‹ Manuel general de musique militaireChapitre 28 sur 229 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

leurs chevaux de telle sorte, qu’aux sons de la flûte ces animaux savaient se mouvoir en cadence et exécuter avec les pieds de devant plusieurs gestes de chironomie. Or , il advint qu’un de ces joueurs de flûte, habile

lie M. Michelangelo Lanci, laquelle a pour titre : Esposizione de versetti del Giobbe intorno al cavallo.

Rhythme des pas du cheval et de ses allures, tel qu’il est imité dans le texte hébreu des versets de Job y noté musicalement y d’après la prononciation italienne.

A - tit - lèn las - sus ghe - bu - râ A - tal - bis sa - va - rô rag - mâ.

Moderato.

A - ta- ri - sièu-nu ca — - ar- bè

Od na - - crû

e - - ma.

Modet.'to. — 8 — 7

Iscàh le — pàcad velù je - càt velù ja - sciùr mippènè cà-reb.

/T\ rT\

irr’.TiÊr.

Presto. —4 - 7

A - - làu tir - nè as - pà :

là>>ab ca - nit ve-chi-dôn.

Prestissimo.

Siegue il

Be— rà-as ve - rôghes je - gam— mè à-ress; ve - 16 ja - a - min clii-rèl so - fàr r

Megro. ^

Prestissimo.

Be - dè so - fàr jo-màr e - - àch ;

Ume-ra - côch ja-richmilca -mà.

tosato.

Ra - àm sa - - rim

U - le - ru - - a.

5o MANUEL GÉNÉRAL DE MUSIQUE MILITAIRE.

à dresser les chevaux au moyen de certains airs, ayant eu à se plaindre des Sybai iles, se relira pour s’en venger chez les Crotoiiiates, avec lesquels ce peuple était en guerre, et qui venaient d’étre défaits dans un grand

à ses conseils, et les Crotoniates ayant consenti à le prendre pour leur chef, il commença pai' rassembler tous les joueurs d’instruments qui se trouvaient dans la ville. Il leur apprit un certain air de musique, et les voyant en état de le bien exécuter, il fit marcher les Crotoniates à la rencontre des Sybarites. Quand les deux ai mées furent en présence, il ordonna aux musiciens de jouer tous ensemble l’air qu’il leur avait enseigné. Aussitôt on vit les chevaux des ennemis, oubliant le combat pour la danse, répéter à qui mieux mieux leurs sarabandes hippiques, puis , sous la main des cavaliers qui cherchaient à les retenir, se cabrer, bondii* et porter la confusion dans tous les rangs. Toute la cavalei ie des Sybarites, se trouvant ainsi épouvantée et en désordre, les Crotoniates n’eurent aucune peine à la culbuter et à la défaire complètement (i). On prétend que cette victoire était encore célébrée longtemps après l’événement par des sacrifices qu’on faisait à Neptune, suinommé Taraxippiis , c’est-à-dire celui qui épouvante les chevaux. Les Bisaltes, peuples de la Macédoine, remportèrent, dit-on, une victoire sui- les Cardiens à l’aide du meme stratagème. Charon de Lampsaque, entre autres, rapporte cette anecdote (2). Sans doute de pareils faits méritent fort peu de créance, et sont évidemment ou supposés, ou dénaturés, ou exagérés à plaisir- par l’amour du merveilleux. Cependant on doit se rappeler que l’art des jeux équestres était beaucoup plus cultivé et plus avancé chez les anciens qu’il ne l’est généralement parmi nous, bien que les écuyers de nos cirques nous offrent quelquefois encore des exemples isolés d’une gr-ande habileté en ce genre. Dans le moyen âge et jusqu’au dix-septième siècle, on excella adresser les chevaux, qui, divises par quadrilles (3), e.xécutaient

( 1) Athen., Dcipnosoph., lib. xii, cap. 3. (2) Dejinibus ac limitibus, lib. 11.

(3) Le pùre Ménétrier nous explique en peu de mots l’origine de ce nom : « Cest des Ita- « liens, dit-il, que les troupes diverses qui composent les carrousels ont reçu le nom de «quadrilles. Ce mot est chez eux le diminutif de squadra, qui est une compagnie de soldats « rangée et dressée. Aussi squadrare est proprement dresser une chose à l’equerre et en

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