n’est nullement défendu, comme ont pu le croire à tort plusieurs personnes.
La marche se compose généialement de phrases et de périodes assez peu étendues, mais qu’on peut ensuite travailler et développer si la circonstance le permet. D’ordinaire la^ seconde partie d’une maiche se distingue par des valeurs et une disposition autres que celles qui figment dans la piemière; cela sert à mieux faire ressortir les différents motifs, paitant à éviter runiformité et la njonotonie. Les coupes rhythmicpies de deux en deux, de (piatre en quatre, en somme dans une proportion paire, sont les meilleures. Le nombre des reprises n’est point limité. Quand on intercale un trio dans une marche, il est bien que cette partie soil traitée dans un tout autre sentiment cpie les précédentes, afin (pie la rentrée du motif principal ressorte d’autant mieux et fasse plus d’effet.
Dans la musique de cavalerie, comme on n’a pas précisément pour but de marquer le pas, ainsi qu’il arrive au contraire dans celle de l’infanterie, on substitue souvent aux marcbes proprement dites , des valses,
des galops, des polkas, des écossaises, etc. (i).
Parmi les meilleures marcbes mditaires ou composées dans le style militaire, on peut citer la marche de Lodoïska de Kreutzer, le pas redoublé des Deux journées de Chérubini, et la plupart des compositions de ce genre sorties de la plume de MM. Berr, Fessy et Mobr.En Allemagne, les maîtres (pii nous en ont donné les plus excellents modèles sont Ries, Marscbner, Kallivvoda, Moscbeles, Schneider, etc. Des chefs de musique s’y sont également exercés avec succès, notamment M. Wieprecht, directeur de la musique des gardes à cheval du roi de Prusse.
Les fanfares sont de petits morceaux de musique militaire ordinairement destinés à la cavalerie, qui, dans l’origine, furent expressément composés pour des trompettes, puis par la suite pour divers instruments de cuivre. Le caractère de la fanfare est vif, pompeux et brillant; mais, comme nous l’avons dit, les limites en sont très-bornées, et l’exécution d’une pièce de ce genre ne dure guère plus de deux minutes. Les fanfares ne se font pas entendre seulement pendant les évolutions de la cavalerie, mais elles s’emploient aussi quelquefois dans les repas au moment de poi ter les santés. Autrefois on divisait les fanfares en grandes et petites fanfares : les premières n’étaient exécutées que par des trompettes (2), des cornets ou des cors, tandis que les secondes l’étaient par une harmonie complète de cuivres, à laquelle on adjoignait les tambours, et quelquefois les timbales. Les six premières fanfares de M. Buhl, sonnées en 1799 dans la garde consulaire, étaient composées pour quatre trompettes. Les six autres, que le même auteur écrivit en i8o4, et qui furent également exé-
(i) Plusieurs généraux, notamment le lieutenant général de Rumigny, ont fait observer avec raison qu’il conviendrait d’approprier autant que possible le rhythme de ces marches aux allures du cheval. La notation musicale du rhythme des versets de Job, rapportée dans le premier livre de ce Manuel , pourrait suggérer à cet égard de bonnes idées.
(a) Dans les fanfares de quati'e trompettes, les instruments sont divisés comme suit : 1”’ trompette (clarino i”), 2® trompette (clarino 2°), 3® trompette (principale), et 4® trompette (toccato) ou toquet. Les premières ont un chant très-léger, le plus souvent en tierces, a par tir de \'(tt de la troisième petite octave jusqu’à f^rde la quatrième petite octave.