LIVRE PREMIER
rèl (le la mise en scène (i). Lors du célèl)re carrousel (jui eul lien en i66i , les Irompeltes, les tambours, les timbales et les liautbois constituaient riiarmonie guerrière. La musi(jue (jui escortait les chars était composée de violons et de flûtes.
Sous le règne de Louis XIV , aux grandes céiémonies, telles que mariages, naissances, entrées solennelles, réjouissances publiques, la musi(|ue employée pour le sei vice du roi comprenait souvent , outie les /jf^rüs violons attachés à la musique de la chambre (2) et les musiciens
I ' « L’harmonie, dit le père Ménestrler , ne devait pas manquer aux earrousels, qui sont « des fêtes d’appareil et des réjouissances publiques. Aussi, comme ce sont des fêtes mili- « taires et galantes, des jeux en forme de combats et des exercices guerriers changés en
- divertissements, leur harmonie est de deux sortes : l’une, militaire, fière et guerrière; <> l’autre, douce et agréable. »
[Traité des tournois ,joustes , carrousels , etc. Lyon, 1669, p. 168 et 169.)
(2) La musique de la chambre proprement dite, dont Lully partagea pendant plusieurs années la surintendance avec Boesset, comprenait non-seulement une partie vocale composée d’un certain nombre de chanteurs, mais encore une partie instrumentale fort nombreuse. Indépendamment des joueurs de clavecin , petit luth, viole, théorbe, dessus de violon, basse de viole, etc., il y avait la bande des vingt-quatre violons de la chambre, et celle des \iolons du cabinet, ou petits violons. La première venait jouer au dîner du roi, principalement à trois ou quatre différents jours de l’année, comme aussi au retour du voyage de Fontainebleau et autres grands voyages. La seconde , formée par les soins de Lully, était beaucoup mieux rétribuée que la première, et les artistes dont elle se composait touchaient leurs apjiointements sur la cassette du roi. C’était la bande privilégiée; elle suivait le roi dans tous ses voyages, et figurait dans toutes les fêtes, dans tous les divertissements donnés à la cour, ainsique dans d’autres solennités plus importantes. Enfin, à ce personnel venaient encore se joindre les douze trompettes de la Grande Écurie, qui prenaient aussi le titre de trompettes de la chambre, puis quatre tambours et quatre fifres (auxquels succédèrent quatre hautbois), dits tambours et fifres de la chambre. VEtat de la France fait mention d’une particularité fort curieuse touchant l’étiquette qui s’observait pendant les eoncerts donnés par la musique de la chambre. Nous rapportons textuellement ce passage : « On '( remarque une chose, èoit pour montrer la grandeur de nos rois et des fils de France par-
• dessus les autres princes souverains ou autrement, que quand la musique de la chambre " va chanter par ordre du roy devant les princes du sang (excepté les fils de f rance) et de- '< vant les princes étrangers, quoique souverains; si ces princes se couvrent, la musique de « la chambre du roy se couvre aussi. Cela se fit de la sorte devant M. le duc de Lorraine, a
- Nantes, (m l’année 162G, et, en l’année 1G42, à Perpignan. Le prince de Morgues, étant
• averti de ce privilège, aima mieux entendre la musique découvert. La même chose s est
ii4 * MANUEL GÉNÉRAL DE MUSIQUE MILITAIRE.
de sa chapelle, la bande dite delà Grande Écurie, où figinaienl nn grand nombre d’instruments de la musique militaire d’alors, comme trompettes, hautbois, flûtes, fifres, tambours et timbales (i).
Sous le glorieux règne de Louis XIV, la musique militaire acquit une véritable importance, et le monarque lui-méme semble s’y être intéressé vivement. Un recueil manuscrit (2), contenant les batteiies et les airs d’un grand nombre de marches à l’usage de l’armée française, recueil formé en 1705 par les soins de Philidor l’aîné, ordinaire de la musique du roi et garde de sa bibliothèque musicale, prouve que cet objet avait provoqué toute la sollicitude du souverain, et qu’il tenait même à ce que les plus habiles musiciens attachés à son service s’en occupassent activement : aussi voit-on figurer parmi les compositeurs qui ont signé les productions de ce recueil, les al tistes les plus célèbres. L’un de ceux que Louis XIV affectionnait le plus, celui même qui était en quelque sorte l’enfant gâté de la cour, Lully , le fameux Lully n’était pas seulement obligé de composer la musique des ballets où dansait le roi, et ceile des opéras de Quinault dont le sujet plaisait à son souverain; mais il devait encore écrire pour les régiments français, quelquefois même aussi poui’
« observée depuis devant les princes de Modène et de Mantoue, au palais Mazarin , en [ue- « sence de M. le cardinal Mazarini. » [^État de la France de 1677.}
(1) D’après de 1708, cette musique comprenait en tout douze trompettes, dites
trompettes de la chambre; les cromornes de la chambre, les saqueboutes et les cornets, huit joueurs de fifres et tabourins , douze grands hautbois et violons de la Grande Écurie, anciennement appelés grands hautbois, cornets et saqueboutes; six hautbois et musettes du Poitou, six cromornes et trompettes marines.
L’un des devoirs de la charge de grand écuyer de France était de faire servir aux entrées des rois et autres solennités , les trompettes, hautbois, violons, tabourins, saqueboutes ^ cornets , pour rendre la fêle plus célèbre.
(2) Ce recueil est conservé à la bibliothèque de la .ville de Versailles; communication
nous en a été donnée par le bibliothécaire, M. Leroi, dont l’extrême obligeance ne nous a jamais fait défaut. Nous en transcrivons ici le titre, tel que l’a écrit Philidor de sa propre main ; Partition de plusieurs marches et batteries de tambour ^ tant françaises qu’étrangères , avec les airs de fifre et de hautbois à 3 4 parties , et PP'^ marches de tim balles et
de trompettes a cheval, avec les airs du carousel en 1686; les appels et fanfares de trompe pour la chasse. Rccueilly par Philidor lainéifxc) , ordinaire de la musique du roj , et garde de sa biblioteque (^^ic) de musique , l’an 1705.