LIVRE PREMIER
ceder le timbalier par quatre cavaliers portant la carabine haute , précaulion que l’on prenait également les jours de combat. En temps de paix, lorsque la troupe était en garnison ou en quartier, elles étaient soigneusement gardées chez le commandant avec les étendards, et , à l’armée, on les consignait de même à la garde du camp pendant la nuit , et aux sentinelles du piquet pendant le jour. Dans les marches et les revues, le timbalier se tenait à la tête de l’escadron , trois ou quatre pas devant le commandant. Mais, pendant le combat, les timbaliers étaient postés, sur les ailes, dans les intervalles des escadrons, pour recevoir les ordres du major ou de l’aide-major. Les timbales se plaçaient en avant de la selle du cheval que montait le timbalier. Elles étaient généralement garnies d’une sorte de tapis de la plus grande richesse, avec des franges d’or, et brodé aux armes du prince, ou du colonel ou mestre de camp ^ à qui elles appartenaient. C’était là ce qu’on appelait le tablier des timbales. (Voyez PI. VII B, fig. 8.)
Suivant le P. Daniel (i), il y avait des trompettes (voy. Pl. Vil B, fjg. 6) dans toutes les compagnies de cavalerie. Le trompette portait la livrée du roi, du prince ou du colonel, ou mestre de camp, dont les armoiries étaient ordinairement brodées surl’un des côtés de la banderole des trompettes, et la devise sur le côté opposé. Le trompette était entièrement attaché au capitaine, avec obligation de le suivre, non-seulement quand il marchait à la tête de sa troupe ou autre détachement, mais encore partout où il se rendait à cheval pendant qu’il était à l’armée. Il y avait aussi dans chaque régiment un trompette-major, lequel devait être expert pour le bruit de guerre et pour les fanfares, afin de pouvoir en instruire les autres, et notamment les nouveaux venus (2). Les trompettes, dans les marches et les revues, de même que les timbaliers , se tenaient à la t'^.e de l’escadron, trois ou quatre pas devant le commandant. Comme eux aussi, dans le combat, ils étaient sur les ailes, dans les intervalles des escadrons, pour recevoir les ordres du major ou de l’aide-major. Lesdifférentssignaux se transmettaient par des sonneries de trompettes, qui étaient /e bouteselle, à cheml , la marche, V appel, la retraite, e\. la sourdine, ainsi nom-
(1) Le P. D3ii\\e\ , Histoire de la miliee française.
(2) L'École de Mars , par M. de Guignard. Paris, 1725, tome I.
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io8 MANUEL GÉNÉRAL DE MUSIQUE MILITAIRE,
niée , parce quelle donnait l’ordre démarcher à petit bruit. Les trompettes étaient aussi employés comme parlementaires, et, par cette laison, on exigeait d’eux qu’ils fussent des hommes discrets et intelligents (i).
Sous Louis XIV, les quatre compagnies des gardes du corps delà maison du roi axaient chacune sept trompettes et un timbalier. Il y avait par compagnie un trompette qui restait auprès du roi pour son service paiticuliei, sous le titre de trompette des plaisirs. 11 y avait aussi un cinquième timbalier dépendant du corps, qui restait également auprès du roi sous le même titre. Ce timbalier marchait à la tète du guet, derrière le carrosse du roi , battant de ses timbales, comme les trompettes qui marchaient au devant du carrosse sonnaient de leurs trompettes (2). Les quatre trompettes des plaisirs portaient un habillement magnifique, fourni aux dépens du roi. Le fond en était de velours bleu , chamarré d’argent en plein. On reconnaissait à la couleur delà banderole de leurs instruments la compagnie à laquelle chacun d’eux appartenait. Cette couleur distinctive était, pour la première compagnie, le blanc, et, pour les autres, le vert, le bleu et le jaune (3). Les fonctions de ces trompettes étaient de servir avec le guet du quartier, par exemple dans les voyages, pour accompagner le carrosse du roi , et de se trouver aux fêtes que le souverain donnait, de même qu’aux cérémonies royales , aux déclarations de guerre, publications de paix, etc. Ils se trouvaient également présents à tous les concerts où il fallait des trompettes devant le roi, tant sur le canal de Versailles que dans les appartements du château. Ainsi on les voyait figurer à la représentation des
(1) Dans les Travaux de Mars ou l’Art de la guerre il est dit « que le trompette doit être
« un homme de fatigue et vigilant, pour être prêt à toute heure d’exécuter les commande- « ments de sonner. » Plus loin, il est dit encore que « le trompette doit être un homme dis- « cret, principalement quand il est employé dans les pourparlers, où il ne doit jamais se « servir d’autres termes que ceux dont il est chargé, et ne s’ingérer jamais de donner aucun « conseil, afin que, dans les conférences et dans les traitez, on ne trouve point d’ambiguite « ni de sentiments contraires à ceux qu’il a proposés.» ♦
(Voyez de la guerre, tonie iii , page 96.)
(2) Voyez l’État de France de 1708, tome i. Le timbalier en charge à cette époque était tiré de la compagnie de Noailles. Il se nommait Claude Babelon, et recevait sur la cassette 1,200 livres par an.
(3) L’École de Mars , tome i , page 877 et 878*