LIVRE PREMIER
s’y reiulre (i). Lorsqu’il Lillait changer de lieu, le premier signal de trompette indiquait le départ des trois tribus campées vers l’orient; le deuxième signal s’adressait aux tribus du midi; venait ensuite l’arclie, puis les tribus du couchant, et enfin celles du nord (2). On voit qu’à celle épocpje les sonneries jnoprement dites étaient déjà parfaitement connues et détermi¬
natif d’une ou de deux trompettes ne suffisait pas à la parfaite intelligence des signaux; car il est difficile de s’expliquer comment on auiait pu reconnaître, à une certaine distance, si l’on se servait d’une seule trompette ou de deux simultanément. Il fallait donc que ces signaux se distinguassent les uns des autres par la différence des sons et de leur durée; ce que le texte hébreu semble d’ailleurs faire sous-entendre par les mots nia ^ lhaka e\. thaka beachath, qui diffèrent aussi entre eux; et d’après ce (pn se pratique aujourd’hui encore dans les synagogues, on est conduit à supposer que la traduction de ces signaux, conformément à la notation musicale actuelle, peut être représentée avec assez de certitude de la manière suivante :
rua, yn.
"jL ■/ V • • • • * « . .
thaka, ypn.
Ibaka bcachatli, nnNn Vpn.
Ces passages devaient être vraisemblablement répétés plusieuis fois de suite.
(1) Nombres, chap. x, v. 3-4.
(2) Nombres, chap. x, v. 6. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques ^ liv. 111, chap. xi.
(3) Dr. Josej)h Levin Saalschuetz , dans l’ouvrage qui a pour litre : Gcschichtc und IVuerdigunf' dcr Musih bei den Hebraecrn. Berlin, 1829.
r, MANUEL GÉNÉRAL DE MUSIQUE MILITAIRE.
Les trompettes avaient chez les Hébreux un caractère sacre. L Exode pi'ésenle la loi divine comme ayant été promulguée sur le monl Sinai, « au milieu du tonnerre, des éclairs, des nuages, et au son des tiomj)eltes (pii allait toujours croissant (i). » Aussi, dans 1 origine et en temps de paix surtout, les prêtres avaient-ils seuls le droit de sonner des Iromjiettes. En temps de guerre, ces instiuments étaient remis aux chefs de l’atinée, et par la suite ils furent même confiés aux mains des simples soldats; car il est dit en outre dans ce passage du livre des Nombres: (' Quand vous marcberez à la guerre contre un oppresseur, faites retentir bruyamment les trompettes ; l’Eternel volie Dieu se souviendra de vous, et vous seiez délivi’és de vos ennemis (2); « et comme pour sanctionner ces diverses pr escr iptions faites au peuple hébreu par la loi de Moïse (d), le texte sacré emploie cette formule remarcprable • « Que ce vous soit uno ordonnance perpétuelle d’dpe en dge (Zj). » Ciette conviction inspir'ée aux combattants, (jue le son des trompettes attirait sur eux le regard et la protection de Dieu , devait contr ibuer* puissamment à soutenir leur courage et à exciter leur ardeur pendant la bataille. Abia, s’adressant à l’armée de .léroboam 11, roi d’Israël, (pii était alors en guerre avec le roi de .luda,veut la dissuader de combattre: « Jéhovah , s’éciie-t-il , est notri* chef; ses prêtres, avec des trompettes retentissantes, vont sonner bruyamment contr’e vous (5). » Et comme l’armée d’Israël entendit bientôt effectivement le son de ces instruments, aurpael se joignaient les cris du jieuple de Juda, elle fut saisie d’une terreur soudaine et prit la fuite.
Si les trompettes servaient à donner le signal du combat, elles n’étaient pas moins en usage pour sonner la r eti’aite (Gj. On y avait également recours dans les cérémonies de la consécration des rois, lorsrpi’il
(i) Exode, ch;ip.xx,v. 16', 19.
(vt) Nombres, cliap. x, v. 9.
(3) On sait (jue Moïse futinstriiil , en Egypte, dans tontes les sciences, tant civiles et politirpies que religieuses et sacrées. « 11 fut prophète, habile législateur, savant dans l’art d’ordonner, de diriger nue armée, de préparer et de livrer un combat. Il était tout à la fois i)ro|)bète, politique et pbiloso|)hc. « Clcm. Alex. Strom., lib. I, p. 346.
(4) Nombres, cliap. x, v, 8.
(5) II. Clironi(|nes , chaj). xiii, v. 12.
()) II. Samuel, cliap. xviii, v, iG; cbap. xx, v. •}/>..