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DU GISEMENT DES SUBSTANCES METALLIQUES, ETC

Mais le gîte le plus ordinaire des minéraux métallifères est en filons , ou, comme on dit dans le Cornouailles, en Iodes. Ces filons, qui ne sont qu’en partie remplis de minerais, mais dans des proportions variées, ont en général l’apparence de fentes. Ils plongent sous différents angles, et il n’est pas rare que leur inclinaison approche de la verticale. Il y a eu anciennement beaucoup de discussions pour savoir si ces fentes ont été remplies par en haut ou par en bas. Mais, d’après les faits qui ont été publiés depuis un petit nombre d’années, et plus particulièrement par MM. Taylor et Carne, il est fort difficile d’admettre que l’une ou l’autre hypothèse satisfasse généralement à tous les cas. Il paraît aujourd’hui constant que la composition miné^ raie d’un filon métallifère dépend beaucoup de la nature de la roche qu’il traverse ; c’est-à-dire que, lorsqu’un filon traverse successivement deux roches, comme par exemple le granit et le schiste, les substances qui composent le filon ne sont pas les mêmes dans les deux roches , mais sont au contraire différentes dans l’une et dans l’autre.

M. Carne a observé, dans les filons métallifères du Cornouailles , qu’il est fort rare qu’un filon qui a été très productif dans une roche continue d’être riche longtemps après qu’il est entré dans une autre roche. Le même auteur a aussi observé que les filons présentent des changements analogues dans une même roche, lorsque celle-ci devient plus dure ou plus tendre, plus feuilletée ou plus compacte. Tout en reconnaissant que ces changements sont quelquefois bien faibles, il établit néanmoins que le fait général est suffisamment constaté et souvent très frappant 1 .

Ces faits ne sont pas particuliers au Cornouailles : on en a aussi observé de semblables dans d’autres contrées. Ainsi, dans le Derbyshire , où le calcaire carbonifère se trouve fréquemment associé avec des roches de trapp qui présentent même des apparences d’interstratification, les filons plombifères qui traversent le calcaire sont tellement altérés à leur passage à travers le trapp, qu’autrefois on avait pensé que le trapp coupait les filons plombifères. Il est cependant bien reconnu aujourd’hui que c’était une erreur.

Ce fait de l’altération des filons métallifères à leur passage d’une espèce de roche dans une autre, ou même en traversant plusieurs parties diversement modifiées d’une même roche, nous conduirait à penser, avec M. Fox, que leur formation doit être, en grande partie, attribuée à l’action lente, mais puissante, de Y électricité. Sans doute les recherches à l’appui de cette conjecture ne peuvent être

* Corne, Trans. geol. Soc. qf Cornwall, vol. m. p. 81.

DU GISEMENT DES SUBSTANCES MÉTALLIQUES, ETC. 671 envisagées que comme étant encore dans l enfance; mais les experiences de M. Fox sur les propriétés électro-magnétiques des liions métallifères du Cornouailles doivent être lues avec un grand intérêt 1 .

Il est extrêmement probable que beaucoup de ces filons résultent de fentes produites par des dislocations semblables à celles quon observe si souvent dans différents pays, et qu’on ne suppose plus fréquentes dans les terrains houillers que par suite des travaux d exploitation qui fournissent un plus grand nombre d’occasions de les Y découvrir. Il y a, dans chaque contrée, des filons de différents âges : le fait seul des changements et dérangements qu’ils éprouvent quand ils se coupent, et que nous avons dit être si fréquents dans le Cornouailles, ne permet pas d’en douter. M. Carne classe de la manière suivante les âges relatifs des filons dans le Cornouailles,

1° Filons d’étain les plus anciens ;

2° Filons d’étain plus modernes-,

3° Filons de cuivre les plus anciens, se dirigeant est et ouest (East and West Copper lodes ) -,

4° Second système de filons de cuivre ( Contra Copper Iodes),

5° Filons croiseurs ( Cross-courses );

6° Filons de cuivre les plus modernes;

7° Filons d’argile (Cross-flukans) ',

8° Enfin, les glissements slides (failles avec argile dans les fentes) . Si cette ancienneté relative des filons est généralement exacte, du moins en ce qui concerne le Cornouailles, il s’élève une question intéressante : les filons ayant été produits par des causes semblables on peut demander si des résultats semblables ne devraient pas toujours en être la conséquence. Si on admet qu’il soit possible que les masses minérales qui remplissent les filons soient sécrétées des roches par des actions électriques , il n’est pas aussi facile de

i Fox Fhil. irons., \ 8 50. pag. m Cet auteur présente dans l’ordre suivant le pou voir relatif de certains minéraux métallifères de transmettre l’electricile galvanique.

Conducteurs. Kupfer nickel, cuivre rouge, cuivre sulfure jaune, cuivre vitreux, fer sulfuré, pyrites arsénicales, plomb sulfuré, cobalt arsenical, oxyde noir cristallise

de manganèse, tennantite, fahlerz. , . „ .

Mauvais conducteurs. Sulfure de molybdène, sulfure d elain, ou plutôt le minerai

a7o«'« e,ndu*eùrs. Argent sulfuré, mercure sulfuré, antimoine sulfuré, bismuth sulfuré, bismuth cuprifère, realgar, sulfure de manganese, sulfure de zinc, et les combinaisons des métaux avec l’oxygène et avec les acides.

» on me relative age of llte Veins in Cornwall; Carne, GeoL leans oj Cornwall. vol 2 On peut aussi consulter : Notice sur les minerais d elain et de cuivre du Cornouailles, par MM. Dufrénoy et Élie de Beaumont. t. 9, p. 863 et suiv.

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