LIVRE TROISIÈME
il un , jaloux (.riuiiler l'ancien^ et de coïKjuéi li’ aussi sa pari de gloire, eouria s’enrôler volontairement sous les drapeaux; enfin il n’est [)as jusijuau bon vétéran qui, jouant en cela sans le savoir le rôle des nourrices de la Grèce antique, ne se prenne à bercer ses petits enfants au bruit de ces mâles refrains , et ne parvienne par cet enseignement pr écoce à former de jeunes héros, dont les services* seront un jour acquis à fa France.
Il ne suffit pas pour un régiment d’avoir un bon répertoire de productions musicales, ni même de posséder une musique parfaitement organisée; il faut , pour que de tels avantages ne soient point perdus, que cette dernière soit bien dirigée; en un mot, il faut qu’un régiment ait un bon chef de musique. Afin de justifier ce titre, l’artiste qui désire occuper ilignement une pareille position, doit réunir certaines qualités qui le mettent à même de satisfaire à toutes les exigences qu’elle entraîne, à tous les devoirs qu’elle impose, et c’est là l’objet que nous allons envisager.
Un chef de musique doit, avant tout, connaître à fond les principes élémentaires de son art, trop souvent négligés parles musiciens même qui ont reçu les notions d’un enseignement supérieur, c’est-à-dire, qui ont poussé leurs
éludes jusqu’à l’harmonie inclusivement. Combien de gens qui se disent musiciens, combien encore qui se proclament compositeurs, ne mettraiton pas dans l’embarras en leur posant cette simple question : Pourquoi^ (l(ins tel ton^ y a-t-il tel nombre de dièses ou de bémols h la clef ou bien en leur adressant toute autre demande d’une solution non moins facile?
Il faut pareillement qu’un chef de musique connaisse l’harmonie et les procédés de transposition; ces connaissances lui sont indispensables dans une foule de cas, pour ne pas dire dans tous. Que peut être, en effet, la notation d’une partition, pour un chef à qui elles sont étrangères, sinon tle véritables hiéroglyphes; joignez à cela qu’il se trouverait dans l’impossibilité de corriger certaines fautes qui peuvent se rencontrer dans l’œuvre d’autrui, et à plus forte raison de rien composer lui-même qui eût le sens commun.
On ne saurait trop recommander au chef de musique l’étude approfondie des instruments , de leurs propriétés, de leurs ressources et de leur ('araclère. S’il arrive jamais (ju’un de ses musiciens se refuse à exécuter tel passage, sous ce prétexte tant de fois allégué que ledit passage est inexé-