LIVRE PREMIER
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opéras, aux ballets et aux comédies qu’on donnait à la cour; quelquefois même ils accompagnaient le roi jusque dans la chapelle. Enfin ils étaient encore de sei vice pour la solennité de la veille ou du jour dePÉpiplianie, ainsi qu’ilarriva en lôqSet 1694, années où Louis XIV fit les Rois à Versailles avec le roi d’Angleterre et quelques princes , princesses et dames. Dans tous ces divertissements, les trompettes des plaisirs avaient le pas sur les trompettes de la chambre; mais le contraire avait lieu dans d’auties occasions. Ces ti ompettes de la chambre, que nous venons de citer, faisaient partie delà bande de la grande écurie, dont nous indiquerons bientôt la composition. Ils se joignaient aux quatre trompettes des plaisirs dans toutes les grandes cérémonies royales, baptêmes, mariages, sacies , funérailles, et autres déjà mentionnées ci-dessus; comme aussi lorsque le roi allait tenir son lit de justice au parlement, ou bien encore quand on portait à Notre-Dame de Paris les drapeaux enlevés aux ennemis. Des douze trompettes de la grande écurie, qui se disaient aussi trompettes de la chambre, le grand écuyer en choisissait quatre, appelés trompettes ordinaires de la chambre du roi, lesquels avaient pour mission particulière de sonner de leurs instruments à la tête des chevaux du carrosse royal , principalement dansdes voyages, et quand le roi entrait dans les villes (1). Toutes les fois que le dauphin se rendait à l’armée, des quatre trompettes des plaisirs, deux le suivaient pour exercer auprès de lui les mêmes fonctions qu’ils avaient exercées auprès du roi. Quant aux deux autres, ils restaient au service de ce monarque. Il en était de même des (juatre trompettes de la chambre, dont les fonctions en pareil cas se trouvaient partagées de la même manière (2). Ces divers usages, relatifs au
9) Voyez l’État de la France de 1767 et années suivantes jusqu en 1789. Dans l État de 1708 on lit, relativement à l’ordre de la marche du roi :« Dans les voïages, le roy marche a « huit chevaux à son carrosse; alors les quatre trompettes de la chambre marchent à la tête « des chevaux du carrosse de Sa Majesté, et les quatre trompettes et le timbalier des plaisirs « marchent à la tête du guet des gardes du corps, derrière le carrosse. Mais il n y a que les '< seize gardes du corps et point de trompettes ni de timbale, quand le loy marche a 1 ordi- '< naire. Lorsque le roy va à Fontainebleau ou à Chambord, cela passe pour voiage, et les « trompettes marchent, comme aussi (juand Sa Majesté entre dans Paiis ou en sort. >* î) État de la France de 1708, tome i.
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MANUEL GÉNÉRAL DE MUSIQUE MILITAIRE, service des trompettes de la cour de France, continuèrent de subsislei’ jusque vers la fin du règne de Louis XVI (i).
Le lambour était à l’infanterie ce que la trompette était à la cavalerie; les dragonsaussi avaient des tambours, et quelques-uns de leurs régiments, indépendamment des tambours , avaient même des hautbois (2), Quant aux mousquetaires institués par Louis XIII, l’an 1622, lorsqu on établit la première compagnie en i65y^ on y mit un trompette; mais il y a toute apparence que les mousquetaires en avaient eu des leur origine. Comme ils avaient été institués pour servir à pied et à cheval, tant pour la garde du roi que pour les opérations de la guerre, on prétend qu’ils avaient eu des tambours et des fifres indépendamment des trompettes, à l’époque même de leur création , et qu’ils employaient les premiers instruments quand ils servaient à pied , et les seconds quand ils servaient à cheval. En i663, les trompettes et les fifres leur furent ôtés, et l’on y substitua des hautbois. En j665, il y avait trois hautbois et cinq tambours par compagnie; ce nombre fut augmenté par la suite d’un sixième tambour et d’un quatrième hautbois (3). Les mousquetaires n’ayant plus de trompettes, les remplaçaient par les tambours, quand ils servaient à cheval , ce qui fut regardé comme une nouveauté fort extraordinaire, ces derniers instruments ayant presque toujours été exclusivement réservés pour le service des gens de pied. Un auteur cependant fait observer que cette innovation n’en était peut-être pas tout à fait une, s’il faut s’en rapporter à quelques mémoires du temps, d’après lesquels il paraîtrait que nos anciens arquebusiers à cheval avaient des tambours. Mais, ajoute le même auteur, comme ils avaient aussi des trompettes , il y a lieu de croire que leur service était analogue à celui des mousquetaires et des dragons, et qu’ils employaient les tambours quand ils étaient à pied, et les trompettes
(1) Voyez l'État delà France de 1789 et des années précédentes; les publications annuelles intitulées : Etat de la musique durai et des trois spectacles de Paris, à l’article ; Grande écurie , charges iF instruments à l’ordre de M. le grand écuyer; puis encore les Almanachs de Versailles, à l’article: Grande écurie, officiers servans aux grandes cérémonies.
(2) Voyez les Travaux de Mars ou l'Art de\la Guerre, par A. M. Mallet, tome iii, page 108.
(3) On peut voir ce nombre indiqué à l’article des Mousquetaires , l'État de la France de 1677 , tome i.