LIVRE PREMIER
seiiîiieineiUs sur la musique instrumentale de ces peuples, nous ne saurions concevoir de cette dernière qu’une bien vague idée. Ils avaient, sans doute, quelques instruments à vent de grossière construction. On assure que les cors des bergers danois et islandais servaient anciennement d’instruments de guerre. Enfin, on prétend que les Danois employaient aussi la musette et la cornemuse. En général, il est à ol)se!‘ver que tout ce qui ne se rapporte point au bardisme , dans l’histoire musicale des races du iNoi'd, est resté fort obscur. Toutefois on est un peu plus riche en documents à l’égard des Irlandais, chez lesquels on retrouve dès la plus haute antiquité certains instruments, comme la harpe (voyez PI. V, fig. 2) et la cornemuse, dont l’invention est attribuée par les uns aux Danois, et par d’autres aux Irlandais eux-mêmes, bien qu’il paraisse établi que cet instrument fût déjà connu des Romains. Quelques historiens veulent aussi que les Irlandais aient employé différentes espèces de trompettes, et notamment trois espèces principales : l’une appelée coma, simple corne de bœuf sei vant à la chasse et à la bataille; l’autre, espèce de clairon, nommé (ludag , comparable au lituus àes Romains, et, comme ce dernier, spécialement affecté à la cavalerie; enfin une troisième appelée hlaosg, sorte de conque marine semblable à la buccina , que les Irlandais auraient empiLintée aux Écossais, qui, eux-mêmes, pouvaient l’avoir reçue des Romains à l’époque où ces derniers portèrent leurs armes en Écosse. Daprès Strutt,les Anglo-Saxons possédaient également pour la guerre des trompettes et des cors de formes variées. (Voyez PL V, fig. 4“70 Shakspeare fait souvent allusion à cet usage du cor et de la trompette dans les armées britanniques (^2) ; et Moore, l’élégant poète anglais, en parle aussi d’une manière touchante:
<> dix mille de nos ennemis couchés sur la poussière. Une rosée de sang dégouttait de nos ' glaives; les flèches mugissaient dans les airs en allant chercher les casques. C’(*tait poui « moi un plaisir aussi grand que de tenir une belle fille dans mes bras.
'< >ious nous sommes battus à coups d’épée, le jour où mon bras fit toucher à son derniei " crépuscule ce jeune homme si fier de sa belle chevelure, qui recherchait les jeunes filles '< dès le matin, et se plaisait à entretenir les veuves. Quelle est la destinée d’un homme •» vaillant, si ce n’est de tomber dès les premiers au milieu d’une grêle de traits? Celui tpii n’est jamais blessé passe une vie ennuveuse, et le lâche ne fait jamais usage de son cnan-. ■ 2 n Go to the rude ribs of thatantient castle;
j'U MANUEL GÉNÉRAL DE MUSIQUE MILITAIRE.
« Écoulez, dit-il, ceci est le son qui charme l’oreille attentive du cheval « de bataille. Oh! plus d’une mère, entendant cet appel, pressera dans ses cc bras son fils qui est soldat, et quoique son tendre cœur batte avec in- « (|uiétude, elle sentira bouillir le sang de Tardent jeune homme dont la « valeur se ranime à ce son (i)! »
D’après Jones, ce fut Tan 790, par Tordre d’Offa, que les trompettes sonnèrent pour la première fois devant les rois de la Grande-Bretagne. ()uant au cor ou bugle, dont le nom anglais [buglé) dérivé de buffalo ou buffle, parce que les premiers bugles furent sans doute fabiiqués avec les cornes de cet animal sauvage, Tusage en est encore plus ancien. Les lois du pays de Galles nous apprennent que, sous le règne du roi Howel . on distinguait trois cors employés à différents usages pour le service royal, savoir : le cor à boire, le cor de guerre et le cor de chasse. Celui-ci se voyait entre les mains du veneur en chef ou maître des chiens [master of the hoiinds) , qui , sortant pour fourrager avec les gens de la maison du loi ou avec son armée, s’en servait pour donner les signaux nécesîiaires , et recevait alors, en récompense de ses services, un taureau pris sur le butin (2). Du temps de Llywarch Hên , c’est-à-dire vers Tan 56o, lebugle-horn était également estimé, dans la guerre, comme instrument belliqueux éveillant le courage, et dans les festins, comme vase à boire servant à étancher la soif des preux. 11 devint aussi la récompense de la valeur: précieusement conservé comme tel dans les familles, il passa même dans les attributs de la noblesse. (Voyez Pl. V, fig. 8.)
« Through thebrazen trumpet send the breath of parle « Into bis ruin’d ears, and thus deliver. »
[Richard //, acte iii, scène 3.)
" . Approchez-vous des flancs sauvages de cet antique château. Que l’airain de la
« trompette transmette à ses vieilles ruines la demande d’une conférence. »
(i) Hark ! ’tis the sound that charms The war-steed’s wakening ears!
Oh ! many a mother folds her arms
Round her boy-soldier, when thatcall slie hears,
And thoiigh lier fond heart siuk with fears ,
Is proud to feel his young puise bound With valour’s fervor at the sound !
(9.) Lois du pays de Galles [Leges fVallicæ , pp. 42, 266 et 3i i).