LIVRE PREMIER
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lour d échecs renversée. Ils ne paraissaient avoir d’autre hul (pie de faire !e plus de bruit possible. Un dialogue sans doute improvisé fut ensuite chanté par un des musiciens, et vers la fin (Quelques femmes entonnèrent une chanson en l’honneur du loi , en élevant la voix d’une manière épouvantable. I.a fête se termina par un chant de guerre composé pour célébrer une grande victoire remportée par Yarradée sur les Foulahs, environ (piarante ans auparavant. Ce chant était toujours répété devant lui dans toutes les cérémonies publiques.
Chez les Fellatahs, autre peuple de l’Afrique, les chefs sont accompagnés d’une suite nombreuse de gens à pied et à cheval, laquelle doit au besoin former un orchestre de musique militaire. Lorsque le chef général du cheik de Bornou fut visité par le major Denham , on rapporte (pi’il était accompagné de cinq musiciens à cheval. Les uns portaient, attaché à leur cou, une espèce de tambour sui- lequel ils battaient la mesure pendant qu’ils chantaient, un autre jouait d’une petite flûte faite de roseau , et le cinquième soufflait dans une corne de buffle.
Chez les Barabias et en Nubie, dans le pays de Dongolah, il y a uiie espècede timbale grossièrement construite, qui consiste en un grand vaisseau rond et creux de terre cuite, semblable à une gamelle, couverte d’une; peau de chèvre, et qui s’appelle tahaq.
Dans l’empire de Maroc, on se sert aussi de timbales nommées tabla^ du triangle, etc. (ï).
Les nègres de la côte de Guinée ont un grand tambour appelé ton-ion^ ^ (|ui ne se fait entendre qu’à l’approche de l’ennemi et dans les occasions extraordinaires. On prétend que le son de cet instrument porte jusqu’à six ou sept milles. Le tambour fait également partie des insignes de la royauté. (Voyez Pl. VIII, fig. 8.) Ils se servent encore d’un autre insti ument de percussion cjui consiste en deux clochettes de métal, semblables pour la forme à des espèces de cornes renversées. (Voyez Pl. VIII, fig. q.J Ils frappent cet instrument avec une baguette, et, par une giossière superstition, ils mêlent du sang humain à la matière dont il est fait.
Dans presque tous les pays de la côte de Guinée, les nègres sont partagés en différentesclassesplus ou moins considérées. Plusieui s voyageurs ont mê(?ie
(i, Jackson’s Account of Morocco.
i58 MANUEL GÉNÉRAL DE MUSIQUE MILITAIRE.
leconnu parmi eux, deux, trois et même cpiatre degres de noblesse. 1.^6 premier de ces degrés est celui cjue la naissance procure; le second s acquiert par les emplois; le troisième s’achète soit par une somme d argent, soit par les offices qui le donnent; el le quatrième enfin s obtient par de grandes actions militaires, ainsi que par d’autres services rendus à lÉtat. Le roi lui-même confère celte noblesse en présence des grands de son rovaume. Pour cela, il fait amener devant lui le nouveau noble, lui explique la grandeur du rang où on l’éleve, l’exhorte à rester toujours digne de sa condition, puis lui donne en présent un tambour et quelques trompettes d’ivoire. Ces seigneurs, de même que les souverains, ont toujours auprès d’eux des espèces de bardes ou ménestrels appelés giiirots. L’office des guirols est de chanter l’antiquité, la noblesse et la valeur de leurs princes, en s’accompagnant d’un instrument qui est ordinairement un tambour sur lequel ils battent avec les mains ou deux petites baguettes, ün voyageur rapporte que les guirots ont seuls le privilège de porter Volarnha^ tambour royal d’une grandeur exliaoidinaire dans toutes ses dimensions.
Pendant les exercices de gymnastique et les luttes auxquels se livrent fréquemment les nègres de ces conti ées, il y a toujours un guirot qui bal un tambour ou un chaudron, afin d’animer et d’encourager les athlètes.
Les cornets ou trompettes (voyez PL VIII, fig. 7) sont des instruments principalement réservés pour la classe des nobles ou celle des gens riches. Les nègres subalternes ne peuvent s’en servir que dans le cas où ces derniers leur en accordent la permission.
La plupart des monarques nègres ont un état de maison assez considérable; parmi les officiers employés pour leur service particulier, on distingue \esjitis, et parmi \es fitis, ceux qui jouent des instruments militaires. L’office de tambour est un poste honorable, parce qu’il permet d approcher le roi ; mais l’emploi de trompette n’est confié qu’aux officiers des derniers grades. Dans certaines parties de la Guinée, les tambours des régiments, si toutefois on peut leur donner ce nom, sont placés horizontalement sur la tête d’un nègre, et celui qui le frappe marche derrière. Ce tambour peut avoii- jusqu’à quatre pieds de haut et deux pieds et demi de circonférence; les baguettes ont la figure d’un crochet. Les combattants joignent à ces instruments le bruit des cors ou cornets d’ivoire, sur