‹ Manuel general de musique militaireChapitre 83 sur 229 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

sous le consulat et remj)i!e. Depuis lors, Bulil u’a cessé de se rendre utile à nos armées, et de contribuer à l’amélioration delà musi(|ue militaire, tant [)ar les fruits de sa longue expérience que par des inventions ou des perfectionnements aussi utiles qu’ingénieux. Nous aurons encore ()lus d’une fois occasion de revenir sur les travaux de cet ai tiste estimable, dont la carrière a été si bien remplie, et ({ui, après quarante ans de loyaux services, peut être regardé aujourd’hui, à bon droit, comme le doyen des trompettes de France.

Pendant la période que nous venons d’abordei*, les musiques allemandes excellaient, bien qu’elles fussent, en général, moins nombreuses que les nôtres. Celles dé Cassel et de Darmstadt se faisaient particulièiement remarquer, et cependant le chœur des hautboïstes comptait tout au plus de sept à dix personnes.

Dans le Wurtemberg, les musiques de régiment avaient été supprimées après la campagne de Russie; plus lard, en 1819, elles furent réintroduites comme musiques de brigade; mais elles ne constituaient plus alors ((u’une simple musique d’harmonie, la grosse caisse et tous les instruments du cortège de la bande turque en ayant été retranchés. Cependant, pour renforcer les marches d’ordonnance , on les faisait accompagnei' avec les tambours, parce qu’on avait remarqué qu’une musique d’harmonie, quelque agréable qu’elle fût , ne pouvait jamais régler le pas de tout un régiment , la troisième compagnie, quand celui-ci était en marche, n’entendant déjà pins rien (i).

Quant aux régiments prussiens, autrichiens, saxons et hanovriens, ils avaient chacun pour la plupart une musique composée de:

2 à 4 clarinettes*

2 hautbois.

2 flûtes.

2 bassons.

2 cors.

trompettes.

trombones.

quart-fagott ou serpent.

(1) Vov. l’article sur la nouvelle organisation de l’armée wurtembergeoise , dans lejcmr tjal militaire de l’Autriche : Nette œstrcischische militœrische Zeitschrift, ^\ien, lAip.

tambour.

cymbales.

grosse caisse.

triangle.

Etc.

Ce dernier accessoire {(lie turkische Musik, la musique turque) était principalement en usage dans les régiments autiicliiens.

En i8i3, la musique russe, qui avait toujours conservé un cachet d’originalité, était parvenue à un tel degré de pei fection, qu’elle attirait l’attention des musiciens, voire même des musiciens allemands, et provoquait leurs éloges. D’après la relation d’un correspondant delà Gazetle musicale de Leipzig ( I ), les régiments avaient alors des chansons de guerre qu’ils faisaient entendre en chœurs doubles, pendant que les tambours accompagnaient les voix d’un dessin rhythmique bien accusé. Les régiments de ligne russes ne possédaient, indépendamment des tambours, que des trompettes; mais à la vérité en grand nombre. Tandis que les tambours marquaient distinctement le rbytbme naturel et fondamental, ces trompettes les accompagnaient en improvisant toutes sortes de figures dont le caractère et les savantes divisions rbytbmiques s’accordaient parfaitement avec l’accentuation du tambour. Quelquefois on joignaitaux tambours la gi'osse caisse, dont les coups servaient à faire ressortir encore mieux le dessin rhytbmi(|ue. La garde russe avait tous les instruments militaires en usage à cette époque {à peu près les mêmes que l’Allemagne), et les employait à l’exécution de marches très-biillantes. Cette musique était cependant, si l’on peut dire ainsi, une musique de la nature, bien différente en cela de la musique des régiments prussiens, qui observait beaucoup mieux les règles de l’art. Les chasseurs se servaient de tambouis et de cors; ces cors se faisaient entendre seuls , et les tambours ne les accompagnaient point , niais seulement alternaient avec ces instruments, qui exécutaient avec autant de pureté que de précision des mélodies très-simples et d’un rbvtbme vif et accentué. Le régiment des cuirassiers avait une musique nonseulement pleine d’effet en elle-même, mais que l’on trouvait encore fort

(0 Voy. la Gazelle musicale de Leipzig. Ailgemcine muzit,. I.eipzii'. Breitkopf

und Haertcl.

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