‹ Manuel general de musique militaireChapitre 42 sur 229 · LIVRE PRFMIEH · texte numérisé non relu

LIVRE PRFMIEH

leçuient aussi, dans cei laiues occasions, le nom de beffi ois, (|ne l’on appliquait également an\ cloches d’alarme. Quand on ne fixait pas de véi itahles sonnettes an caparaçon, on en lignrait dessus par une broderie , et elles passèrent ainsi dans les armoiries de (|nekpies maisons de la noblesse de France. Sons (’diildebert, on n’avait pas encore cette mode de mettre des sonnettes dans les équipements de guerre des montures, sans (pioi Frédégonde n’eût piobablement pas eu leconrs an stratagème ipii lui donna la victoire sur les Anstrasiens en 694. Comme on laissait alors paître librement les chevaux en temps de paix comme en temps tie gnei’re, on leur mettait an cou des sonnettes on clochettes afin de pouvoir les retrouver sans peine. La régente fit tourner cet usage an profit de ses desseins. Pai’ son ordre, chaque cavalier de son armée suspendit une sonnette an cou du cheval qu’il devait monter, et le chargea débranches d’arbre; après quoi ils s’avancèrent tons durant la nuit vers h camp deChilpéric. Les Anstrasiens prirent cette cavalerie pour les chevaux du pays qui paissaient dans la plaine. Lorsque faube parut et (pi’ils purent distinguer cette verte forêt ambulante, pleins d’étonnement, ainsi que le raconte un vieux chronic|ueur, ils se disaient les uns aux autres: « Ve ne ciddois niés que celle p(trt eassist nuis bois ^ et les aultres répondoient : «7W ne sais que tu dis jà^ nos-tu point les clocquettes des besles qui j pais sent (1)? » Bientôt les Anstrasiens reconnuient la vérité; mais quand les doutes cessèrent , il était déjà trop tard; ils n’eurent pas même le temps de se ranger en bataille, et leur déroute fut complète.

Bien ne prouve que l’usage des autres instruments de percussion, comme les tambours et les timbales, se fût complètement éteint pendant un ceitain temps dans les armées; quelques témoignages même tendent à étai)lir le contraire : seulement, ce qui est presque sûr, c’est qu’on les employait beaucoup moins fiéquemmenl que les trompettes.

On prétend fjue les tambours vinrent d’Espagne, où les avaient apportés, vers le commencement du huitième siècle, les Maures, (|ui les tenaient eux-mêmes des Indiens, et que, de là, l’usage s’en répandit par toute l’Europe; mais il est difficile de savoir s’ils avaient dès lors la même forme (|u’aujourd’hui. Au reste, la plupart des nations (|ui vinrent d’Asie ou d’Africpie lors de l’invasion des barbares, connaissaient des instruments de

[ i) Chroniques de Flandres , édit. IJiirlujn.

peicussion analogues aux tambours et aux timbales. Les anciens auteurs Irançais appellent le premier de ces ins\i'uments faOur^ t/ialju/\ta/jor, tabou/', tubourin (i). Il en est fort peu cpiestion dans Froissart. La première fois qu’on l’y trouve mentionné, c’est à l’occasion de l’entrée d’Édouard III dans (Valais, le 3 août i S/iy, ce qui a fait dire à plusieurs écrivains que le tamboui’ n’avait été connu en Fi ance qu’à dater de cette époque. Cependant Micbaud, dans son Histoire des Croisades, n’bésile pointa donner aux armées chrétiennes des tambours indépendamment des trompettes; il y ajoute même des cvmbales. Nous ignorons si les anciens auteurs qu’il a compulsés et les documents auxquels il a eu recours pour son beau travail , lui ont fourni des preuves de ce qu’il avance. Pour peu que ces preuves existent, toujours est-il qu’elles ne sauraient être très-nombreuses, les chroniques que nous avons nous-même consultées ne nous ayant pas offei t un seul exemple de l’emploi du tambour pi oprement dit dans les armées à cette époque. Après cela, doit-on penser que les nations qui s’étaient alliées pour conquérir Jérusalem connaissaient déjà cet usage antérieurement à la première croisade, ou bien faut-il croire quelles l’adoptèrent en quelque sorte sur place, quand elles furent ariivées en Orient, à l’imitation de ce qu’elles voyaient fait e à leurs ennemis ? Cette dernière supposition n’aurait rien d’invraisemblable, puisque, d’après les récits de Thislorien Michaud, les croisés, séduits par l’étrangeté somptueuse de la vie orientale , montiaient beaucoup d’empressement à s’en approprier les coutumes, se faisant un plaisir et un amusement de revêtir les splendides dépouilles des Sarrasins, de s’habiller comme eux et de s’entourer de tout ce qui compose le luxe et le confortable asiatiques. Rien de plus naturel alors qu’ils aient rapporté, au retour des croisades (2), les instruments de musique

fi) « Sonneiit-cil cors , et maint tabour noisa. » [Roman d’Anbry. Manuscrit.^)

Cors sarrazinois et doussaines ,

Tahoiirs, flausle Iraversaines. (GiitUanme de Maohault , Mainiscrit.)

(2) Michand , taisant la description du camp des croisés croisade), avance que : « différents cris de guerre, les tambours , dont les Sarrasins avaient introduit l’usage en « Europt,*, et des cornes sonores, percées de plusieurs trous, appelaient les croisés aux « exercices militaires. » r/cj Croisades^ 1*^* partie, tome page 188. Voy. encore, pour le même objet, les pages 297 et 44--)

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