‹ Manuel general de musique militaireChapitre 95 sur 229 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

hème étant à peu près tous musiciens nés, ne cessent de cultiver, pendant qu'ils sont au service, leur art de prédilection. Ils ont donc soin d organiser entre eux, dans les heures de loisir, de petits concerts, où ils se plaisent surtout à exécuter soit des chansons populaires, soit des chajisons de soldats, en unissant leuis voix et en s’accompagnant des instruments qu’ils connaissent. C’est qu’il n’en est pas un d’entre eux, peut-être, (jui ne sache jouer de plusieurs instruments , et le plus grand nombre même cultive à la fois, non-seulement les instruments de la musique militaire, mais encore toute espèce d’instruments à cordes; de telle sorte (ju’on a souvent occasion de voir une musique de régiment se transformer tout à coup en un orchestre complet, capable d’exécuter à laptemière réquisition avec la plus grande habileté, et comme ne seraient probablement pas en état de le faire nos orchestres de province, soit des ouvertures d’opéra, soit des symphonies d’une grande difficulté, voire même des symphonies de Beethoven.

En Hongrie, il y aussi de fort bonnes musiques militaires; mais elles ne réunissent pas autant d’instrumentistes que celles de la Bohême. Elles produisent cependant un très-bel effet, surtout dans l’exécution des mélodies nationales, que les Hongrois aiment beaucoup à entendre redire pai' les instruments gueriïers.

En Bavière, les corps de musique offient généralement la même organisation et le même chiffre d’exécutants qu’en Piusse. Il n’y a doncsous ce rapport aucune différence, par exemple, entre un régiment d’infanterie de la garde bavaioise et un régiment de ligne prussien. En outre, chaque régiment bavarois possède un chœur de soixante chanteurs environ, ce qui a également lieu en Prusse. Les music{ues de Bavière ne manquent ni d’ensemble ni de précision; mais les instruments de cuivre y laissent beaucoup à désirer, ce c|ui provient de la mauvaise fabrication de ces instruments. Cependant elles s’étaient fait naguère un certain renom, pour le style et l’ensemble, parmi les habitants de nos villes frontières de l’Alsace et de la Lorraine, cjui se rendaient souvent en partie de plaisir à Landau , dans le principal but d’y être légalés d’un petit concert de musique militaire à la bavaroise. Les marches d’ordonnance, en Bavière, sont arrangées pour la musicjue d’infanleiie de la manière suivante :

Petites flûtes en mi bémol , U*' et 2^.

Clarinettes en mi bémol , et 2®.

Clarinettes en si bémol , et 2^.

Cors en mi bémol.

Bassons.

Trombone et serpent.

Tambour et cymbales.

l.es tjualités précieuses cjui se rencontrent chez presque tous les ins- Irunientistes en Allemagne, qualités qui proviennent d’une éducation musicale où la théorie marche de front avec la pratique, donnent le moyen d’organiser sur une grande échelle, et sans beaucoup de difficulté, des concerts militaires tout à fait grandioses et imposants. C’est ainsi qu'aux fêtes célébrées il y a un an à Cologne, en l’honneur de la reine Victoria, on parvint, après un très-petit nombre de répétitions, à obtenir une exécution satisfaisante avec un ensemble de cinq cent soixante musiciens pris de côté et d’autre, à des musiques prussiennes et autrichiennes. On avait divisé celte grande masse instrumentale en différ-ents chœurs, ayant chacun son chef respectif; elle formait un immense carré orrvert. M. Wieprecht, qui dirigeait le festival, avait pris place au milieu de ce carré. Les musiques d’infanterie étaient en face, les tambours (au nombre de cent soixante) sur l’aile droite, et les musiciens de cavalerie sur l’aile gauche. Dans le carré même, qui était entouré d’une chaîne de militaires sous les aranes, deux cents hommes armés de flambeaux allumés se trouvaient placés de tuanière à former un V gigantesque, lettre initiale de la r eine Victoria. Le concert commença par le chant national du God scwe fhe Queen, auquel succéda une mar che composée en l’honneur de la r-eine, jrar M. Wieprecht. Ensuite furent exécutés : un pas redoublé du corute de Roedern; la marche des Nuits d’un songe d’été, de Mendelsohn; une autre marche sur des motifs du Camp en Silésie, de Meyerbeer; l’oirverlure de ce dernier opéra; un pas redoublé de M. Wieprecht; -et enfin le Haie Britannia. Après un court silence, suivirent la retraite et le chant du soir, lesquels vinrent terminer celte scène de musique ruilitaire (i).

(i) Bien que les grandes fêtes musicales ne soient pas aussi en vogue parmi nous que ciie/ les Allemands, nous avons cependant organisé plus d’une fois en France, avec succès, des

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