LIVRE PREMIER
ItM'valles cleréclielle, et porté ainsi jus(|u’aux notes les j)Ius hautes. Cette sorte de hurlement articulé provoqua sur toute la ligne une formidahle explosion de cris aigus et de coups de cymbales, et l’infanterie des Chaykiehs, s’ébranlant avec intrépidité, se mit immédiatement à la poursuite des Tui 'CS.
Dans les guerres de religion, les Arabes, pour exalter leur courage et leur fanatisme, ont aussi, à l’exemple de beaucoup d’autres peuples, des hymnes et des cantiques. C’est ainsi que les soldats de Hassan, assiégés par les Français dans une mosquée qui devint la proie des flammes, bravaient les horreurs de l’incendie, et, à la voix de leur chef, se redressant demi-morts au milieu de tortures atroces, entonnaient un hymne guerrier qui leur donnait encore la force de combattre, dans de nouvelles sorties, les assiégeants surpris d’un tel héroïsme. Voici une strophe de l’hymne que chantaient ces xArabes, heureux de se sacrifier pour la cause du prophète :
Sont-ce les délices des riches habitants des villes, Sont-ce les trésors de l’Inde et la puissance des rois,- Que désire en ses vœux le guerrier de l’Arabie ? jXon, quand son noble front invoque le ciel, il dit :
O Allah ! donne-moi la mort au sein de la victoire !
Les Birmans, peuple de l’Asie, manifestent une passion très-vive pour la poésie et la musique. Ils ont une musique militaire composée de tambours, de gongs et de morceaux de bambou de différentes longueurs, (jui , étant frappés avec un bâton, rendent, au témoignage des voyageurs, un son très-agréable et non sans quelque analogie avec celui du piano. Les Birmans aiment surtout la musique vocale; leur mélodie la plus remarquable est un chant marin de guerre : il commence par une sorte de récitatif chanté par le chef du chant, et est ensuite attaqué en chœur par tous les bateliers, qui unissent leur voix à celle de ce dernier, en marquant la mesure avec leurs rames.
Les Singalèses, autre peuple de l’Asie, ont des trompettes d’un timbre fort désagréable ; ces instruments sont consacrés au temple et au roi. Ils ont aussi des chants pour célébrer les actions brillantes ou généreuses de leurs monarques.
Clicz les princes iiiogols, ou connaissait encore dans ces deinieis ten)f>s l’iisase d’une chasse fort singulière. Cette chasse, d après la relation qu en donne Bonnet, dans son Histoire de la musique, se faisait par politique, pour occuper pendant l’hiver des ai mées considérables. Voici comment on la décrit : « Trois ou quatre cents veneurs à cheval font d’abord retentir les sons du cor, ou , pour mieux dii'e, de la corne ou cornet. On dispose toute l’armée dans une circonférence de vingt a trente lieues; personne ne doit , sous peine de mort, tuer aucun animal dans 1 enceinte de la chasse, faite seulement au son des voix, des instruments militaires, <les trompettes de quinze pieds de longueur, appelées lesquelles
font un bruit très-éclatant, et des trompettes ordinaires, des timbales, des cymbales , des tambours , des fifres , des hautbois et de quantité d autres instruments dont nous n’avons pas l’usage. Ce sont les seules armes dont il est permis de se servir dans cette surprenante chasse. Les animaux, étonnés par un tel bruit, se laissent conduire dans le centre, quoiqu’il s’y trouve des lions, des léopards, des tigres, des panthères, des ours , des cerfs, des biches, des sangliers et généralement toutes sortes d’animaux, dont les plus faibles sont souvent dévorés par les plus féroces dans les commencements de leur jonction. Pendant les trois mois que dure cette chasse, les cris et huées que font les soldats de cette grande armée ne sont pas moins étranges que le son des instruments dont on joue la nuit, de sorte que, la circonférence de la chasse diminuant à mesuie de la marche, il se trouve à la fin deux ou trois mille animaux resserrés dans le centre, et devenus aussi doux que des moutons. Leroi et les officiers vont combattre ces animaux le sabre à la main , toujours au bruit des chants et des fanfares. On en tue la moitié pour un festin qui dure trois jours, et auquel l’armée entière prend part; le reste est mis en liberté et retourne peupler les forêts et les cavernes. »
Dès que l’Égypte fut devenue province romaine, et que la captivité de Cléopâtre eut causé la ruine de l’empire, la musique des Égyptiens cessa d’avoir un caractère d’originalité, et, par suite de l’influence qu’ont exercee sur cet art les différentes dominations auxtpielles le pays dut se soumettre, elle n’a rien conservé, pour ainsi dire, qui la distingue aujourd’hui de celle des Turcs et des Arabes.
M. Denon a donné la description d’une fêle musicale qui peut nous faire