LIVRE TROISIÈME
outées par la garde consulaire, étaient composées pour (jualre trompettes, deux cors et un trombone. Dans la suite, on écrivit presque toujours les lanfares à neuf parties. En i823,M. Buld publia, pour l’usage des troupes à cheval, quatre fanfaies où il avait employé deux trompettes à clefs, ijuatre trompettes ordinaires, deux cors et un trombone. Les instruments (ju’on possédait à cette époque offrant peu de ressources pour la modulation, on n’introduisait guèie dans les fanfaies (jue deux accords : celui de la tonique, et celui de la dominante. De là vient qu’elles étaient assez, souvent monotones, le compositeur se trouvant presque toujours contraint de. reproduire les mêmes traits et les mêmes effets, par le peu de latitude qui lui était donné. Cependant les Allemands surent éviter l’écueil de la monotonie, en réunissant plusieurs trompettes de différents Ions, ce qui leur permettait de varier les modulations de leurs fanfares.
Aujourd’hui les fanfares proprement dites sont un peu tombées en désuétude, et les compositions écrites pour le même objet ne peuvent plus être appelées de ce nom, avec justesse, que dans de bien rares occasions, en raison du développement de leur coupe et de l’accroissement des r essources instrumentales. Cependant on appelle encore fanfare les sonneries d’ordonnance, exécutées à plusieurs parties par les instr uments de cuivre de la musique.
Les symphonies ou divertissements militaires sont, pour la plupart, des mor ceaux destinés à être joués au r epos, soit pour embellir une r evue, une parade, uiTrepas de corps ou quelque autre solennité militaire, soit pour faire honneur à un grand personnage, soit pour complimenter les chefs à leur arrivée ou à leur passage dans une garnison, soit pour célébrer les fêtes natales et patronymiques des officiers supérieurs , ou bien un nouvel an, soit pour donner des concerts aux habitants d’une ville, soit enfin pour ajouter à l’éclat auguste et imposant d’une cérémonie
firrrèbre.
Lor squ’on veut faire entendre une musique militair e dans un local fermé, orr a l’habitude d’en bannir les instruments de per cussion , notamment les tambours; mais si jamais les timbales étaient réintroduites dans les or'rhestr'es régrnrentarr'es, elles pourrarent for^t bren etre adnrrses en parerlle occurretrce. IN’ont-elles pas souvent r’elenti, en Allenragne et en Angleterre, dans les salles de barrquet et de r éception des châteaux pr inciers?
34o MANUEL GÉNÉRAL DE MUSIQUE MILITAIRE.
Les symphonies ou diverlissemenis militaires consistent pour la plupar t en arrangements sur des thèmes populair es ou des thèmes favor is d opér as connus. De même que pour les mar ches, il existe en ce genr e fort peu de musique spéciale. Au reste, toutes sortes de morceaux, tels que valses, marches, fantaisies , ouvertures, pots-pourris, galops, thèmes var iés, sont de mise en pareil cas; on a principalement recours aux thèmes variés, et cela surtout en Allemagne , lorsqu’on veut faire valoir l’habileté d’un ou de plusieurs artistes du régiment. Pour l’infanterie, aussi bien que pourla cavalerie, on emploie tantôt l’orchestre complet, tantôt irne parlie seulement des instruments qui le composent. L’auteur a toute latitude pour régler le plan de son morceau et la disposition de son instrumentation, il peut les varier et les modiher à son gré. En ce qui touche la conception du mor'ceari, il peut également donner- carrière à son imagination, et s’abandonner à l’inspiration en toute liber té, pour vu, et cela se conçoit, qu’il n’excède iamais les limites du gor^it et de la raison. Il doit rechercher l’origrnalité sans tomber dans la bizarrerie; il fuira donc autant que possible la vulgarité des formes, et encore plus celle des idées. Attentif à mettre de l’or'dre et de la clar té dans les développements, de la netteté et de la précision dans les détails, il saura également entretenir dans l’ensemble une agréable variété, tout en évitant soigneusement la diffusion. Enfin , ne visant qu’aux effets de bon aloi , il se tiendra surtout en garde contre le faux éclat du bruit, et n’oubliera jamais qu’au-dessus des licences momentanées, que lui accorde le style de la fantaisie, planent toujours les exigences de la composition pour orchestre militaire. MM. Berr, Mohr et Fessy nous ont particulièrement donné de bourres productions en ce genre.
Parmi les courpositeurs dramatiques qui, en France, ont le plus souvent consacré leurs inspirations à la musique militaire, il faut citer Méhul, Catel, (iossec, Berton , Spontini et Chérubini. Nous-méme avons écr it un gr-and nombre de pièces instrumentales, tant pour la cavalerie que pour l’infanterie. Actuelleurent, au lieu d’écr ire des compositions spéciales, on se borne généralement à arranger pour musique militaire les motifs des opéras en vogue. Ce travail est confié d’or'dinaire au chef de musique dans chaque r'égiment. Il serait pourtant h souhaiter que l’on possédât, à côté de ces arrangements, des recueils de pièces originales, spécialement composées