‹ Manuel géologiqueChapitre 100 sur 121 · SECTION VII · texte numérisé non relu

SECTION VII

Syn. Marnes irisées ( Red. maris, ou Variegated maris., angl. ; Keuper, allem. )

Muschelkalk (Muschelkalk , allem. ; Calcaire conchylien , Al. Brong. )

Grès bigarré ( Banter Sandstein , allem.-, New red Sandstone , angl. )

Calcaire magnésien ( Calcaire alpin , anciens auteurs ; Magnesian Limestone , anglg Zechstein , Alpenkalskstein , allem.)

Grès rouge ( Pséphite rougeâtre , Al. Brong. ; Rothes Todtliegende ou 7W£ liegendes , allem. 5 TM Conglomerate ou Exeter red Conglomerate, auteurs anglais).

Ce groupe, qui est souvent d’une épaisseur très considérable , se trouve, en descendant l’échelle géologique des terrains, immédiatement après celui que nous venons de décrire 5 peut-être ne peut-on pas établir entre ces deux groupes de ligne de séparation bien tranchée, car, lorsque la partie inférieure de l’un et la partie supérieure de l’autre ont été considérablement développées, elles semblent en quelque sorte se fondre l’une dans l’autre. C’est ce qui a conduit M. Charbaut , qui le premier a observé cette circonstance dans le voisinage de Lons-le-Saulnier, à classer le lias avec les marnes irisées, qui constituent la portion supérieure du groupe dont nous parlons actuellement.

Les roches qui composent le groupe du grès rouge se rencontrent dans l’ordre suivant , en allant de haut en bas : 1° Marnes irisées ; 2° Muschelkalk ; 3° Grés rouge ou Grès bigarré ; 4° Zechstein et 5° Conglomérat rouge et Todt liegendes.

Marnes irisées. Dans les Vosges et les contrées environnantes, elles commencent au-dessous du grès qu’on appelle grès du lias , auquel elles passent insensiblement : la partie supérieure des marnes irisées , qui sont vertes , renferme des couches minces d’argile schisteuse noire, et d’un grès quarzeux presque sans ciment, qui devient peu à peu le grès du lias, lequel passe au lias, et contient les mêmes restes organiques M. Élie de Beaumont obser ve que, dans beaucoup de pays, les marnes irisées ne peuvent qu’à peine être séparées du grès du lias , même artificiellement , comme on l’a fait dans les Vosges -, car elles paraissent n’y former qu’un seul dépôt , comme dans les environs de Saint-Léger-sur-Dheune et d’Autun , et dans Varkose de la Bourgogne. Les marnes irisées des Vosges présentent généralement , comme leur nom l’indique , plusieurs couleurs différentes , dont les principales sont le rouge de vin et le gris verdâtre ou bleuâtre*, elles se brisent en fragments qui ne présentent aucun indice de structure schisteuse. Dans la partie centrale de ces marnes, il y a des couches d’argile noire schisteuse, de grès gris bleuâtre et de calcaire magnésien grisâtre ou jaunâtre. Le grès et l’argile renferment des empreintes végétales et même de la houille. On trouve des masses de sel gemme dans la partie inférieure des marnes, à Vie, Bieuze, et sur d’autres points de cette contrée ; on trouve aussi des masses de gypse dans les parties supérieure et inférieure , mais surtout dans la dernière a. D’après M. Charbaut, on trouve, dans la partie supérieure de ce dépôt, des couches de calcaire presque entièrement composées de coquilles.

Les marnes irisées se rencontrent avec des caractères minéralogiques peu différents, dans diverses parties des contrées voisines de la France et de l’Allemagne ; et, d’après M. Dufrénoy, elles couronnent les roches de grès rouge du sud de la France. En Angleterre, il est difficile d’établir quelles sont les limites des marnes irisées 5 mais il paraît assez probable que la partie supérieure du dépôt de grès rouge, dans ce pays, correspond assez bien, pour sa structure minéralogique, aux roches citées ci-dessus dans les Vosges. Il n’y a, en Angleterre, aucun passage apparent du lias à la série de grès rouge 5 au contraire, nous avons quelquefois, comme auprès de Bristol, au lieu dit the old Passage , une espèce de conglomérat formé de fragments de calcaire , d’os , de dents , et autres restes de sau-

1 Elie de Beaumont, Mémoires pour servir à une Descript . géolog. de la France, tome \ .

2 Id., ibid.

riens et de poissons, avec leurs excréments fossiles ou coprolites , qui sembleraient indiquer une période où les dépôts de menus détritus avaient cessé de se former , et où des courants d’eau , capables de transporter des galets, accumulaient des os et autres substances au fond de la mer. Sur la côte méridionale de l’Angleterre, cntie Lyme Régis et Sidmouth, la partie supérieure du groupe du giès rouge est tellement semblable aux marnes irisées des Vosges et de certaines parties de l’Allemagne , que je n’hésite pas à regarder ces deux dépôts comme contemporains. Dans cette partie de 1 Angleterre, ces marnes contiennent des restes de végétaux, et aussi, quoique rarement, des écailles de poissons et des os de ptérodactyles? D’après M. Rozet, la partie supérieure des marnes irisées contient des dents et des os de sauriens , avec des peignes et des entroques.

Les marnes irisées ne contiennent pas une grande variété de fossiles; cependant, à ceux que nous venons d’indiquer, on doit ajouter les suivants:

Débris organiques des marnes irisées ( Keuper des Allemands) '.

VÉGÉTAUX

Equisetum Meriani( Ad. Brong. pl. \% fig. 13.) Neuewelt, près Bâle.

— columnare (Ad. Brong. pl 13.) Lorraine, Alsace; Franconie, Wurtemberg. Dans les couches inférieures qui avoisinent le muschelkalk.

~ Ptotyodon (Ad. Brong.) Franconie.

Calamites arenaceus (Ad. Brong. pl. 26, fig. 3, 4, 5.) Franconie, Wurtemberg. Pecoptens Menant (Ad. Brong. pl. 91 , fig. 5.) Neuewelt, près Bâle.

Tœniopteris villata (Ad. Brong. pl. 82, fig. 3 et 4.) Neuewelt, et aussi Hor, en Scanie. Filicites S Luttgardiensis (Ad. Brong.) Grès supérieur; Wurtemberg (Dechen.) lanceolata (Ad. Brong.) Grès supérieur; Wurtemberg (Dechen.)

* Marantotdea arenàcea (Jâger.) Grès supérieur: Stuttgard (Dechen.) Plerophxllutn longifolium (Ad. Brong.) Neuewelt.

Meriani (Ad. Brong.) Neuewelt.

— Jâgeri (Ad. Brong.) Grès supérieur; Franconie et Wurtemberg.

R ADIAIRES.

Ophiura. Espèce non déterminée. Vosges (Dechen.)

MOLLUSQUES

Plagiostoma lineatum. Couches inférieures; Wurtemberg (Dechen.)

* C'irdium pectinatum. Couches inférieures et moyennes; Wurtemberg (Dechen.) Tngonia vulgaris (Schlot.) Gypse; Ludwigsburg (Dechen.)

i Dans celte liste de lossiles des marnes irisées et dans celles qui vont suivre, relatives aux autres subdivisions du groupe du grès rouge, nous avons ajouté beaucoup d especes que nous avons empruntées à M. de Dechen. ( Note du traducteur.)

, . T.i„f \ rvnse* Ludwigsburg , Dolomie; Schweimmgeü

* Trigonia curviroslns (ballot.) irypsL, o3UUi&>

(Declien.) , ,

* sulcata (Goldf.) Couches inférieures ; Vilhngen (Dechen.) ^ rOechen )

* Mya musculoïdes (Schlot. pi. 33, fig. U Dolomie; Sulz, près du Necker (Du ht .)

* elongata (Schlot. pl^ 33 , fig. 2.) $? f ,, /couches inférieures et

* Avicula socialis ( Mytilus . . . . Schlot. pl. à/. nb- '•)

moyennes; Sulz, près du Necker (Dechen.) i „ \

* subcostata (Goldf.) Couches inférieures; Sulz, près du Necker (Dechen.,

* line ata (Goldf.) Idem. Idem.

* Perna vêtus ta (Goldf.) Dolomie ; Dürrheim (Dechen.) Wurtemberg

Posidonia Keuperiana (Voltz.) Couches inferieures; Hall; Souabe , Wurtembeig

(Dechen.)

* — minuta. Rottweil, Wurtemberg (Dechen.)

» Modiola minuta (Goldf.) Roltweil, Wurtemberg (Dechen )

- Venericardia (Goldf.) Gypse; Rottweil, Wurtemberg (Dechen.)

* Lingula tenuissima (Bronn.) Rottweil, Wurtemberg (Dechen.)

Saxicava Blainvillii. Ballbron (Hœninghaus.)

* Buccinum turbilinum ( Helix Schlot.) Couches inferieures et moyennes,

Sulz, près du Necker (Dechen.)

POISSONS et SAURIENS.

Poissons. Espèces non déterminées. Grès supérieur; Seidmannsdorf. Neuses, Sei-

dingstadt, près Cobourg (Dechen.)

* Dents de Squalusraja, Couches inférieures; Wurtemberg (Dechen )

Phytosaurus cylindricodon (Jâger.) Grès supérieur; Boll, Wurtemberg ^Dechen.,

Y MaTodonsaurus Jâgert ( Holl. ) Couches inférieures; Gaildorf, Wurtemberg (Dechen.)

Ichthyosaurus Lunev illensis. ... Wurtemberg (Dechen.)

Plesiosaurus. Espèce non déterminée. Dürrheim, pays de Bade (Dechen.,

Nous avons dit que le grès inférieur du lias passe par des nuances insensibles aux marnes irisées, et semble même, jusqu’à un certain point, être leur équivalent; or, comme il a pu arriver qu’un dépôt de sable ait eu lieu dans une localité, tandis que des marnes se produisaient dans une autre, nous devons nous garder, quand nous considérons ces terrains en général, de pousser trop loin nos conclusions , et d’appliquer ces divisions à d’autres contrées que celles

auxquelles elles paraissent convenir.

Le professeur Pusch, dans son mémoire si intéressant sur les terrains de la Pologne , a reconnu que, dans cette contrée, entre la série oolitique et le muschelkalk , il y a un dépôt étendu et très important d’un grès qu’on appelle ordinairement grès blanc , à cause de sa couleur. Le dépôt peut se diviser en deux parties : la partie supérieure ne contient que du grès blanc, tandis que la partie inférieure est composée d’alternatives d’un grès blanc marneux à grains tins, d’un grès schisteux, d’argile schisteuse ( Slate ), et d’autres roches schisteuses et noirâtres, le tout renfermant des couches de houille de 3 à 25 pouces d’épaisseur. Le grès blanc de la partie sur

périeure alterne avec des couches puissantes de marnes d’un gris bleuâtre, quelquefois rouges, plus rarement irisées. On y trouve aussi des couches de calcaire ; mais la substance la plus utile qu’on y rencontre est du minerai de fer, qu’on y exploite en plus grande abondance que dans aucun autre terrain de la Pologne : on trouve peu de fossiles dans ce dépôt, sinon des débris de végétaux. M. Pusch rapporte ce terrain au grès du lias, le même qui se rencontre aussi dans la Souabe, en Scanie et dans File de Bornholm. Dans toutes ces localités, il est riche en même temps en minerai de fer et en bouille 1 2 : il semble réunir à la fois les caractères des marnes irisées et ceux du grès du lias, du sud de l’Europe, qui sont intimement liés ensemble.

Dans les grès connus sous le nom de grès du lias , on a cité les fossiles suivants :

Clatbropteris meniscoides (Ad. Brong.) ïlor, en Scanie; Saint-Etienne; Vosges (Al. Brong.)

Glossopteris Nilssoniana (Ad. Brong.) Hor, Scanie.

Pecopleris agardhiana (Ad. Brong.) II or.

Teniopleris villata. Ilor, et aussi dans les marnes irisées, à Neuewelt près Bâle. Maranloidea arenaria (Jâger.) Stuttgard.

Lycopodites patens (Ad. Brong.) Hor.

Petrophyllum Jdgeri (Ad. Brong.) Stuttgard.

— dubium (Ad. Brong.) Hor.

Nilssonia brevis (Ad. Brong. Ann. des Sc. nat., t. îv, pl. 12, fig. 4.) Hor.

Belemnites Aalensis (Yoltz.) Aalen, Wurtemberg.

Tellina striata, Vie (Hœninghaus.), et plusieurs autres coquilles indéterminées.

Muschelkalk. Calcaire variable dans sa texture, mais qui est très fréquemment gris et compacte. Il contient quelquefois de la dolomie, et passe aux marnes qui sont au-dessus et au-dessous de lui. Quand il est très compacte, et qu’il renferme une grande quantité cV Encrinites moniliformis (Miller) (fossile très caractéristique d’au moins une très grande partie de ce dépôt), il a tout à fait l’apparence de quelques variétés du calcaire carbonifère de l’Angleterre. Quelquefois, comme à Epinal (Vosges), il est assez dur pour être employé comme marbre : il paraît que, dans quelques localités, les fossiles y sont très nombreux , tandis qu’ils sont assez rares dans d’autres. Suivant M. Alberti, on trouve du sel dans le muschelkalk de Wurtemberg \ Il paraît que ce terrain n’est pas connu en Angleterre ni dans le nord de la France 5 mais à l’est et au sud de ce dernier royaume, et dans quelques parties de l’Allemagne, on le trouve

1 Busch, Esquisse géognostique du milieu de la Pologne ■ dans îe Journal de Géologie, t. n, p. 230.

2 Alberti, Die Gebirge des Kônigreichs, JPurtemberg, 1820.

à la place que nous avons indiquée, intercalé entre les marnes irisées et le grès rouge ou grès bigarré. D’après le professeur Pusch, il se rencontre en Pologne ayant ordinairement une couleur grise ou jaune.

Débris organiques du muschelkalk.

VÉGÉTAUX

Neur opter is Gailliardoti (Ad. Brong. pl. 74, fig. 3.)

* Mantellia cylindrica (Ad. Brong.) Familles des cycadées;. Lunéville.

ZOOPHYTES

Astrea pediculata (Desh.) Localités non indiquées.

RADIAIRES

* Cidaris grandœua (Goldf.) Wurtemberg (Dechen.)

Encrinites moniliformis (Miller.) Encrinus lilitformis (Schlot.) Caractéristique; Gottingue, Wurtemberg, Alsace, etc.

— epithonius. . . . Soleure (Hœninghaus.)

Ophiura prisca (Munst.) Asterias ophiura (Schlot.) Baireuth (Goldf. pl. G 2, fig. G.)

— loricata (Goldf. pl. 62, fig. 7.) Partie supérieure, ou sur les couches de gypse ; Sclrwenningen, Wurtemberg (Goldf.)

Asterias obtusa (Goldf. pl. 63, fig. 3.) Partie supérieure; Marbach près Villingen, Wurtemberg (Alberti.)

ANNELIDES.

Serpula valvata (Goldf. pl. 67, fig. 70 Baireuth (Goldf.)

— colubrina (Goldf. pl. 67, fig. 5.) Baireuth (Goldf.)

CONCHIFÈRES et MOLLUSQUES.

Terebratula vulgaris (Schlot. pl. 37, fig. 5.) Gottingue (Hœn.) Wurtemberg; Lune ville; Toulon (Al. Brong.)

— perooalis. lena (Hœninghaus.)

— suffi a la (Schlot. Ac. de Munich, 1816, pl. 7, fig. 10.) léna (Hœninghaus.)

— orbiculata (Schlot.) Dornberg, près d’Iéna (Hceninghans.)

* Dellhyrls semicircularis (Goldf.) Villingen (Dechen.)

* Lingula tenuissima (Bronn.) Rottweil, Wurtemberg (Dechen.)

* Ostrea placunoides (Munst.) Baireuth (Dechen.)

* — subanomia (Munst.) Idem. (? Ostracites anomius. Schlot. pl. 36, fig. 3.)

* — reniformis (Munst.) Idem.

* — difformis (Schlot. pl. 36, fig. 2.) Baireuth et Wurtemberg (Dechen.)

* — multicostaia (Munst.) Wiirtzbourg (Dechen.)

* — complicata (Goldf.) Baireuth, Villingen (Dechen.)

¥ — decemcoslata (Munst.) Baireuth (Dechen.)

— spondyloides (Schlot. pl. 36, fig. 1.) Quedlimbourg ; Gottingue; Baireuth; Rotweil; Lunéville; Toulon.

* — comta (Goldf.) Rattweil, Wurtemberg (Dechen.)

* — pleuronectites (? Schlot. pl. 35, -fig. 2 et 3.) Bourbonne-les- Bains; Lunéville (Dechen.)

* Gryphœa {Ostrea?) prisca (Goldf.) Villingen (Dechen.)

Pecten reliculatus (Schlot. pl. 35, fig. 4.) Gottingue (Hœninghaus.) Gotha (Dechen.)

* — Albertii (Goldf.) Villingen. Partie supérieure; Èüdersdorf (Dechen.)

Pecten lœaigatus ^Goldf.) (Pleuronectites.... Sehlot. pl. 85, fig. 2.) Wurtemberg* Baireuth; Gotha (Dechen.)

— discites (Schlol.) Couches supérieures; Wurtemberg; Bâle; Pologne; Rüdersdorf (Dechen.)

Piagiosmma îineatwn ( Chamïtes lineata, Sehlot. pl. 35. fig. 1.) Mosbach; Miebelstadt; Gottingue; Wurtemberg; Baireuth; Weimar (Dechen.)

— Striatum (Sehlot. pl. 34, tig. 1 .) Allemagne; France; Pologne. Très abondant.

— rigidum (Sehlot.) Rauthal, près d’Iëna (Hœn.) Gottingue (Al Brong.)

— leva iga turn (Sehlot. pl. 34. fig. 2.) Mosbach (HtËninghaus.) punctatum (Sehlot. pl. 34, fig. 3.) Gottingue; Toulon; Gotha (Al. Brong.)

Aaicula socialis (Desh., Coq. car. des Ter., pl. l4, 'fig. 5.) Gotha; Saehsênbotirg ; (Sehlot., Mytulites socialis , pl. 37, fig. I.) Weimar (Hœn.) Gottingue; Mont- Meisner; Wurtemberg; Lunéville (Al. Brong.)

* — cos^ta (Sehlot., Myt. costatus, pl. 37, fig. 2.) . . . Wurtemberg; Baireuth (Dechen.)

* ~ crispata (Goldf.) Couches supérieures, Frédérichshal! (Dechen.)

— Bronnii (Alberti.) Yillingen (Dechen.)

Myt il u s vêtus tus (Goldf.) ( Mytilus eduliformis, Sehlot. pl, 37, fig. 4.) Gottingue; Wurtemberg; Baireuth (Dechen.) Lunéville (AL Brong.)

Trigonia vulgaris (Sehlot. pl. 36, fig. 5.) Weimar; Gottingue; Wurtemberg: Baireuth (Dechen.)

— pes anseris (Sehlot. pl. 36, fig. 4.) Lunéville; Mosbach (Hœn.) Gottinge (Al. Brong.)

* — cura iros tris (Sehlot. pl. 36, fig. 6, 7.) Wurtemberg (Dechen.)

* — cardissoides (Goldf.) Wurtemberg (Dechen.)

* — lœaigata (Goldf.) Marbach (Dechen.)

* — Goldf usii (Alberti.) Marbach (Dechen.)

* '4 rca inœquiaalais (Goldf.) Couches inférieures; Freudenstadt , Wurtemberg (Dechen.)

Cardium striatum (Sehlot.) Wurtemberg; Gottingue (AL Brong.)

* — pectination (Alberti.) Couches supérieures; Wurtemberg (Dechen.)

My a musculo ides (Sehlot. pl. 33, fig. ] . ) Weimar (Hœn.) Wurtemberg; Haute Silésie; Pologne (Dechen.)

— veniricosa (Sehlot. pl. 33, fig. 2.) Couches inférieures; Wurtemberg (Dechen.) Lunéville (AL Brong.)

elongata (Sehlot. pl. 33, fig. 3.) Couches inférieures; Wurtemberg; Haute-Silésie; Pologne (Dechen.)

— intermedia. . . . Mézière (Hœninghaus.)

* ~ mactroides (Sehlot. pl. 33, fig. 4.) Marbach; Haute-Silésie; Pologne (Dechen.)

* rugosa (Alberti.) Rottweil ; Wurtemberg (Dechen.)

* V enus nuda (Goldf.) Marbach (Dechen.)

* Mactra? trigona (Goldf.) Marbach (Dechen.)

* Cucullœa minuta (Goldf.) Couches inférieures immédiatement sur le grès bigarré; Villingen, Bade (Dechen.)

* Balanus. . . . Villingen (Dechen.)

* Calyptrœa discoides. (Patellites. . . . Sehlot. pl. 32, fig. 3.) Villingen (Dechen.)

* Cupulus mitratus (Goldf.) Patellites. . . . Sehlot. pl. 32 fig. 4.) Villingen (Dech.) Dentalium torquatum. ( Dentalites . . . Sehlot. pl. 32, fig. 1.) Gottingue (Al. Brong.)

lœae. ( Dentalites . . . . Sehlot. pl. 32, fig. 2.) Gottingue ; Alpirsbach; Baireuth. M. Dechen pense qu’il n’est pas bien prouvé que ce ne soit pas un fragment d’encrine.

* Trochus Alberlinus (Goldf.) Rottweil, Wurtemberg (Dechen.)

Turritella obsoleta. ( Buccinum . . . Sehlot. pl. 32, fig. 8.) Weimar, Gottingue (Dechen.)

* — deperdita (Goldf.) Wiemar (Dechen.)

* — detrita (Goldf.) Culmbach, près Baireuth (Dechen.)

* Turrilella scalata. ( S trombus . . . • Schlot. pl • 32, fig. 10) Wurtemberg; Rüdeisdor 1 (Dechen.)

— terebralis (Schlot.) Weimar (Hœn.)

* Buccinum gregarium ('Schlot. pl. 32, fig. 6.) Rüdersdorf (Dechen.)

* (: turbilinum .) iJelicites. . . . Schlot. pl. 32, fig. 5.) Wurtemberg; Rüdersdorf

(Dechen.)

* Strombus denticulatus (Schlot. pl. 32, fig. 8.) Rüdersdorf (Dechen.)

* Nalica Gailliardoti (Lefroy.) Couches supérieures; Wurtemberg (Dechen.)

^ plllla (Goldf.) Rolweil, Wurtemberg ; peut-être n’est-ce qu’une jeune variété de la précédente? (Dechen.)

* Turbo dubius ? (Munst.) Seewangen, Riedern près Waldshut (Dechen.)

— giganteus (Schlot.) Seewangen (Dechen.) Cette espèce et la précédente appartiennent peut-être à un autre genre (Dechen.)

« Nummulites? Jlthausii (Alberti.) Wurtemberg. Il est fort incertain que ce soit une

une nummulite (Dechen.) , r

Nautilus bidorsatus (Schlot. pl. 31 , fig. 2.) Weimar (Ilœn.) Gottingue; Rüdersdorf. Wurtemberg; Lunéville (Dechen.)

— nodosus (Munst.) Franconie (Munst.)

Ammonites nodosus (Schlot. pl. 31, fig. 1.) Plus abondant dans les couches supérieures; Weimar; Gottingue; Wurtemberg; Silésie (Dechen.) Toulon (Al. Brong.) Lorraine (Beaumont.) Voyez ci-après la figure 87, page 495.

— subnodosus (Munst.) Allemagne (Munst.) Variété de la précédente (De Buch.)

— laïus (Munst.) Allemagne (Munst.) Variété de Y Ammonites nodosus (De Buch.)

— bipartitus (Gaillardot.) Lunéville (Al. Brong.) 1 .

— Henslowi? * (Sow. pl. 262.) Baireuth (Hœninghaus.)

CRUSTACÉS, POISSONS et REPTILES.

Palinurus Suerii (Desm. pl. 10, fig- 8 et 9.) Durrheim (Hœn.)

* Rhyncholites hirundo (Fauv. Big.) Couches supérieures; Wurtemberg; Lunéville (Dechen.)

— acutus (B'ainv.) Digne.

Dents de Squalus, Baia, etc. Baireuth (Munst.) Wurtemberg; Rüdersdorf (Dechen.) Plesiosaurus. Espèce non dét. Wurtemberg (Jager.) Baireuth; Rüdersdorf (Dechen.)

* Ichthyosaurus Lunevillensis . Lunéville; Wurtemberg (Dechen.)

— Espèces non déterminée. Allemagne; France (Dechen.)

Grand Saurien. Genre non déterminé. Lunéville (Al. Brong.)

Chelonia. Espèce non déterminée. Lunéville; Leineckerberg (Dechen.)

! D’après M. Dechen, ces quatre espèces d’ammonites, qui se réduisent à deux» comme on l’a vu ci-dessus, constituent presqu’à elles seules, dans la classification de M. de Buch, une famille très bien caractérisée sous le nom des Cératites. M. de Buch avait déjà indiqué cette famille clans une note à la page 9 de son Mémoire. Il paraît, d’après M. Dechen, qu’il n’a encore rencontré qu’une troisième espèce qui s’v rapporte, Y A mmoniates Bogdoanus, qui provient du Mont-Bogdo dans le pays des Calmoueks; mois on ignore si celte espèce se rencontre, comme les deux premières, dans un terrain de muschelkalk. (Note du traducteur.)

a S’il est bien constant quel’ Immondes Henslowi a été trouvé en Allemagne, il est très remarquable que, dans l’île de Man, où on a observé cette coquille pour la première fois, on assure qu’on a découvert aussi Y Ammonites nodosus. Le caractère général des sinuosités du bord des cloisons est le même dans les deux coquilles. (Hoy. fig. 87, pag. 495.) Toutefois on doit convenir qu’on n’a pas des preuves aussi positives qu’on doit le désirer de l’association de ces deux fossiles dans l’ile de Man, ce qui tendrait à y faire présumer l’existence du terrain cle muschelkalk. 11 peut facilement y avoir eu quelque confusion entre des ammonites, ayant entre elles, en général, de l’analogie. D’après le professeur Henslow, les fossiles qu’on trouve avecl’ Ammonites Henslowi dans file de Man, sont ceux qui sont ordinairement propres aux terrains de calcaire carbonifère et de calcire de la grauwacke, T r Habites, Producta scotica, etc.

Grès rouge oq grès bigarré. Les roches de ce terrain sont, comme son nom l’indique, de différentes couleurs, rouge, blanc, bleu et vert*, la couleur rouge est cependant la plus commune. Ce terrain est principalement siliceux et argileux , il renferme parfois du mica et des masses de gypse et de sel gemme. Dans les Vosges, la partie supérieure du grès bigarré présente souvent, d’après M. El ie de Beaumont, des couches minces de calcaire marneux et de dolomie, qui deviennent peu à peu plus nombreuses - de sorte qu’à la fin elles constituent la partie inférieure du muschelkalk '. On trouve dans ce dépôt, en quelques points de l’AUemagne, une roche calcaréo -magnésienne et oolitique % et il renferme aussi des conglomérats.

On rencontre dans les Vosges un dépôt très étendu , qui ne varie que peu dans ses caractères, et auquel, d’après la contrée où il existe, on a donné le nom de grès des Vosges . Il semblerait exister une dissidence d’opinion entre M. Elie de Beaumont et M. Voltz, relativement à l’étage de la série du grès rouge auquel il faut rapporter ce dépôt. Le premier le regarde comme étant l’équivalent du rothes todt liegendes , dont la place est au-dessous du zechstein ; le second le considère comme étant la partie inférieure du grès rouge ou grès bigarré qui repose sur le zechstein : mais , comme le zechstein manque dans les Vosges, on peut dire peut-être qu’il n’y a qu’une différence bien peu essentielle entre ces deux opinions.

Le grès des Vosges est essentiellement composé de grains de quartz amorphe, ordinairement recouvert d’un enduit mince de peroxyde rouge de fer , parmi lesquels on en découvre d’autres qui paraissent être des fragments de cristaux de feldspath: on observe souvent, sur les tranches de ces couches, des indices de feuillets en travers ou diagonaux, structure si commune d’ailleurs dans les roches arénacées, et qui résulte probablement de l’action de courants entre-croisés. La roche contient des galets de quartz, quelquefois si abondamment, qu’elle offre l’aspect d’un conglomérat avec un ciment arénacé. Le caractère minéralogique de ces galets fait penser à M. Elie de Beaumont qu’ils proviennent de la destruction de roches plus anciennes, et que ce sont simplement des fragments plus gros qui ont mieux résisté à la trituration que les grains plus petits qui composent la masse du grès.

Le grès rouge, ou grès bigarré de quelques pays, fournit une

1 Elle de Beaumont, Terrains secondaires du système des Vosges. a Les grains qui forment cette roche oolitique sont rayonnés du centre à la circonférence.

excellente pierre de construction , et qui fait même un très bel effet quand elle est presque incolore , comme à Épinal , dans les Vosges. Dans les localités où le grès bigarré devient schisteux, par suite du mica qu’il renferme, on l’emploie souvent, comme cela a lieu pour quelques variétés du vieux grès rouge des Anglais, comme pierre de dallage, et même pour couvrir les toits.

D'après le professeur Sedgwick, le grès rouge qui se rencontre dans le nord de l'Angleterre, au-dessous du calcaire magnésien , représente le grès bigarré ou hunter sandstein des Allemands -, et les marnes irisées qui le recouvrent sont l’équivalent du keuper de l’Allemagne. On décrit ordinairement ce grès comme ayant une composition très complexe, par suite des mélanges variables de sables , de grès et de marnes. Dans tonte l’étendue de pays qu’il recouvre , depuis le Nottingamshire jusque dans le Yorkshire , il est généralement à grains grossiers, souvent presque entièrement incohérents, et il passe quelquefois à un conglomérat à grains fins. Les marnes qui le recouvrent sont rouges et mélangées de gypse

Débris organiques du grès bigarré.

VÉGÉTAUX

Equiselum columnare (Ad. Brong., Hist, des Vèg.foss . pl. 13.)

Sulz-les-Bains, Bas-Rhin.

Calamites arenaceus (Ad. Brong., ibid. pl. 25, fig. 1, et pl. 26, fig. 3,4,5.) Wasselonne; Salz-les-Bains; Marmoutier, Bas-Rhin.

— remotus (Ad. Brong., ibid. pl. 25, fig. 2.) Vasselonne.

Jnomopteris Mougeotii (Ad. Brong. pl. 79, 80,81 .) Wasselonne;

Sulz-les-Bains.

Neuropteris Foltzii( Ad. Brong., ibid. pl. 67.) Sulz-les-Bains.

— elegans (Ad. Brong., ibid. pl. 74, fig. 1. 2.) Sulz-les-BainS.

Sphenopteris myriophyllum (Ad. Brong., ibid. pl. 55, fig. 3.)

Sulz-les-Bains.

— palmetla (Ad. Brong., ibid. pl. 55, fig. 1 .) Sulz-les-Bains.

Filicites scolopendroides (Ad. Brong., Ann. des Sc. nat., t. xv,

pl. 18, fig. 2.) Sulz-les-Bains.

Volzia brevifolia (Ad. Brong., ibid. t. xv, pl. 15 et 16.) Sulzles-Bains *.

— elegans (Ad. Brong., ibid.t.xv, pl. 17, fig. 3.) Sulz-les-Bains.

— rigida (Ad. Brong., ibid. t. xv, pl, 17, fig. 2.) Sulz-les-Bains.

— acutifolia (Ad. Brong., ibid. t. xv, p. 450.) Sulz-les-Bains.

— fielerophylla (Ad. Brong., ibid. t. xv, p. 451 .) Sulz-les-Bains.

ï Sedgwick, Ge'ol. trans., 2e série, t. 3.

2 La figure 82, copiée ci-contre sur la planche 1 6 de M . Adolphe Brongniart, représente la fructification du Voltzia brevifolia.

Fig. 82.

Commuantes erecta (Ad. Brong., ibid. t. 15, pl. 19.) Sulz-les-Bains.

— nutans (Ad. Brong., ibid. p. 455.) Sulz-les-Bains.

Paleoxyris regular is (Ad. Brong., ibid. pl. 20, fig. 1.) Sulz-les-Bains. Echinostachys oblongus (Ad. Brong. pl. 20, fig. 2.) Sulz-les-Bains.

Aelhophyllum stipulate (Ad. Brong., ibid. pl. 18, fig. 1.) Sulz-les-Bains,

MOLLUSQUES

Plagiostoma lincatum (5 chiot, pl. 35, fig. 1.) Sulz-les-Bains.

— striatum (Schlot. pl 34, fig. 1 .) Sulz-les-Bains.

* Avicula socialis (Desh. coq. caract. pl. 1 4, fig. 5.) Sulz-les-Bains, Domptail, Vosg( s.

* — costata ( Mytilus costatus. Schlot. pl. 37, fig. 2.) Sulz-les-Bains.

Mylilus eduliformis (Schlot. pl. 37, fig. 4.) Sulz-les-Bains; Doinptail.

Trigonia vulgaris (Schlot. pl. 37, fig. 4.) Domptait.

My a rnusculoides (Schlot. pl. 33, fig. 1 .) Sulz-les-Bains.

— elongata (Schlot. pl. 33, fig. 3.) Sulz-les-Bains.

Natica Gailliardoti (Lefroy. .)Domptail.

* Turrilella scalata (S trombus.... Schlot. pl. 33, fig. iO.) Domptail; Sulz-les-Bains.

— Schloteri ( .) Sulz-les-Bains.

* Buccinum antiquum (Goldf.) Sulz-les-Bains.

On peut remarquer qu’à l’exception clés deux dernières espèces, toutes les autres ont été citées ci-dessus comme se rencontrant dans le muschelkalk. Il paraît qu’il en est de même du Domptail , où , d’après M. Élie de Beaumont, le grès bigarré contient un grand nombre de moules de coquilles^

Zechstein. Ce nom a été fort heureusement employé par M. de Humboldt pour désigner une série de calcaire de caractères très variables, auxquels on avait donné différents noms, celui de Zechstein n’ayant été jusqu’alors appliqué qu’à une seule des variétés. Les diverses couches de ce groupe étaient connues des mineurs allemands sous les noms suivants : Asche ( cendres ) (marne friable) ; Stinkstein (calcaire fétide); Rauchwacke , Zechstein et Kupfers chiefer (schiste cuivreux). Ce dernier dépôt , inférieur à tous les autres , est exploité pour le cuivre qu’il renferme, particulièrement dans le pays de Mansfeld, dans la Thuringe, la Franconie et le Hartz. Suivant M. Daubuisson, l’épaisseur moyenne du schiste cuivreux, dans ces contrées, est d’environ 1 pied; et voici les résultats admis pour les autres couches : le zechstein a quelquefois de 20 à 30 mètres de puissance : la rauchwacke, quand elle est pure et compacte, n’a qu’un mètre d’épaisseur; quand elle est caverneuse, elle atteint quelquefois de 15 à 16 mètres. Le Stinkstein varie de 1 à 30 mètres, et la couche dite Asche a également une épaisseur très variable. Malgré ces diverses subdivisions, auxquelles on a attaché une importance extraordinaire , il ne paraît pas qu’on puisse toujours les observer, même dans les pays où on les

a établies-, car M. Daubuisson remarque que les portions supérieures se fondent Tune dans l’autre, et même quelquefois dans le zechstein.

Dans le nord de l’Angleterre, c’est le calcaire magnésien qui est l’équivalent de ce dépôt de l’Allemagne. D’après AI. le professeur Sedgwick, ce calcaire magnésien peut se diviser ainsi qu’il suit : 1° schiste marneux et calcaire compacte*, ou calcaire compacte coquilier, et marnes irisées 5 2° calcaire magnésien jaune; 3° marne rouge et gypse -, 4° calcaire en couches minces. AT. Sedgwick regarde le n° 1 comme l’équivalent du Kupferschiefer et du Zechstein , et les no* 2, 3, 4, comme les équivalents des couches nommées Rauchwacke , Asche , Stinkstein , et autres, de îa Thuringe.

Débris organiques du zechstein et du schiste cuivreux .

VÉGÉTAUX

Fucoides Brardii (Ad. Brong., Hist, des vég. foss., pl. 2, fig. 8 à 19.) Schisle cuivreux, Frankenberg (Al. Brong.)

— selaginoides (Ad. Brong., ibid. pl. 9, fig. 2, et pl. 9 bis, fig. 5.) Schiste cuivreux ; Mansfeld (Al. Brong.)

— lycopodioides (Ad. Brong., ibid. pl. 9, fig. 8.) Schiste cuivreux, Mansfeld (Al. Brong.)

— frumentarius (Ad. Brong.) Schiste Cuivreux ; Mansfeld (Al. Brong.)

— pectinatus (Ad. Brong.) Schiste cuivreux; Mansfeld (Al. Brong.)

— digitatus (Ad. Brong., ibid. pl. 9, fig. 1 .) Schiste cuivreux ; Mansfeld (Al. Brong.) Cupressus Uîlmanni (Brong.) Lieu non indiqué (Hœn.)

* Pecopteris arborescens (Ad. Brong. .) Muse, près d’Aulun, avec poissons

semblables à ceux du Mansfeld.

* — abbreviata (Ad. Brong. .) Du même lieu ‘ .

* Lycopodites Hoeninghausii (Ad. Brong. .)Eisleben.

* Bruckmannia bulbosa (Sternberg.) Asterophyllites ? Thuringe.

Végétaux non déterminés dans le schiste marneux et le calcaire coquillier bleu ; Durham (Sedg.)

ZOOPHYTES

Retepora jlustracea (Phil.) Calcaire magnésien coquillier ; Durham (Sedg. , Gèol. trans., 2e série, t. 3, pl. 12, fig. 8.)

— Virgulacea (Phil.) Calcaire magnésien coquillier; Durham (Sedg., ibid. pl. 12, fig. 6.)

* Gorgonia anceps (Goldf. , pl. 36, fig. 1.) Gliicksbrunn en Thuringe, dans la dolomie (Dechen.)

* — dubia (Goldf., pl. 7, fig. 1.) Même localité (Dechen.)

* — antiqua (Goldf., pl. 36, fig. 3.) Même localité (JDechen.)

* — infundibuliformis (Goldf., pl. 10, fig. 1.) Même localité; paraît exister aussi, de

i Ces deux espèces sont très abondantes dans le terrain houiller, surtout la première, à Anzin et à Saint-Étienne. Elles n’ont été placées ici par M. de Dechen qu’à cause des rapports que le terrain où elles se trouvent paraît avoir avec le schiste cuivreux du Mansfeld, par les poissons qui s’y rencontrent. Mais il est plus probable que ce terrain d’Autun doit plutôt être rapporté au terrain houiller.

( Note du traducteur.)

GROUPE DU GRÈS ROUGE. 4g3

Tür™ (üeohenf)SSÜe S“iTant’ danS ''' Ca'Caire ^ transilion de la g™iwacke de

’ Cal“"‘°P°'a spongltes (Gold., pl. 28, fig. 1, 2.) Même localité; forme quelquefois des couches entières dans le calcaire carbonifère (Dechen.)

Polypiers. Genres non déterminés. Comtés de Durham et de Northumberland fSede (*eol. trans., 2e série, t. 3, pl. 12, fig. 5.) 6”

RADIAIRES

Cyathoc rini tes planus (Miller.) Calcaire magnésien ; comtés de Durham et de Northumberland (Sedg., Géol. trans., 2e série, t. 3, p. 120.)

Encrinites ramosus (Schlot.) Glückbriinn, Thuringe (Al. Brong.)

Grinoides. Genres non déterminés. Comtés de Durham et de Northumberland (Sedg. ,

MOLLUSQUES

Producta aculeata. C’est le Gryphites aculeatus de Schlotheim. M. Hœninghaus croit aussi cette espèce identique avec les Producta horrida (Sow., pl. 3l) 0t Producta scabriuscula (Sow., pl. 60.) (Al. Brong.) Büdengen , Neustadl < Hœn ) Thuringe, etc. (Al. Brong.) Durham et Northumberland (Sedg.)

— rugosa (Schlot.) Rdpsen, près Géra (Hœn.)

— speluncaria (Al. Brong.) Rdpsen (Hœn.) Gliickbrunn (Al. Brong.)

— antiquata (Sow., pl. 317, fig. 1, 5, 6.) Midderidge (Sedg., Géol.' trans., 2e série t. 3, p, 119.)

— cala a (Sow., pl. 560.) Humbleton; Midderidge, etc. (Sedg., ibid.)

— spinosa (Sow., pl. 69, fig. 2.) Humbleton, etc. (Sedg., ibid.)

longispina (Sow., pl. 68, fig. 1 .) Schiste cuivreux ; Sehmerbach, Thuringe (Hœn.i Spirifer trigonalis (Sow., pl. 265.) Rdpsen (Hœn.)

— undulatus (Sow., pl. 562, fig. 1.) Midderidge; Humbleton (Sedg., Géol. trans 2e série, t. 3. p. 119.)

— multiplie atus . Humbleton (Sedg., ibid.)

— minutas. Humbleton (Sedg., ibid.)

Terebratula intermedia (Schlot., pl. 16, fig. 2.) Rdpsen (Hœn.)

— injlata (Schlot.) Rdpsen (Hœn.) Sehmerbach (Al. Brong.)

— cristata. Rdpsen (Hœn.)

— lacunosa (Schlot., pl. 20, fig. 6.) Schiste cuivreux; Sehmerbach. Zeehslein

Rdpsen (Hœn.) ’

— paradoxa (Schlot.) Sehmerbach (Al. Brong.)

— elongata (Schlot., pl. 20, fig. 2.) Sehmerbach (Al. Brong.)

— pelargonala (Schlot., pl. 21 , fig. 33.) Sehmerbach (Al. Brong.)

— pygmœa (Schlot.) Leimstein, près Schmalkalde (Al. Brong.)

— Espèce non déterminée. Durham (Sedg.)

Axmus obscurus (Sow., pl. 314.) Durham (Sedg., Géol. trans., 2e série t. 3. p \ 19 ) Area tumida (Sow., pl. 474, fig. 3.) Humbleton ; Durham (Sedg., ibid.) '

Cucullœa sulcata (Sow.) Humbleton; Durham (Sedg., ibid.)

Aaicula gryphœoides (Sow.) Humbleton, très abondant (Sedg., ibid.)

Ostrea? Espèce non déterminée. Northumberland (Sedg., ibid.)

Astarte? Whitley; Northumberland (Sedg., ibid.)

Modiola acuminata (Sow.) Roches de Black; Durham (Sedg., ibid.)

— Espèce non déterminée. Durham (Sedg., ibid. p. 120.)

Mytilus squamosus (Sow.) Ferrybridge (Sedg., ibid.)

— ceratophagus (Schlot., Ac. deMunich, 1816, pl. 5, fig. 2.) Glûcksbrunn : Avicula* (Dechen.)

— striatus (Schlot., ibid., 1826, pl. 16, fig. 3.) Glûcksbrunn. Cucullœa? (Dechen.) Unio hybridus (Sow., pl. 154.) Nottinghamshire.

Pecten. Espèce non déterminée. Humbleton, etc. (Sedg., ibid.)

Plagiosloma? Humbleton (Sedg., ibid.)

Venus? Ïlumbleton (Sedg., ibid.)

Dentalium ou Serpula? Espèce indéterminée. Durham (Sedg., ibid. p. 08.)

Turbo? Calcaire magnésien; Marret Hicklelon (Sedg., ibid p. 118.)

Pipurotoma? Calcaire magnésien; Humbleton (Sedg., ibid. p. 118.)

Melania? Cinq espèces. Calcaire magnésien ; Hawthorn Hive (Sedg., ibid. p. 118.) Jimuonites? Espèce non déterminée. Humbleton ^Sedg., ibid. p. 118.)

POISSONS

Palœothrissum macrocephdlum (Blainv.) Schiste cuivreux ou bitumineux; Mansfeld (Al. Brong.) Schiste marneux; Midderidge et East Thiekley i^Sedg., Géol. Dans., 2e série, t. 3, p, 117, pl. 9, lig. 2.)

— magnum (Blainv.) Schiste cuivreux ou. bitumineux; Mansfeld (Al. Brong.) Schiste marneux; Midderidge et East Thiekley (Sedg., ibid. pl. 8, fig. 1 .)

— inœquilobum (Blainv.) Schiste bitumineux; Autun (Al. Brong.)

— parvum (Blainv.) Schiste bitumineux; Autun (Al. Brong.)

— macropterum (Brong.) Schiste cuivreux; Borehweiler, Thuringe (Hœn.)

— eiegans. Schiste marneux ; Midderidge et East Thiekley (Sedg., ibid. pl. 9, fig. 1.) ^ — blennioid.es (Iloll.) Schiste cuivreux; Mansfeld (D’après M. Dechen.)

— Espèce non déterminée. Schiste marneux; Midderidge et East Thiekley (Sedg.) Palœoniscurn Freieslebense (Blainv.) Schiste cuivreux; Mansfeld et Hesse.

Clupcea Lametherii (Blainv.) Schiste cuivreux ; Mansfeld.

Stromaleus gibbosus (Blainv.) Schiste cuivreux; Eisleben, Mansfeld.

Chœtodon? (Winch., Géol. îrans. t. 3, pl. 2.) Calcaire magnésien ; Palîion près de Sunderland, Durham.

Poissons. Genre non déterminé. Schiste marneux ; East Thiekley (Sedg., loc. cil.

REPTILES

Monitor de la Thuringe (Cuv.) Schiste cuivreux ou bitumineux; Mansfeld ; Rotîienburg sur la Saale; Gliiekbrunn ; Memmengen, etc. (Al. Brong.)

Todtliegendes. Ce nom est donné à une série de conglomérais rouges et de grès qui se rencontrent entre le zechstein ou le calcaire magnésien et les roches du groupe qui est immédiatement au-dessous. Ce nom est aussi appliqué à ces couches de la Thuringe et autres contrées adjacentes sur lesquelles repose le schiste cuivreux, et qui ne diffèrent des grès rouges que par un mélange de quelques couches blanches. Ce conglomérat est en grande partie formé de débris provenant de la destruction partielle des roches sur lesquelles il repose, et dont les fragments sont tantôt anguleux, tantôt arrondis, et d’une grosseur considérable.

Il nous a paru nécessaire de donner d’abord les détails que Ton vient de lire sur les fossiles et sur la structure minéralogique la plus remarquable de chacun des divers terrains de ce groupe , connus sous le nom de marnes rouges ou irisées , de Muschelkalk , de grès rouge ou grès bigarré , de Zechstein, de Toldtliegendes , afin que le lecteur pût ensuite mieux connaître l’ensemble dans les lieux où ce groupe est complètement développé. Pris en masse , le groupe

peut être considéré comme un dépôt de conglomérats, de grès et de marnes , au milieu desquels se rencontrent quelquefois des calcaires à certains termes de la série -, tantôt un de ces dépôts calcaires manque : en Angleterre, c’est le muschelkak; et dans l’est et le sud de la France, c’est le zechstein; quelquefois l’un et l’autre manquent à la fois, comme dans le Devonshire . Les conglomérats, ou Todtliegendes , occupent ordinairement la partie inférieure du groupe, quoiqu’on cite quelquefois des conglomérats à des étages plus élevés de la série; les grès forment la partie centrale, et les marnes se rencontrent dans la partie supérieure.

Si nous recherchons les causes qui ont produit cette masse de terrains, nous pourrons peut-être, jusqu’à un certain point, les déterminer, en observant l’état des choses sur lesquelles elle repose. Dans le plus grand nombre des cas, ces roches inférieures et plus anciennes sont fortement inclinées, contournées ou fracturées; preuves évidentes des bouleversements que ces rochers ont éprouvés’ antérieurement au dépôt du groupe du grès rouge qui les recouvre. Ces caractères de structure ne sont pas restreints à des localités particulières, mais on les observe plus ou moins généralement dans toute l’Europe occidentale. Lorsque l’on examine les couches inférieures du terrain de grès rouge, on ne peut douter que les fragments de roches qu’elles renferment n’aient été, pour la plupart, arrachés violemment aux roches anciennes qui existent dans le voisinage le plus rapproché. On est donc entraîné à conclure que partout, du moins où nous trouvons ces couches inférieures de conglomérats, nous y voyons des traces de la cause qui a agi et de l’effet qu’elle a produit : la cause est le bouleversement des couches; l’effet, la dispersion des fragments produite par cette action violente, résultat qui s’est étendu sur des espaces plus ou moins considérables, par le moyen de l’eau, probablement mise en mouvement par les forces qui ont bouleversé les couches. Ces forces ont été souvent très puissantes, au moins dans quelques localités; on en a la preuve dans le volume énorme des fragments charriés, et dans la forme arrondie de quelques-uns d’entre eux, comme on peut le voir dans le voisinage de Bristol, où on trouve des masses arrondies, quelquefois très volumineuses , de calcaire carbonifère.

L’exemple le plus aisé à observer et le plus frappant que l’on puisse citer pour prouver combien la force qui a agi a été puissante, est celui que présente l’escarpement connu sous le nom de Petit Tor , dans la baie de Babbacomhe , en Devonshire , d’où on extrait une grande partie du marbre connu sous le nom de marbre de Devonshire. La figure 83 est une coupe de cet escarpement.

Fig. 83.

P, escarpement nommé Petit Tor ; a , calcaire fracturé , dont les fentes larges sont remplies des particules les plus fines du conglomérat qui est au-dessus, et les fentes étroites de carbonate de chaux • 5, brèche composée de gros blocs , quelques-uns du poids de plusieurs tonneaux, du même calcaire-marbre que celui sur lequel elle repose, mêlés d’autres blocs plus petits. La matière qui sert de ciment est quelquefois du grès rouge , d’autres fois une argile rougeâtre. Le marbre connu sous le nom de marbre de Babbacombe provient en totalité de ces blocs, qui sont exploités, soit sur place, soit en les transportant ailleurs. Sur cette brèche reposent des couches de conglomérat très fin , de grès et de marne rouge en c, qui sont recouvertes par une masse d’une épaisseur considérable de conglomérat rouge d. Ce conglomérat s’étend à plusieurs milles vers l’est, et il est composé de fragments anguleux de calcaire, de débris nombreux de schiste, semblable à celui qui est si commun dans la contrée environnante, et aussi de galets de schiste quarzeux, de grauwacke , etc. Parmi ces débris on trouve des fragments arrondis de différents porphyres rouges quarzifères. /*, faille ou dislocation des couches, laquelle a abaissé les conglomérats sur la gauche contre les calcaires fracturés qui sont à droite de ces failles : ces dislocations sont communes dans la contrée.

La figure 84 représente une des fentes du calcaire fracturé de l’escarpement de Petit Tor remplie de la matière du conglomérat qui le recouvre.

Fig. 84. Fig. 85. Fig. 86.

b b, calcaire; n, fente remplie des parties les plus fines du conglomérat rouge qui est au-dessus de lui.

On ne peut, ce me semble, clouter un seul instant que les blocs anguleux du conglomérat b (fig. 83) n’aient été détachés du calcaire a par un effort violent, et que, durant la commotion, ils n’aient été soulevés de manière que d’autres détritus plus petits aient pu s’insinuer entre eux, la masse d’eau étant considérablement chargée de sable , de boue et d’autres substances tenues mécaniquement en suspension.

Pendant que nous parlons de ces conglomérats du Devonshire, il n’est pas inutile de faire voir combien l’action des courants d’eau , dans ce môme pays et à la même époque , a été peu uniforme. Il n’y a peut-être aucune localité qui en offre de meilleures preuves que la ligne de falaises qui se trouvent entre Babbacombe et Exmouth. Les alternances de conglomérats et de grès , à la partie supérieure de la série de conglomérat, sont très fréquentes, et plus particulièrement dans le voisinage de Dawlish • elles prouvent que l’eau avait quelquefois la force d’entraîner des fragments arrondis de la grosseur de la tête, et même davantage, tandis qu’à d’autres instants elle ne pouvait transporter que du sable. Non-seulement ces alternatives prouvent des différences dans la rapidité de l’eau , mais la structure des couches elles-mêmes montre que la direction des courants a continuellement varié, comme on le verra par les deux coupes, figures 85 et 86, qui accompagnent la figure 84, et dont la première est prise à l’escarpement qui est à l’ouest de Dawlish, et l’autre à l’est du même lieu.

a , conglomérat; b b b b , grès déposés par des courants de directions variées ; c, grès à couches ondulées. La rapidité des courants doit avoir considérablement varié dans le voisinage immédiat de ces coupes ; car, parmi les grès et les conglomérats à fragments d’une grosseur moyenne qui sont sur le versant occidental de Little HaldonHill, il y a des blocs de porphyre quarzifère , généralement arrondis , du poids d’un tonneau et plus. Comme ils sont semés çà et là sur le versant de la colline, on pourrait les prendre pour des blocs erratiques superficiels , si on ne les trouvait pas en place dans les masses de rochers de la falaise qui borde la mer. Le transport de ces blocs ne peut avoir été opéré que par des courants d’eau d’une grande rapidité, de manière que les fragments de roches d’une moindre dureté ne soient usés et arrondis par leur frottement l’un contre l’autre, tandis que les fragments de porphyre quarzifère, étant extrêmement durs et très difficiles à briser, ont mieux résisté au frottement.

La présence de ces porphyres dans le conglomérat rouge de la partie sud du Devonshire est remarquable en ce que, quoique les

masses de cette roche soient roulées, on ne les trouve jamais qu en connexion avec le conglomérat rouge de la même contrée. Quoiqu’on ne rencontre pas des roches de cette nature isolées à la surface du sol, ce n’est assurément pas une preuve qu’il n’en puisse pas exister dans le voisinage ; car, lorsque nous considérons que la série de grès rouge recouvre la surface de tout ce canton, il y a une grande probabilité que l’on rencontrera beaucoup de ces roches au-dessous du grès 5 et également il y a une foule de localités non explorées où on peut encore les découvrir dans des roches que ce même grès ne recouvre pas actuellement.

Le lecteur doit avoir soin de ne pas trop se hâter de généraliser ces faits que nous venons de citer, observés dans le Devonshire, car il est possible qu’ils soient plus ou moins particuliers à cette contrée. Néanmoins, si nous cherchons à étendre nos observations, nous trouvons que les conglomérats sont très caractéristiques des dépôts de la même époque dans d’autres parties de la Grande-Bretagne , comme aussi en France et en Allemagne ; et qu’il arrive , non pas toujours, mais très souvent, qu’ils reposent sur des couches disloquées. Gomme il est difficile de concevoir que partout, immédiatement avant le premier dépôt de la série du grès rouge, il y ait eu , dans les couches sur lesquelles il repose, un mouvement général et simultané qui les ait disloquées, et ait dispersé au moment même des fragments de leurs roches, il paraît plus naturel, pour se rendre compte des causes de ces résultats , d’imaginer qu’il y a eu certains foyers de bouleversement et de dispersion de fragments, ou de soulèvement subit d’une certaine étendue de couches, lesquels, peutêtre , ont produit des chaînes de montagnes , suivant les idées de M. Élie de Beaumont. Dans cette hypothèse, l’accumulation des plus gros fragments et l’épaisseur relative du conglomérat devraient être plus considérables dans le voisinage de la cause perturbatrice ; et , au milieu d’un pareil bouleversement, nous devons d’ailleurs tenir compte des roches ignées qui ont dû être vomies du sein de laterre à la même époque.

Si nous retournons pour le moment à cette partie du Devonshire qui nous a conduit à faire ces observations, nous y recueillerons des faits qui semblent venir à l’appui de cette idée; car, là où abondent les conglomérats, il y a dans le voisinage des roches trappéennes , telles que diverses variétés de grünsteins et de porphyres, qui ont coupé et traversé les schistes, les calcaires et autres roches plus anciennes, dans différentes directions; et j’ai eu récemment l’occasion d’observer que le porphyre rouge quarzifère , exactement semblable à plusieurs de ceux qui se rencontrent si abondamment en frag-

ments roulés dans le conglomérat rouge de la contrée, se trouve en masse dans la partie inférieure de ce dernier dépôt, et que meme (à Ideston près d’Exeter ) il le recouvre en partie. Mais malgré l’abondance des grünsteins et des porphyres noirs,, on n’en a pas encore découvert un seul fragment dans les conglomérats, quoique ceux-ci contiennent en si grand nombre des fragments roulés de porphyre rouge 5 et il faut observer qu’il n’est pas rare de voir de bonnes coupes de ces terrains, particulièrement sur les côtes. Ce fait semble attester qu’au moment où se sont formés les fragments de schiste, de calcaire, etc., les roches trappéennes noires n’étaient pas, comme celles-ci, susceptibles d’être fracturées. Cela ne prouve pas cependant que les roches de trapp n’aient pas été vomies au jour à l’époque de la convulsion, aidant par là même au désordre, et en étant la cause en grande partie '. Nous avons, au contraire, toute raison de penser que l’éruption des roches de trapp a accompagné ( si même elle ne l’a pas produite en partie ) la dislocation des couches d’où proviennent les fragments que l’on rencontre dans les conglomérats : car nous avons vu qu’il y a une masse de porphyre rouge quarzifère qui recouvre une partie du conglomérat rouge ; et il n’est nullement rare de trouver dans le pays ( à Wester Town , Ideston et ailleurs, dans le voisinage d’Exeter), des roches trappéennes, surtout rouges ou brunes, et renfermant beaucoup de matières siliceuses, qui sont tellement mêlées avec des conglomérats, que l’on ne peut établir de ligne de séparation entre ces roches. Maintenant, si on admet, comme l’observation semble le prouver, que des roches ignées ont été lancées au-dehors au moment de la production du conglomérat, il semble qu’il n’y a aucune raison pour ne pas admettre également que, dans des circonstances favorables , les uns et les autres ont dû se trouver jusqu’à un certain point mêlés ensemble. Il est une autre circonstance qui vient encore donner à cette idée un degré de plus de probabilité, et que l’on observe parfaitement, tant sur la côte que dans l’intérieur des terres, entre la baie de Babbacombe et Teignmouth, aux Corbons, à Torbay, dans le voisinage d’Exeter et ailleurs : on y rencontre, dans certaines couches inférieures, des galets cimentés par une sorte de pâte semitrappéenne, qui renferme des métaux de la variété de feldspath que M. Levy a distinguée sous le nom de Murchisonite. On peut concevoir la production de ciment , en admettant qu’une érup-

i II faut remarquer qu’il n’y a pas jusqu’à présent de preuve évidente que les roches trappéennes noirâtres du Devonshire aient été produites après la formation du grès rouge; car on ne les a pas observées injectées au milieu de ce grès.

lion de roches ignées , accompagnée de différents gaz, ait eu lieu sous une masse d’eau, et qu’une partie des matières sorties du sein de la terre se soit combinée de manière à former un ciment, dans lequel des cristaux de Murchisonite se seraient développés. Sans cette hypothèse ou une autre analogue , il paraît très difficile d expliquer la formation du ciment dont nous parlons.

De ce théâtre de bouleversement , qui est peut-être un des cas extrêmés, quoique l’on puisse citer plusieurs fait» analogues , passons maintenant à cet état de choses où 1 on ne peut supposeï aucune cause violente de dislocation, mais ou, au contraire, les mêmes causes qui avaient produit les roches arénacées qui constituent la portion supérieure du groupe immédiatement au-dessous de celui dont nous parlons , ont continué d’agir sans être interrompues tout à coup par une action violente, et où par suite il existe entie une série de roches à l’autre un passage tellement insensible, que la ligne exacte de démarcation est tout à fait imaginaire. Un tel état de choses est parfaitement compatible avec de violentes perturbations locales -, car les effets d’une dislocation violente des roches inférieures n’ont pas dû s’étendre au-delà de certaines distances proportionnées à la puissance de la cause perturbatrice \ en outre , ils ont dû diminuer graduellement, en sorte que , sur des points éloignés , les dépôts n’ont pas été interrompus. Néanmoins les causes perturbatrices ont pu produire en général , dans la masse fluide et dans la position relative de la terre et de l’eau , des changements tels , que les dépôts ultérieurs ont pu être modifiés dans leurs caractères, ce qui a dû arriver plus fréquemment sur une grande surlace.

Cette hypothèse du passage de certaines parties inférieures du groupe du grès rouge a le partie supérieure du tenain houillei semble aussi appuyée sur des faits 5 car on en a trouvé des exemples incontestables dans certaines parties de l’Europe, comme en Thuringe et ailleurs. Aussi quelques géologues , et parmi eux MM. de Humbold , Daubuisson et autres, regardent-ils les deux terrains comme n’en forment qu’un seul.

Entre les extrêmes que nous avons signalés se trouvent plusieurs variétés de dépôts produites, soit par une différence dans 1 intensité des forces perturbatrices, soit par des circonstances locales. Ainsi on pourra rencontrer des sables, avec un peu ou point de conglomérats, qui reposent, à stratification non concordante, sur des roches plus anciennes , même dans le voisinage des localités qui ont éprouvé de grands bouleversements, comme on peut l’observer sur plusieurs points de la contrée que nous avons citée d’abord.

Lorsque les causes quelconques qui avaient produit les conglo-

mérats et les grès connus sous le nom de Todtliegendes se furent en partie modifiées, il se forma, sur plusieurs contrées de l’Europe, un dépôt considérable de carbonate de chaux, souvent chargé de carbonate de magnésie : c’est le Zechstein , lequel, quoique considérablement développé dans certaines parties de l’Allemagne et de l’Angleterre, paraît peu connu en France. Ainsi, les causes qui ont donné lieu à la formation de ce calcaire n’ont pas été aussi générales que celles qui ont produit les calcaires décrits précédemment dans le groupe oolitique, puisque ces derniers sont répandus sur une bien plus grande surface. Un dépôt de schiste bitumineux ou marneux, qui paraît avoir été contemporain du zechstein, se rencontre sur des points très éloignés l’un de l’autre, dans certaines parties de rAllemagne et dans le nord de l’Angleterre , et contient les restes d’un genre déterminé de poissons, le Palœothrissum. Il n’y a rien en soi de bien remarquable à ce que le même poisson fossile soit observé dans différents terrains formés à la même époque géologique, à des distances comme celle qui sépare le pays de Mansfeld du comté de Durham 5 car si ces contrées étaient maintenant au-dessous d’une même mer, aucun naturaliste ne trouverait surprenant que des morues, des turbots et d’autres poissons, pussent être pêchés dans les deux localités : on sait, en effet, que l’on rencontre des morues sur les côtes de l’Amérique septentrionale et sur celles de l’Europe, et que le saumon remonte les rivières des deux continents. Ainsi, les géologues devaient donc s’attendre à trouver les restes de poissons de même espèce dans des dépôts contemporains, mais toutefois à des distances assez limitées en latitude et en longitude.

De plus, il paraît que l’on n’a encore observé ces poissons que dans le schiste cuivreux, ou dans le schiste marneux qui est son équivalent, et il y a lieu de présumer qu’ils ont péri par une cause commune. Quelle a été cette cause ? C’est ce qui n’est nullement évident 5 mais il est certain que des eaux semblables à celles qui contenaient les éléments du schiste cuivreux de la Thuringe , soit en dissolution chimique, soit en suspension mécanique, seraient loin d’être favorables à l’existence des poissons. Il est peu probable que ceux qui seraient enveloppés par un semblable milieu ou qui y entreraient pussent en sortir vivants. Quand nous considérons les nombreux animaux marins toujours prêts à faire leur proie des poissons morts ou vivants , et le peu de chances qu’il y a pour ces derniers d’échapper à la voracité de ces animaux, la rencontre de poissons à l’état fossile semblerait prouver que leur conservation n’a pu avoir lieu que dans des circonstances où les animaux qui pouvaient en faire leur proie avaient été frappés de mort en même

temps qu’eux , ou avaient fui les localités qui avaient été mortelles aux poissons, ou enfin s’étaient trouvés, par quelque autre motif, hors d’état de les atteindre.

En parcourant les listes de fossiles contenus dans ce terrain, on voit que l’on rencontre des végétaux marins avec les poissons dans le schiste cuivreux. Il est certain que les plantes ne pourraient pas plus exister que les poissons dans un milieu imprégné de cuivre; on doit donc admettre qu’elles existaient avant la présence d’un semblable milieu. Mais nous ne pouvons être certains qu’elles végétaient près de l’endroit où elles sont maintenant enfouies, car les plantes marines peuvent, comme les herbes du golfe Gulf Weed , dans l’Atlantique, être emportées par des flots à des distances considérables ; ces plantes ne fournissent donc pas une preuve évidente que le schiste cuivreux a été de formation subite. Les restes de monitor qu’on y trouve semblent indiquer le voisinage d’un continent , tandis que l’ensemble des autres fossiles de cette formation de schiste cuivreux de la Thuringe indique une origine toute particulière.

Le reste de la formation de zechstein a des caractères très variés ; à l’exception de quelques couches qui peuvent être considérées comme étant un dépôt mécanique , toutes les autres semblent provenir d’une dissolution de carbonate et de sulfate de chaux, et de carbonate de magnésie. La rencontre très fréquente de ces deux dernières substances dans des terrains dont l’origine est due vraisemblablement à quelques causes communes, est très remarquable, et n’a pas jusqu’ici reçu d’explication satisfaisante.

Dans le comté de Sommerset et les contrées voisines , la partie inférieure du groupe du grès rouge est très souvent un conglomérat composé de fragments détachés des roches qui sont inférieures et plus anciennes, réunis par un ciment qui renferme beaucoup de magnésie, d’où lui vient le nom de conglomérat magnésien ou dolomitique. On trouvera de nombreux détails sur cette roche dans l’excellent mémoire de MM. Buckland et Conybeare. ( Géol . trans .) Elle passe quelquefois graduellement à un calcaire, dont les caractères sont plus homogènes, et qui contient évidemment beaucoup de magnésie. Ce conglomérat paraît être le résultat d’une action violente qui a eu lieu sur les roches carbonifères de la contrée, qui en a détaché divers fragments, et qui , en général , y a produit des effets semblables à ceux que. nous avons décrits en parlant des todtliegendes. Il est assez difficile de décider si ce conglomérat est exactement l’équivalent du todtliegendes , c’est-à-dire, si le bouleversement qui a produit ce dernier dépôt en Allemagne est

tout à fait contemporain de celui auquel le conglomérat du comté de Sommerset doit son origine; car le premier peut être antérieur à l’autre, de manière que le conglomérat de Sommerset peut avoir été soumis davantage à l’influence d’une dissolution de carbonate de chaux et de magnésie. Dans tous les cas, cependant, la formation des conglomérats magnésiens du comté de Sommerset et celle des todtliegendes de la Thuringe ne paraîtraient pas appartenir à des époques bien éloignées l’une de l’autre ; car chacun de ces deux dépôts, dans la contrée où il se trouve, constitue la partie inférieure du groupe du grès rouge, et ils contiennent tous les deux des fragments de roches qui proviennent ordinairement des terrains les plus voisins.

Les caractères organiques du zechstein, autant qu’on peut en juger parles observations faites jusqu’à ce jour, se rapprochent de ceux du groupe carbonifère, qui est le suivant. On trouve dans le zechstein, non-seulement des Producta, dont on remarquera que nous parlons ici pour la première fois, mais aussi des Spirifer , deux genres de coquilles dont les espèces sont aussi très nombreuses dans le calcaire carbonifère.

Cette ressemblance dans les caractères organiques des deux roches en rendra toujours la détermination très difficile, lorsque l’on ne pourra vérifier leur position géologique avec autant de certitude qu’en Allemagne et en Angleterre 5 cette difficulté peut même, dans quelques cas, être regardée comme insurmontable dans les contrées où les dépôts de l’un et de l’autre groupe ont été continus et sans interruption violente, et où, d’une part, les calcaires du groupe carbonifère se trouveraient dispersés à travers le terrain houiller (partie supérieure du groupe suivant) de manière à se rapprocher des terrains supérieurs de la série, tandis que, de l’autre, le zechstein descendrait jusqu’à la partie inférieure du groupe du grès rouge. Nous aurions dans ces circonstances une série de roches calcaires et arénacées qui représenteraient à la fois le groupe carbonifère et la partie inférieure du groupe du grès rouge , avec un caractère organique commun ou presque commun.

Le zechstein est recouvert par une masse de roches qui sont pour la plupart arénacées, bien qu’elles soient quelquefois argileuses, gypseuses et salifères. La couleur dominante est la rouge, quoiqu’elle soit souvent nuancée, comme l’indique le nom de Bunter sandstein , grès bigarré. Lorsque le zechstein n’existe pas, ce grès passe par degrés insensibles aux conglomérats inférieurs; et quand c’est le muschelkalk qui manque , comme c’est le cas ordinaire en Angleterre, le même grès passe aux marnes rouges ou irisées. Par

conséquent, lorsque les deux dépôts calcaires manquent à la fois, comme dans le Devonshire , le groupe tout entier est composé de conglomérats dans la partie inférieure , de grès dans la partie moyenne, et de marnes dans la partie supérieure; disposition qui peut faire présumer que l’ensemble du groupe dans cette contrée est le résultat de quelque commotion violente, et qu’aussitôt que les causes perturbatrices ont cessé, les diverses matières tenues par l’eau en suspension mécanique se sont déposées à peu près suivant l’ordre de leurs pesanteurs spécifiques. Néanmoins, cette présomption n’est admissible qu’en considérant le dépôt en masse; car, non-seulement il y a des alternatives de conglomérats et de grès , de grès et de marnes, dans lesquelles on voit ces roches passer l’une à l’autre sur une grande échelle , mais souvent aussi on les trouve également mélangées sur une petite échelle; circonstance qui s explique aisément par les changements nombreux de direction et de vitesse qui ont dû avoir lieu dans les courants.

Dans les parties de l’Europe qui ont été le mieux observées, si on considère l’ensemble des circonstances qui ont précédé la formation de ce terrain, on est porté à penser qu’elles ont été peu favorables, sinon à l’existence des animaux et des végétaux, du moins à leur conservation ; car, à l’exception de l’Alsace et de la Lorraine, on n y a découvert que peu ou point de fossiles. Les débris végétaux qui s’y rencontrent ont été indiqués, d’après M. Adolphe Brongniart, dans les listes précédentes, lesquelles comprennent également les coquilles citées par M. Yoltz et d’autres géologues. On observera que ces coquilles ne sont pas analogues à celles que l’on trouve dans le zechstein, mais à celles que l’on a découvertes dans le muschelkalk, roche très développée dans la même contrée; il est, en outre , important de remarquer que les fossiles découverts par M. Élie de Beaumont dans le grès des Vosges n’étaient pas à une très grande profondeur au-dessous du muschelkalk. J’ai recueilli de nombreux fragments de végétaux du grès qui est auprès d’Épinal, dans les Vosges, et les carriers m’ont dit qu’ils en découvraient très fréquemment.

Nous arrivons , en remontant de proche en proche, au muschelkalk, calcaire, dont les caractères généraux et l’étendue connue ont été indiqués plus haut. Ici, il est incontestable qu’un dépôt de matière calcaire , mêlé quelquefois de carbonate de magnésie , a eu lieu, probablement à la même époque, et qu’il s’est étendu, sinon partout d’une manière continue, au moins dans un grand nombre de localités, depuis la Pologue jusqu’au sud de la France inclusivement; il est également certain que les animaux marins distribués sur

cette surface étaient tous à peu près de la même espèce. Mais il y a une circonstance remarquable , c’est que ces animaux n’étaient pas les mêmes que ceux qui existaient à l’époque où le zecbstein a été formé-, le caractère organique des deux roches est distinct 5 et par conséquent , ceux qui ne fondent leurs distinctions entre les couches que sur ce caractère , ont raison de tirer une ligne de séparation entre le zechstein et le musclielkalk. Si cependant nous examinons ces roches en grand ; si nous considérons ces passages minéralogiques qui existent entre le musclielkalk et les roches qui sont au-dessus et au-dessous de lui -, si enfin nous observons que le muschelkalk luimême est loin d’être une roche constante dans la série, et que, lorsqu’il manque , les couches entre lesquelles il est interposé se fondent l’une dans l’autre , nous sommes conduits à penser qu’une séparation entre elles est bien difficile à établir théoriquement, et qu’elle présente un grand inconvénient dans la pratique. De quelque manière qu’on envisage le fait, il paraît constant qu’il y a eu des circonstances qui ont changé le caractère des genres d’animaux marins qui vivaient à cette époque sur diverses parties de l’Europe, et que certains animaux, qui furent d’abord très nombreux et probablement pendant un très long espace de temps ( car, ainsi qu’on le verra par la suite, on les rencontre dans plusieurs grands dépôts antérieurs), ont disparu pour ne plus jamais reparaître, autant du moins que nous pouvons en juger d’après nos connaissances actuelles des débris organiques fossiles.

Parmi les fossiles du muschelkalk, dont les deux plus caractéristiques sont l’ Ammonites nodosus (fig. 87), et YEncrinites monili-

Fig. 87.

formis ( E . liliiformis , Schlot.), on trouve des reptiles de différentes formes. L’espèce si extraordinaire des Plesiosaurus , et peut-être aussi son compagnon fossile habituel 1’ Ichthyosaurus , existaient alors près des lieux qui forment aujourd’hui l’est de la France et la partie adjacente de l’Allemagne. Peut-on affirmer que c’est à

cette époque qu’on doit assigner la première apparition de ces singuliers sauriens dans cette partie du monde?... On ne peut encore rien prononcer à ce sujet , car il ne faut pas oublier que la conservation des débris de ces animaux semblerait, jusqu’à un certain point, dépendre de circonstances purement locales, peut-être dans quelques cas du voisinage d’un continent , comme aussi des chances qu’auraient eues ces animaux, s’ils ont flotté sur la mer après leur mort, d’échapper à la voracité de tant d’autres animaux marins, tous , grands et petits , prêts à les dévorer.

Dans les marnes rouges ou irisées qui recouvrent le muschelkak, on reconnaît, sur une étendue de terrain très considérable, un caractère minéralogique commun , qui nous conduit à admettre 1 existence d’une ou de plusieurs causes qui ont exercé une influence semblable sur une grande surface. Il y a au moins une partie du dépôt qui paraîtrait due à une action chimique : ce sont plus particulièrement les masses de gypse et de sel gemme qui existent dans certaines localités. Doit-on regarder les masses de marnes comme le résultat d’une action, ou en partie chimique, ou purement mécanique ?... C’est ce que , dans l’état actuel de la science , il est impossible de décider ; mais il est certain que les grès avec lesquels elles sont en connexion dans quelques pays, et qui, dans d’autres, semblent même les remplacer, comme nous l’avons remarqué ci-dessus, sont d’origine mécanique, puisqu’ils renferment des couches de houille, qui sont probablement le résultat d’une accumulation de matières végétales. Quelques-uns des fossiles végétaux qu’on y observe sont encore assez bien conservés pour être déterminés , comme on le voit dans les marnes rouges ou irisées des Vosges.

Maintenant si, laissant de côté les subdivisions, nous envisageons le groupe en masse, nous verrons qu’il paraît constituer la base d’un grand système de roches, lequel, lorsqu’il n’a pas été dérangé par des accidents locaux, a rempli beaucoup de dépressions et comblé de nombreuses inégalités du sol sur une partie considérable de l’Europe : on en voit un exemple frappant en Angleterre, où les comtés du centre sont occupés par la série du grès rouge , qui a évidemment rempli une dépression existant antérieurement dans cette localité -, mais elle n’y est pas recouverte par cette grande masse du groupe oolitique qui repose ordinairement sur elle, et avec une stratification d’une concordance si parfaite, qu’elle tend à faire présumer que ces deux groupes , pris dans leur ensemble et abstraction faite de petits dérangements locaux, sont venus remplir les grandes dépressions existant alors en Europe. Quelquefois, comme c’est le cas en quelques points de la Normandie , les roches oolitiques re-

couvrent immédiatement des couches plus anciennes que le groupe du grès rouge , bien qu’elles reposent ailleurs sur ce dernier terrain d’une manière si régulière, que l’un des groupes semble être un dépôt formé tranquillement sur l’autre. Au reste, il est naturel de penser que mille perturbations locales ont dû produire une différence sensible dans le dépôt, quelquefois même une discordance complète de position ; mais on ne peut s’empêcher de reconnaître que les deux groupes , pris en masse , n’aient entre eux une concordance assez frappante. Durant leur dépôt, il s’est produit de grands et remarquables changements dans la nature des animaux et peut-être aussi des végétaux existants ; et il semble en quelque sorte nécessaire d’admettre qu’il est survenu , à diverses époques, des différences considérables dans le niveau relatif des, mers et des continents. Ces différences auront déterminé des variations de pression et plusieurs autres circonstances nouvelles qui auront produit des changements notables dans la nature des animaux marins, tandis qu’il a pu en résulter d’aussi importants du remplissage et de l’exhaussement du fond.

Il paraîtrait , surtout d’après les descriptions de M. de Humboldt, qu’il existe au Mexique et dans l’Amérique du sud, sur une très grande étendue du pays, des masses considérables de grès rouge et de conglomérats. Ces roches sont-elles de formation contemporaine avec la série de grès rouge de l’Europe ?... c’est ce que l’état de la science ne nous permet pas de déterminer d’une manière satisfaisante. Les porphyres et les schistes de la Nouvelle-Espagne sont recouverts par des conglomérats et des grès rouges, qui forment les plaines de Celaya , de Salamanca et de Burras , et supportent un calcaire qui ressemble minéralogiquement à celui du Jura. Les conglomérats contiennent des fragments de roches préexistantes, cimentés par une pâte argilo-furrugineuse d’un brun jaunâtre^ ou d’un rouge de brique. Les vastes plaines de Venezuela sont couvertes en grande partie de grès et de conglomérats rouges, mêlés de calcaire et de gypse $ les grès forment un dépôt de forme concave, entre la chaîne de la côte de Caracas et les montagnes de Parime , et reposent au nord sur des schistes , dits schistes de transition , tandis qu’au sud ils reposent sur le granit. Ce dépôt arénacé est recouvert, auprès de Tisnao , par un calcaire compacte gris blanchâtre.

On a indiqué aussi une immense formation de grès rouge qu’on assure recouvrir presque sans interruption, non-seulement les plaines méridionales de la Nouvelle- Grenade , entre Mompox, Mahates et les montagnes de Tolu et Maria, mais encore la bassin du fleuve de la Madeleine , entre Ténériffe et Melgar , et celui du fleuve Cauca , entre Carthagène et Cali. Les conglomérats de cette

contrée sont composés de fragments anguleux de pierre lydienne, de schiste argileux, de gneiss et de quartz, cimentés par une matière argilo-ferrugineuse. Ces conglomérats alternent avec des grès schisteux et quartzeux 1 . .

D’après M. de Humboldt, les Cordillières de Quito lui ont offert

la formation la plus étendue de grès rouge qu’il eût encore observée -, elle recouvre tout le plateau de Tarqui et de Cuença sur une ’étendue de vingt-cinq lieues. Le grès est généralement très argileux et renferme des petits grains de quartz légèrement arrondis ^ mais il est quelquefois schisteux, et alterne avec un conglomérat qui contient des fragments de porphyre de 3 à 9 pouces de diamètre. Le môme auteur pense que le grès rouge de Cuença se rencontre aussi dans le Haut-Pérou , et il appelle 1 attention sur la ressemblance qu’il a remarquée entre ces roches de la Nouvelle-Grenade, du Pérou et de Quito, et le grès rouge ou le Todtliegendes de l’Allemagne

On trouve aussi dans la Jamaïque , particulièrement aux environs de Port-Royal, et dans les montagnes de Saint-André, une masse de grès rouges, mêlés de conglomérats , qui de là s étend au nord-ouest vers le nord de Tile. Le grès est généralement siliceux et compacte, avec des intercallations de grès rouge marneux et de marnes, et aussi, quoique rarement, de gypse (vallée de Lope). Le conglomérat est formé de galets ( de 1 à 4 pouces de diamètre ), de granit , de grünsteinà gros grains, de syénite, quartz, hornstein, etc. Il y a des couches de couleur grise, interposées entre ces roches, et on y voit aussi des couches subordonnées de calcaire gris compacte, d’argile schisteuse, et de grès schisteux mêlé de houille. La partie supérieure de la masse est formée d un conglomérat, composé en grande partie de fragmentsde roches trappéennes , principalement de porphyre , et dont le ciment^ qui varie en durete, est le plus souvent brun rougeâtre et argileux, quelquefois dune couleur si foncée, que les galets semblent unis par un ciment trappeen. C est surtout dans cette partie supérieure qu’on trouve une grande variété de roches trappéennes, telles que syénite, grünstein, porphyres, etc., qui paraissent être le résultat d un soulèvement de matières ignées qui auraient accompagné la production des conglomérats. Dans la parie inférieure , les conglomérats et les grès rouges passent à une roche, qui, au premier abord, n’en diffère que par la couleur, et qui finit par présenter les caractères minéralo-

i Humboldt, Gisement des roches dans les deux hemispheres. j Idem , idem.

giques de la grauwacke. L’épaisseur de la masse totale est considérable, et s’élève à plusieurs milliers de pieds. Ces roches me paraissent être l’équivalent de celles que l’on a appelées grès rouges sur le continent de l’Amérique '.

Le fait seul de la ressemblance minéralogique de ce genre de dépôt, en Amérique et à la Jamaïque, avec les grès et les conglomérats du groupe de grès rouge de l’Europe , n’a pas par lui-même une grande importance. Aussi nous devons, quant à présent, nous borner à conclure que, dans l’un et l’autre hémisphère, il s’est développé (soit en même temps soit à des époques différentes, ce qui reste à déterminer) des forces considérables, qui ont dispersé des fragments de roches préexistantes, et les ont transportés çà et là dans diverses directions, au moyen de courants d’eau très violents dont néanmoins la force était fort inégale , ce qui a produit des alternances de couches de grès et de marnes avec des conglomérats. Il paraîtrait, d’après les descriptions de quelques géologues et de voyageurs éclairés , que ces grès et ces conglomérats s’étendent depuis Mexico jusqu’au centre de l’Amérique du nord; d’où on serait entraîné à conclure qu’ils sont le résultat, non d’une perturbation locale et limitée , mais d’un grand mouvement qui se serait propagé sur une surface considérable. Toutefois cette conclusion suppose que les observateurs n’ont pas rapporté à une seule et même formation plusieurs dépôts très différents , par une erreur qui est très possible : on sait qu’en Angleterre on a longtemps confondu le vieux grès rouge avec le nouveau grès rouge ; et certainement il serait encore très facile d’être entraîné dans de semblables erreurs, si c’était un pays peu visité ou examiné à la hâte.

1 Pour avoir plus de détails et des coupes relatives à ces terrains et à d’autres de la Jamaïque, consultez mes Remarques sur la géologie de la Jamaïque, Geol. trans., 2* série, vol. n. (ZVo^e de l’auteur.)

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