‹ Manuel géologiqueChapitre 42 sur 121 · FORCE DE TRANSPORT DES COURANTS · texte numérisé non relu

FORCE DE TRANSPORT DES COURANTS

che, dans la Tamise et sur la côte orientale de F Angleterre. Feu M. Smeaton a reconnu par expérience, aux deux extrémités d un canal de 4 milles de longueur, une différence de niveau de 4 pouces, due uniquement à Faction du vent soufflant dans la diiection du canal. Un grand vent de nord-ouest de quelque durée élève de deux pieds au moins le niveau de la Baltique , et lorsque les vents soufflent avec violence du nord ou du sud, la mer Caspienne picsente, à Fune ou à Fautre de ses extrémités, une variation de niveau de plusieurs pieds. Enfin on a vu, dans une vaste pièce d eau, large de 10 milles, et qui n’a généralement que trois pieds de profondeur, les eaux poussées par un vent violent , s accumuler à la Fauteur de 6 pieds sur Fun des côtés, tandis que le côté opposé, d où provenait le vent, se trouvait entièrement a sec. Certes, si, dans ces divers cas, les eaux n’avaient pas trouvé d obstacle à leur mouvement, au lieu de s’élever à une telle hauteur, elles auraient donné lieu à un courant d’une étendue plus ou moins considérable, suivant la force du vent.

On pense que la lune exerce aussi une action sensible sui les eaux dans les régions des tropiques , qu’elle augmente leur vitesse en les attirant de l’est à l’ouest. Le courant que l’on observe dans le détroit de Messine, marchant six heures dans un sens et six heures en sens contraire, sans qu’il y ait élévation ou abaissement des eaux, doit être considéré comme un phénomène de marée. On a avancé aussi que l’attraction du soleil doit accroître la \itesse du qulf-stream. Le capitaine Livingston remarque que lorsque le soit il est dans l’hémisphère nord , les vents alisés du nord-est soufflent avec plus de violence, et se font sentir vers le noid a une distance plus grande que lorsque le soleil est dans l’hémisphère sud. De là le plus grand volume d’eau qui s’engouffre dans la mer des Caraïbes pendant le printemps et 1 été.

Le courant qui entre dans la Méditerranée par le détroit de Gibraltar est généralement attribué à l’évaporation de cette mer, qui reçoit aussi un large tribut de la mer Noire par le détroit des Dardanelles. Le mouvement vers l’est des eaux de l’Atlantique paraît commencer environ à 100 lieues à l’ouest du détroit de Gibraltar. On a supposé, dans ce détroit, l’existence d’un courant contraire et sous-marin } mais, comme nous l’avons remarqué plus haut (p. 121), on a contesté le fait dans ces derniers temps l. Toutefois l’existence de courants sous-marins dans la Méditerranée ne peut être mise en doute d’après les observations du capitaine Beaufort.

i LyelR Principles of geology .

FORCE DE TRANSPORT DES COURANTS. jôj

Il remarque d’abord qu’un courant constant porte des côtes de h Syrie à l’ouest dans l’Archipel. Ce courant es! assez faible en mer mais il est très sensible près du rivage, et acquiert une vitesse de trois milles par heure entre le cap Adratcban et l’île qui lui fait face. Mais il fait observer que des courants sous-marins très remarquables existent dans l’Archipel, et qu’ils sont parfois assez violents pour arrêter la marche d’un vaisseau. Ayant fait jeter à la mer au moment où elle était calme et limpide, une sonde dont la ligne portait de trois pieds en trois pieds des flammes de couleurs différentes, ces indicateurs prirent toutes sortes de directions 1

Ces observations sont de la plus haute importance pour l’es considerations sur la force de transport des courants, puisqu’elles semblent prouver qu’on ne peut rien conclure, pour les courants inférieurs, de la direction de ceux qui coulent à la surface.

Les grands courants pouvant être, généralement parlant attribués à l’unique action des vents, il est clair que la profondeur à laquelle cesse de se faire sentir cette cause de mouvement nous donne une limite inférieure que les courants ne peuvent dépasser. Or, comme la densité de la mer augmente avec la profondeur la cause qui suffit pour mettre les eaux en mouvement à la surface5 se trouve avoir à combattre successivement une résistance de plus en p us croissante, jusqu’à ce qu’enfin cette dernière soit é^ale à la orce mofrice, et alors il n’y a plus de mouvement produit* ainsi au delà d’une certaine profondeur qui dépend de l’intensité de la cause motrice à la surface, toute la masse des eaux doit être constamment immobile^ et par conséquent sans aucune force de transport.

Il paraît résulter de ceci que la force de transport des courants depend, toutes choses égales d’ailleurs, de la profondeur de la mer et que plus elle sera petite, plus sera grande la force de transport

du courant. C’est donc sur les côtes que nous devons principalement en rechercher les effets.

Si le courant qui a lieu de l’Atlantique dans la Méditerranée est du a l’évaporation de cette dernière, ce courant se trouve produit par une action superficielle comme celle des vents, et ses effets

doivent décroître de manière à devenir insensibles à une certaine profondeur.

Nous avons vu que c’est sur les bas-fonds autour des caps et dans les passes étroites que les courants et les marées acquièrent la plus grande vitesse. Leur plus grande force de transport aura lieu dans

1 Beaufort, K ara mania.

-j32 FORCE DE TRANSPORT DES COURANTS,

les mômes circonstances et sera tout à fait locale. Les marées charrient généralement avec une égalé force dans deux directions, le plus souvent opposées l’une a l’autre, excepté dans le cas desi ivièies où Cette force est plus grande pendant le reflux que pendant le flux. Lorsque les rivières sont peu considerables, les détritus transportes à leur embouchure par la force supérieure du reflux y prennent le mouvement de va-et-vient sous 1 influence des marees des cotes , jusqu’à leur entier dépôt-, mais pour les grands fleuves, tels que celui des Amazones, du Saint-Laurent et de l’Orénoque, les détritus sont entraînés au loin jusqu’à ce qu’ils soient arretés et ramenés par les courants de l’Océan. C’est ainsi que les eaux du fleuve des Amazones rejetées vers le rivage par les courants de 1 Océan , forment journellement d’immenses dépôts sur la côte de 1 Amérique méridionale*.

En résumant ce qui a été dit sur les mouvements d’eau produits par les marées et par les courants, il paraît résulter que leur importance géologique dépend de la profondeur de la mer, de la proximité de la terre, circonstances qui ont une grande influence sur leur vitesse. Leur force de transport près des côtes varie par une foule de circonstances; toutes choses égales d ailleurs, c est près de terre qu’elle est la plus grande. Nous n’avons aucune raison de supposer que les eaux charrient à de grandes profondeurs, et si cela est, ce ne peut être que par des causes totalement différentes de celles dont nous observons les effets à la surface de la mer. Il ne paraît pas que nous connaissions les vitesses que doit avoir l’eau pour dégrader un fond de vase, de sable ou de gravier ; car nous voyons des courants extrêmement rapides à leur surface passer sur des bas-fonds de cette nature sans les altérer. Les changements survenus au fond de la mer pendant des périodes de temps que nous regardons comme considérables, sont à peine sensibles; seulement on observe près de l’embouchure des grandes rivières une élévation graduelle du fond de la mer, que tendent à combler des dépôts continuels. Les sondages faits près des côtes n indiquent pas en général de grandes inégalités ; mais dans 1 Océan , ces inégalités sont considérables, comme le prouvent des rochers, des bancs, et de petites îles qui sortent de l’eau comme des cimes de montagnes, et autour desquels la profondeur est généralement très grande.

i L’eau a sur celte côte si peu de profondeur, qu’il faut ne s’approcher de la côte qu’avec une défiance extrême, les embouchures des rivières étant les seuls lieux abordables.

F olcans en activité.

La surface de la terre est irrégulièrement percée d orifices qui vonmsem des gaz de différente nature, des cendres, des quartiers de !°C, e el des durants de matières fondues. Les matières ainsi proje ees par une ou plusieurs ouvertures , s’accumulent en une masse conique a laquelle on donne le nom de volcan. Les volcans diffèrent matenellement entre eux par la quantité des matières vomies: mais s présentent dans leurs caractères généraux une telle ressemblance, q on doit les regarder tous comme produits par les mêmes causes.

On a avance des théories diverses pour expliquer les phénomènes volcaniques; mais il faut avouer qu’elles sont toutes plus ou moins défectueuses et que les vraies causes de ces phénomènes sont pour nous dans le domaine des conjectures. Plusieurs de leurs effets nous sont familiers, quoique nous n’ayons encore qu’une connaissance très imparfaite des contrées les plus bouleversées par leurs érup-, tions. Vous devons presque tout ce que nous savons sur les volcans a des observations faites sur l’Etna et le Vésuve, et principalement sui ce dernier. L Etna occupe, il est vrai, une étendue considérable, mais le ’t csuve est tout à fait insignifiant, sous le rapport de la grad deur, a cote de plusieurs grands volcans du globe.

La position générale des volcans, soit dans le voisinage de la mer soit dans la mer même, a fait supposer que les phénomènes volcaniques étaient dus a ce que les eaux de la mer, en s’infiltrant à diverses profondeurs au-dessous de la surface, y rencontraient les bases méalliques de certaines substances terreuses ou alcalines dont elles déterminaient 1 inflammation. Quant aux volcans de l’intérieur du exique et de la Tartane centrale, les défenseurs de cette théorie ont expliqué leur position en admettant, pour le premier cas qu’il y a communication entre les volcans de Colima, Jorullo, Popocatepetl et Orizaba, tous placés sur la même ligne; et, pour le second cas, que les eaux de lacs salés pénètrent au foyer volcanique. Mais des recherches récentes paraissent renverser entièrement cette dermere hypothèse: d’après MM. Klaproth, Abel Kémusat et de Humboldt, 1 Asie centrale présente, à environ 300 à 400 lieues de la mer une vaste région volcanique dont l’étendue est d’environ 2,500 milles géographiques carrés. Le principal foyer de l’action volcanique est dans la chaîne du Thianchan, où sont les deux volcans de Pé-Chan d Ho-Tcheou, distants de 105 milles l’un de l’autre dans la direction de lest à l’ouest, le premier se trouvant encore à environ

134 volcans en activité.

225 lieues du lac Aral MM. Roulin et Boussingault ont récemment observé, dans la chaîne centrale des Andes, des éruptions volcaniques à de grandes distances de la mer. M. Roulin fut témoin, en 1826, d’une éruption du volcan de Tolima, qui est placé, d’après M. Humboldt, par une latitude de 4° 46' nord, et une longitude de 77° 56' à l’ouest du méridien de Paris-, M. Boussingault observa, en 1829, un volcan en activité dans la même contrée: enfin, M. Roulin reconnut, d’après d’anciens documents, qu’une éruption considérable du volcan de Tolima avait eu lieu en mars 1595 a.

Dans l’hypothèse du contact des eaux de la mer avec des bases métalliques de substances terreuses ou alcalines, les premiers résultats de l’action chimique devraient être la combinaison de l’oxygène de l’eau avec le métal et le dégagement d’une immense quantité de gaz hydrogène ; mais M. Gay-Lussac a objecté que les volcans ne dégagent pas d’hydrogène à l’état libre, puisque, si cela était, cet hydrogène devrait être enflammé par les matières incandescentes que rejette le volcan. Le docteur Daubeny cherche à lever cette objection , en supposant que l’hydrogène , au moment où il se produit, se combine avec du soufre, et se dégage sous la forme de gaz hydrogène sulfuré 1 2 3 4 5. Il remarque en même temps que le mélange de grandes quantités d’acide muriatique peut empêcher l’hydrogène de s’enflammer 4.

Suivant le même auteur, les gaz qui se dégagent des volcans consistent en gaz acide muriatique, soufre combiné avec l’oxygène ou l’hydrogène, gaze acide carbonique, azote 5 produits auxquels il faut ajouter une immense quantité de vapeurs d’eau °.

Les éruptions volcaniques s’annoncent généralement par des détonations dans l’intérieur du volcan, par des secousses et des tremblements de terre dans les environs. Le volcan vomit ensuite une grande quantité de matières pulvérulentes, de pierres, et des courants de laves coulent par de larges ouvertures qui se forment aux points où le cône volcanique présente le moins de résistance à la pression des matières fondues qui remplissent son intérieur. Très rarement la lave se déverse par- dessus les bords du cratère.

Voici le résumé des observations de divers auteurs sur les phénomènes que présentent les courants de laves. La lave, observée

1 Humboldt, Fragments asiatiques.

2 Ibidem.

3 Mais l’hydrogène sulfuré serait également enflammé. ( Note du traducteur .

4 Daubeny, Descriptions of volcanos, p. 877.

5 Ibidem, p. 37 0 .

aussi près que possible de l’ouverture de laquelle elle coule , présente le plus souvent une masse demi-fluide ayant la consistance du miel, mais elle est quelquefois assez liquide pour pénétrer le tissu fibreux du bois. Ses parties extérieures se refroidissent promptement, et elle olïre alors une surface rude et inégale. A la faveur de cette croûte , qui est un très mauvais conducteur de la chaleur, la masse intérieure reste liquide longtemps après la solidification des parties exposées à l’air. La température à laquelle la lave se maintient fluide est assez élevée pour fondre le verre et l’argent , et elle détermine la lusion d’une masse de plomb en quatre minutes, tandis que la même masse, sur un fer rouge, ne se fond que dans un espace de temps double. Toutefois la température de la lave fluide ne Parait pas être toujours la même, car, lors de l’éruption du Vésuve, en 1 / 9t , du métal de cloche ayant été enveloppé dans la lave , le zinc fut bien fondu, mais le cuivre resta à l’état solide \

L’éruption volcanique qui a produit la plus grande quantité de lave connue pour être sortie en une seule éruption, est celle qui eut lieu en 1783 dans la partie basse de la contrée aux environs du Shaptar Jokul, en Islande. La lave se fit jour, suivant sir J. Mackensie, en trois points différents distants de 8 à 9 milles les uns des

autres, et couvrit en quelques endroits le sol sur une largeur de plusieurs milles a.

L Islande entière n est guère qu’une masse volcanique percée de plusieurs ouvertures qui ont vomi des laves, des cendres et autres produits, La masse intérieure fondue fait effort pour s’échapper de divers côtés; et en effet, depuis les temps historiques, plusieurs éruptions ont eu lieu sur des points différents. Néanmoins des éiuptions volcaniques ont eu lieu à diverses époques par les mêmes ouvertures. Ainsi l’on compte vingt-deux éruptions de l’Hécla depuis

1 année 1004, sept du Kattlagiau Jokul depuis 900, et quatre du Krabla depuis 1724.

Comme on pouvait s’y attendre dans une contrée telle que l’Islande, les éruptions ne sont pas bornées à la terre ferme, mais elles ont lieu à travers la mer dans le voisinage des côtes. Une éruption sous-marine arriva en janvier 1783, à environ 30 milles du cap Reikianes : on vit paraître plusieurs îles comme si elles avaient surgi du fond de la mer, et une ligne de récifs existe maintenant à la même place. Pendant plusieurs mois, des flammes s’élevèrent de la surface de la mer, et de grandes quantités de pierres ponces et

1 Daubenv, Descriptions of volcanos, y. 381.

2 Sir George Mackensic, Travels in Iceland , ^ édit.

de scories légères flottèrent vers le rivage. Au commencement de juin, de violents tremblements de terre ébranlèrent toute l’Islande; les flammes disparurent, et aussitôt commença la terrible éruption du Shaptar Jokul, qui est environ à 200 milles de l’endroit où avait eu lieu l’éruption sous-marine

Une autre éruption sous-marine eut lieu près de la même île le 13 juin 1830; une île fut soulevée, et l’on craignit des éruptions intérieures, comme dans le cas cité plus haut \

L’exemple d’un volcan se frayant à travers la mer une issue dans l’atmosphère se présenta en 1811, près de Vile Saint-Michel , l’une des Açores. On en eut connaissance le 13 juin pour la première fois, et le 17, le capitaine Tillard, et plusieurs autres personnes, l’observèrent de la falaise la plus voisine de l’île Saint-Michel. Le spectacle était magnifique : le volcan lançait par moment dans l’atmosphère de noires colonnes de cendres jusqu’à une hauteur de 700 à 800 pieds, et dans les intervalles, d’immenses quantités de vapeur et de fumée se répandaient en tourbillons presque horizontaux sur la surface de la mer; chaque éruption partielle était accompagnée d’un grand dégagement de lumière et de détonations qui ressemblaient à des décharges d’artillerie et de mousqueterie 3. Vers le 4 juillet, une île à peu près circulaire et d’un mille de circonférence s’était élevée à 300 pieds au-dessus de la mer; au centre de l’île était un cratère rempli d’eau bouillonnante qui s’échappait par une ouverture placée vis-à-vis de l’île Saint-Michel. Le capitaine Tillard, à qui nous devons cette description, et qui débarqua sur cette île, lui donna le nom de Sabrina , qui était celui de la frégate qu’il commandait. Peu de temps après cette île disparut.

D’après les manuscrits de la Société royale de Londres, une île volcanique parut, vers le milieu du dix-septième siècle, parmi les Hébrides ; car on trouve, dans le compte rendu de la séance du 7 janvier 1690 — 91, que sir H. Sheres informa la société que son père., en naviguant dans ces parages, avait rencontré une île nouvellement soulevée par un volcan; mais qu’elle disparut dans l’espace d’un mois au plus, et s’affaissa dans la mer sans laisser de traces de son existence 4.

TSir George Mackensie, Travels in Iceland, édit.

2 Journal de géologie, t. \ .

5 On trouve une vue de ce volcan, le plan et Eélévation de file, dans l’ouvrage intitulé : Sections and Wievvs illustrative of geological phenomena, pi. 34 et 35.

4 Les manuscrits et journaux inédits de la Société royale , contenant le procèsverbal de chaque séance, nous fournissent des données curieuses sur l’état de la science à cette époque, et jettent une grande lumière sur l’histoire des progrès de la géologie depuis la création de cette société.

Enfin pîus récemment, en juillet 1831, à 37° ÎV lat. nord et 12° 44' long, est, un volcan a, par le soulèvement de matières ignées et de diverses roches, formé une île nouvelle près des côtes de la Sicile.

Au commencement de juillet, des navires napolitains reconnurent les premiers que la mer bouillonnait en cet endroit, et laissait dégager d’abondantes fumées. Dès que ces faits furent connus à Malte, on dépêcha des vaisseaux pour déterminer la position exacle du nouveau volcan , et pour prévenir de ce danger les autres bâtiments ‘. Les 18 et 19 juillet, le cratère, qui était alors au-dessus de 1 eau, avait, d’après le capitaine Swinburne, 70à80vards de diamètre extérieur, et son point le plus élevé était à 20 pieds au-dessus de la mer. Les eaux, dont le bouillonnement et l’agitation étaient extrêmes dans le cratère, s’échappaient par une issue latérale. Les détails de l’éruption donnés par ce capitaine présentent le plus grand intérêt, a Le volcan, dit-il, duquel ne se dégageaient d’abord que des sapeurs blanches, vomit tout à coup une énorme quantité de cendres et de matières pulvérulentes , projetées avec un bruit épouvantable à une hauteur de plusieurs centaines de pieds; elles retombaient de tous côtés dans la mer avec un bruit encore plus fort, dû sans doute, en grande partie, à la production instantanée d’une immense quantité de vapeur d’eau. Cette vapeur, d’abord noiîâtie, vu quelle se chargeait de matières pulvérulentes à mesure quelle s élevait, reprenait sa couleur naturelle en laissant déposer ces matières sous forme de pluie boueuse. Cependant de nouvelles explosions, avec projection de cendres brûlantes, se succédèrent avec rapidité; et bientôt des éclairs, accompagnés de tonnerres, sillonnèrent en tous sens la colonne noirâtre de matières volcaniques, déjà considérablement accrue, et tordue en divers points par des explosions et des tourbillons. Cette dernière circonstance ne se présenta guère que du côté opposé au vent, où les tourbillons donnèrent lieu à plusieurs trombes imparfaites, de formes singulières. Il ne paraissait pas que le diamètre des pierres lancées dépassât un demi-pied, et il était généralement beaucoup plus petit.2»

i Le 16 septembre, un brick français, commandé parle capitaine Lapierre,fut aussi expédié dans le même but. M. C. Prévost, professeur de géologie, désigné par l’Academie des Sciences, était chargé de recueillir les observations géologiques relatives à ce p îénomène. M. Prévost, ayant visité file nouvelle, adressa de Malte, le 3 octobre, à 1 Académie, un premier rapport sommaire qui fut publié dans les Annales des voyages, P- et par extrait dans beaucoup d’autres journaux scientifiques et quotidiens, nig UiS *7" ^revost a communiqué à l'Académie, les 24 sepembre 1 832 et Lr juillet 833, les principaux résultats de son voyage qu’il s'occupe de publier.

Ainsi que M. Prévost l’avait prévu, file nouvelle, peu à peu dégradée par la mer, a fini par disparaître au commencement de 1833. ( Note du traducteur.)

3 Journal of the geographical Society, 1830-1831.

Cette description nous apprend que les flancs de ce volcan , au lieu d’être formés de pierres détachées, de rapilli et de cendres, comme c’est le cas ordinaire des volcans formés dans l’atmosphère, sont probablement composés de couches plus solides dues à 1 agglomération des pierres et des matières pulvérulentes par l’eau boueuse, à une température élevée-, de telle sorte qu’au premier aspect, les couches présentent l’apparence d’une roche homogène.

La chaleur du volcan ayant sans doute fait périr les différents animaux qui habitaient à la surface ou à l’intérieur du sable ou de la vase qui formait le fond de la mer, leurs restes doivent être maintenant ensevelis sous les cendres et boues, produits de l’éruption.

Le capitaine Senhouse descendit , le 3 août , sur ce volcan ( communément appelé T île de Sciacca, à cause de sa position entre Sciacca et Pantellaria 1 * 3 ), et il estima que la hauteur du point le plus élevé était de 160 à 180 pieds au-dessus de la mer. 11 évalua le diamètre intérieur du cratère, qui offrait un cercle presque parfait, à environ 400 yards, et la circonférence de l’île à un mille un quart ou un mille un tiers *.

Ce volcan paraîtrait avoir été pendant quelque temps en activité sous les eaux avant de parvenir à leur surface 5 car sir Pulteney Malcolm, en passant sur ce point, le 28 juin précédent, ressentit des secousses qui furent alors attribuées à un tremblement de terre".

Ce n’est que depuis les temps historiques, et seulement par d’heureux hasards, que des preuves de volcans ainsi élevés du sein de la mer ont pu être conservées. Les moyens que l’homme possède à cet égard sont d’une date si récente, que l’on peut affirmer que ces phénomènes ont dû être fréquents. Nous devons aussi remarquer qu’aujourd’hui même ils peuvent se produire dans les régions éloi-

I Le lecteur peut choisir entre cinq noms que possède déjà cette île nouvelle , Corrao, Hotham, Graham, Sciacca, enfin Julia (par M. Prévost).

a Journal of the, geographical Society, 1830-1831 .

3 Suivant une tradition répandue à Malte, un volcan aurait existé au même endroit au commencement du dernier siècle; et, sur une vieille carte de Foden, on trouve indiqué , sous le nom de Brisants de Larmour, un bas-fond recouvert de 4 brasses d’eau, à un mille du même point. ( Journal of the geographical Society .)

II est impossible de ne pas être frappé, en examinant les dessins et plans des îles de Sabrina et Sciacca, de la ressemblance qu'elles offrent avec les îles volcaniques qui nous présentent un bassin intérieur communiquant par un étroit passage avec la mer. Telle est, par exemple. Vile delà Déception ou Nouveau-Shetland austral, dont on trouve la description et le plan dans le-journal de la Société géographique. Le bassin intérieur a 5 milles de diamètre et 97 brasses de profondeur. Beaucoup d’autres exemples se présenteront d’eux-mêmes au géographe. La communication entre le bassin intérieur et la mer semblerait produite, dans le cas des îles Sabrina et Sciacca, par le courant d’eau impétueux qui s’élançait du cratère pendant les explosions.

gnées , où 1 homme civilisé ne pénètre que rarement , ou même jamais, et qu’ainsi il nous restent inconnus.

L Océan nous présente un grand nombre d’îles presque entièrement composées de matières volcaniques, et dans lesquelles se trouvent encore des volcans en activité; elles ont probablement la même origine que celles de Sabrina et de Sciacca ; seulement le dôme ou cône volcanique, plus solide, a résisté à la pression des eaux : et des accumulations successives de laves, de cendres, ont formé des îles d’une étendue parfois considérable. L’île d 'Owhyhee ou d Hawaii nous présente peut-être un exemple frappant d’une pareille formation. La surface de l’île est d’environ 4,000 milles carrés, et toute sa masse est composée de laves et autres produits volcaniques qui s’élèvent sur les pics de Mouna Roa et Mouna Kaah à une hauteur de 15,000 à 16,000 pieds au-dessus du niveau de lamer. M. Ellis nous représente le cratère de Kirauea comme placé dans une plaine très élevée , et bornée par un précipice de 15 à 16 milles de circonférence, qui provient probablement d’un affaissement du sol de 200 à 400 pieds au-dessous de son niveau primitif. « La surface du plateau, dit le voyageur que je viens de citer, est inégale et couverte de pierres détachées et de roches volcaniques; au milieu s élève le grand cratère , à un mille et demi duquel nous avions fait halte. Nous nous dirigeâmes sur l’extrémité nord du plateau, où le précipice étant moins profond, la descente vers la plaine inférieure semblait plus facile. Après avoir marché quelque temps sur la plaine affaissée , qui résonnait souvent sous nos pieds , nous arrivâmes enfin au bord du grand cratère, où s’offrit à nous le plus sublime et le plus effrayant spectacle. Devant nous s’ouvrait un gouffre immense ayant la forme d’un croissant, de 2 milles de longueur environ, dans la direction nord-est-sud-ouest, et d’à peu près un mille de largeur. Il nous parut avoir près de 800 pieds de profondeur. Le fond était couvert délavé, et dans les parties sudouest et nord .bouillonnait une matière embrasée , un liquide de feu dont 1 agitation était vraiment effrayante. Du milieu de ce lac embrasé et de ses bords s’élevaient 51 cônes volcaniques de forme et de position irrégulières, et présentant autant de cratères. Yingt-deux le ces bouches lançaient sans interruption des colonnes d’une fumée 0nse ou des pyramides de flammes brillantes; plusieurs vomissaient en même temps des courants de laves que l’on voyait sillonner de traits de feu les flancs noirs et hérissés des cônes pour se joindre à la masse en ignition. » M. Ellis pense que la masse de laves qui bouillonne au fond du grand cratère résulte de la réunion des coulees des petits cônes, et que son niveau est variable; il a conclu, d’indices observés sur les parois du grand cratère, que la lave s’y

était récemment élevée à 300 ou 400 pieds plus haut, jusqu’à un rebord noirâtre à partir duquel il y avait un talus jusqu’à la masse en fusion 1 * * * * * .

On remarquera que ce cratère ne ressemble nullement à ceux qu’on observe ordinairement. Au lieu d’un orihce à peu près rond, nous trouvons ici une fente demi-circulaire dans un plateau d’une étendue considérable, et qui ne paraît pas, d’après la description, avoir été ravagé par aucun courant de laves sorti du cratère.

La profondeur de la mer autour de l’île Owhyhee , et même en général autour de toutes les îles Sandwich, est si grande , qu’il est dangereux d’approcher de leurs côtes par un temps orageux, vu l’impossibilité de mouiller , si ce n’est tout près de terre : ce qui semble indiquer que ces masses volcaniques viennent d’une profondeur considérable, et s’élèvent seulement en partie au-dessus des eaux.

Les volcans qui existent dans la mer Pacifique sur les bords de cet océan , et dans la portion de la mer des Indes où se trouvent Java et les îles voisines, sont bien plus nombreux que dans toute autre partie du globe. A partir delà Terre -de-Feu , la chaîne des Andes nous présente une ligne de volcans qui atteignent souvent une hauteur considérable. Cette ligne volcanique, dirigée du nord au sud, est coupée, au Mexique , par une autre ligne dirigée de l’est à l’ouest , et qui la met en connexion avec les volcans des Antilles. Dans la Californie nous trouvons trois volcans, dont l’un, le mont Saint-Elie , s’élève 13,000 pieds suivant quelques observateurs, et à 17,000 pieds suivant d’autres. Les bouches volcaniques des îles Aleutiennes établissent une certaine liaison entre l’Amérique et l’Asie -, et si nous allons du Kamtschatka au sud, nous observons de nombreux volcans dans les îles Kurilles , au Japon , dans les îles Loo Choo , Vile Formose et les Philippines . De ces dernières îles part une ligne de volcans qui, s’avançant vers le sud jusqu’à la latitude de 10° sud, court à l’ouest sous ce parallèle, qu’elle suit environ pendant l’espace de 25° en longitude , puis remonte diagonalement vers le nord-ouest jusque sous le parallèle 10° nord. Cette ligne volcanique, tracée sur une carte, présente la forme d’un immense hameçon8. Des îles Philippines elle passe par l’île Gilolo , au nord-est des Célèbes , par les îles volcaniques qui se

1 Ellis , Tour through the Sandwich Islands. On trouve une description très

intéressante de l’état du Kirauea, en 1829, dans l’ouvrage de M. Stewart intitulé Visit

to the South seas : la description générale ne diffère pas essentiellement, mais celle

du cratère présente divers changements.

» Voyez l’ouvrage de M. de Buch sur les lies Canaries, pl. 13, et la réduction qu’en

a donnée M. Lyell dans sçs Principles of geology, pl. 1 . __

trouvent .entre Timor et la Nouvelle - Guinée , par les îles

Flores , Sumbaiva , Java et Sumatra , et vient se terminer à l’île Barren.

Les volcans en activité sont beaucoup plus rares dans l’Atlantique et sur ses rivages ; et meme, si nous exceptons le Mexique et l’isthme qui réunit les deux Amériques, dont les volcans peuvent être regardés comme appartenant également aux deux mers, nous pourrons dire que les rivages de l’Atlantique ne présentent aucun volcan en activité

Le pic de Ténériffe est le point volcanique le plus élevé dans toute 1 Atlantique. Sa hauteur au-dessus de cette mer est de 3,710 mètres. L Islande, dont les volcans n’atteignent pas une élévation considérable, est cependant Pile qui présente la plus grande accumulation de matières volcaniques au-dessus de la surface de cet océan.

En Islande, les éruptions ne donnent pas toujours lieu à des cônes volcaniques : ainsi, en 1783, la lave paraît avoir coulé par des ouvertures très peu élevées. Les bouches volcaniques ne paraissent former des élévations que lorsqu’elles lancent des pierres et des matières pulvérulentes qui s’accumulent en un tas conique autour de la cheminée centrale dans laquelle peut varier le niveau de la lave. L’écoulement de cette lave dépend en grande partie de la proportion relative des matières en fusion et des matières pulvérulentes vomies par le volcan. Si ces dernières sont en petite quantité, la lave n aura que peu d’efforts à faire pour rompre l’obstacle qui la retient et pour s’élancer au dehors. Si la proportion est inverse, un large cône pourra se former sans qu’il s’échappe aucun courant de lave. Entre ces extrêmes, il y aura toutes sortes de cas intermédiaires, pour lesquels les courants de laves couleront par des ouvertures de différentes formes, et placées à différentes hauteurs. Par un état d activité prolongé, un volcan acquiert à sa base une solidité considérable, car les matières meubles par lui lancées sont, indépendamment des autres causes de consolidation, liées entre elles par les courants de laves qui sont dirigés commedes rayons partant du cratère. Des ruptures se produisent souvent à la base des volcans, surtout quand le cône atteint une grande hauteur ■ la lave jaillit par ces ouvertures, et son effet est encore de consolider les parties inférieures du volcan. Nous devons nous attendre à la production de pareilles ouvertures dans un volcan où la résistance des

! Scor;esby sur la côte du Groenland , dans l’ile de Jean Mayen un

volcan qui lui a présenté des traces d’une éruption récente. Son cratère avait 500 pieds de profondeur et 2,00'J de diamètre. Edimb. phil. Journ.

l4î VOLCANS EN ACTIVITE,

matières accumulées ne dépasserait pas de beaucoup la force élastique des gaz qui tendent à projeter au dehors des matières fondues, car la pression de la colonne fluide devenant considerable en raison de sa hauteur, la lave fait constamment effort pour se frayer une issue aux endroits de moindre résistance : or, les flancs d’un volcan sont loin de présenter une égale résistance; elle est la plus grande aux points où ont passé des courants de laves, et la plus faible dans les parties qui ne sont formées que de cendres ou substances de même nature ; et si à ces causes d’inégale résistance à la pression intérieure nous ajoutons les fractures déterminées par les secousses qu’éprouve intérieurement le volcan, nous concevrons que les coulées doivent sortir généralement par des ouvertures latérales et très

rarement par le cratère du volcan.

On doit à M. de Buch une théorie sur le soulèvement des volcans. Beaucoup de géologues l’ont adoptée , plusieurs 1 ont combattue. M. de Buch remarque qu’un grand nombre de cratères ne peuvent être considérés comme le résultat de ce que nous appelons une éruption, vu qu’ils ne présentent ni courants de laves, ni aucun arrangement dans le dépôt des autres matières volcaniques qui puissent justifier cette origine. Il a donné à ces cratères le nom de cratères de soulèvement ( erhebungs crateré). On a objecte à cette théorie qu’elle suppose la formation de lits horizontaux de lave ou d’autres matières volcaniques, antérieurement à l’action des gaz qui doivent soulever en dôme ou en cône la masse jusque là sans relief, pour se faire jour à la partie supérieure, laquelle présente alors toutes les apparences d’un cratère d’éruption. La valeur de cette objection paraît dépendre de la difficulté de concevoir la formation de ces couches de matières volcaniques, que la chaleur doit amollir et que les gaz doivent soulever de maniéré à leur donner les formes observées,

A ce sujet, on doit se demander si, pour un volcan sous-marin , sous une grande pression d’eau, la tendance à produire des cendres est la même que lorsqu’il s’agit d’une éruption dans 1 atmosphère, ou bien si le poids de l’eau supérieure ne pourrait point agir sur les matières solides vomies par le volcan de manière à en déterminer la fusion et à donner naissance à des lits de matières fondues, lorsque les gaz acquièrent assez de force pour vaincre la résistance qu’offre toute la colonne de lave jointe à celle de la masse d eau supérieure. Si tel était l’état des choses sous de grandes profondeurs d’eau, la quantité de produits pulvérulents des volcans sous-marins devrait croître à mesure qu’ils se rapprochent davantage de la surface de la mer; et toutes les circonstances des éruptions sous de petites

profondeurs d’eau devraient peu s’éloigner de celles des éruptions dans l’atmosphère.

L ne autre objection faite à la théorie des cratères de soulèvement, c’est que la stratification de ces prétendus cratères de soulèvement est précisément celle des cratères d’éruption ; ainsi cette dernière circonstance porterait à admettre, pour tous les cas , les cratères d’éruption, qui nous présentent journellement de pareils modes de formation , tandis que nous n’avons aucun exemple de l’autre mode. Les données nous manquent pour juger la valeur de cette objection ; on ne peut douter néanmoins que des roches solides ne puissent être soulevées par la force élastique des gaz, c’est ce qui est arrivé pour la petite et la nouvelle Kameni ( île de Santorin), formées, l’une en 1573, l’autre en 1707 et 1709, par le soulèvement d’un trachyte brun ayant l’aspect résineux, et ’rempli de cristaux de feldspath vitreux. Le soulèvement de la petite Kameni eut lieu avec production d’une immense quantité de pierres ponces et un dégagement considérable de vapeurs 1 . Appeler ce soulèvement un tremblement de terre, c’est appliquer deux noms différents au même fait. On ne peut nier ici la présence de gaz doués d une grande force élastique, et on est forcé de les regarder comme la cause du soulèvement du sol ; le fait est donc le même, qu’on y y voie un tremblement de terre ou un soulèvement volcanique, phénomènes entre lesquels il est assez difficile d’établir une ligne de démarcation bien nette.

Le trachyte soulevé de la nouvelle Kameni était chargé de coquilles à sa surface, et une partie de ces îles, de nature d’ailleurs ignée, paraît être formée de calcaire et de coquilles marines 2. Ces faits arrivés à Santorin prouvent que des roches volcaniques peuvent être élevées tout d’une pièce à la surface de l’eau avec les coquilles qui y adhéraient. Langsdorff cite un rocher trachytique haut de 3,000 pieds, qui parut en 1795 près de Vile de Unalaschka , et qui semblait avoir surgi en une seule masse du fond de la mer. M. d’Omalius d’Halloy rapporte, d’après M. Reinwardt, qu’une baie qui se trouvait sur la côte occidentale de Vile de Banda fut remplacée en 1820 par un promontoire formé de gros blocs’ de basalte ; que ce soulèvement fut tellement graduel, que les habitants ne s’aperçurent du changement que lorsqu’il fut presque à sa fin : le bouillonnement et la chaleur de la mer furent les seuls faits qui accompagnèrent l’apparition de ces basaltes 3. Ce récit, s’il est exact,

1 Lydl, Principles of geology, vol. 1, p. 386.

2 Daubeny, Descriptions of volcanos, p. 310.

2 D'Omalius d’ilalloy, Eléments de géologie, p, 405.

nous présente un exemple remarquable d’un sol soulevé paisible ment au-dessus du niveau de 1 Océan»

On a donné d’ingénieuses explications des vastes orifices que M. de Buch appelle cratères de soulèvement. M. Lyell remarque que le cratère auquel donna lieu la destruction du sommet de l’Etna en 1444, avait des dimensions aussi considérables que celles de plusieurs cratères considérés comme de soulèvement, et il suppose que de pareilles éruptions, souvent répétées, pourraient amener ce volcan à ne plus présenter qu’une baie circulaire de 40 a 50 milles de tour , au milieu d’une île de 70 à 80 milles de circonférence , entièrement composée de roches volcaniques plongeant a l’extérieur. Mais, en admettant que cela arrivât, on distinguerait parfaitement dans les escarpements de cette île circulaire, soit du côté de la baie, soit de l’autre côté , les courants de laves vomis par le volcan , et l’on ne pourrait avoir aucun doute sur sa formation par éruption. Il reste donc à examiner jusqu’à quel point ce que l’on appelle cratère de soulèvement ressemble à cet état supposé de l’Etna- et si réellement ces cratères ne présentent aucune trace de courants de lave rayonnant d’un point ou de plusieurs points centraux mais seulement de vastes lits de trachytes ou autres roches volcaniques fondues, on ne peut guère leur attribuer la même ori-ine qu’aux cratères dits d’éruption. Il ne paraît pas d’ailleurs impossible que des gaz agissant à une haute température sur une couche de lave donnent lieu aux cratères de soulèvement-, ainsi c’est une question qui doit être l’objet de recherches faites sans prévention, avec une attention particulière et avec tous les détails né-

cessantes.

On suppose qu’après la formation du cratère de soulèvement commence l’éruption des matières volcaniques ordinaires, et que l’accumulation de ces produits, lorsqu’elle est suffisamment prolongée, peut former un cône tel que le pic de Tenenffe. Mais lorsque la force de projection est faible ou n’est en jeu que depuis peu de temps, le volcan présente alors la disposition du volcan de [’île Barren dans la baie de Bengale. Un cône volcanique s eleve au milieu d’un bassin rempli d’eau qu’environne une ceinture de rochers volcaniques, dont l’inclinaison vers la mer, d apres le dessin donné par M. Lyell ' , est d’au moins 45 degrés ; la hauteur du cone central au-dessus de l’eau est d’environ 1800 pieds; celle du grand cirque volcanique est à peu près la même : de sorte qu’on ne peut apercevoir l’intérieur que par une brèche de l’enceinte. Il paraîtrait

f Principles of geology , vol. J, p. 390.

que toüt le sol de cette île est extrêmement chaud , car le capitaine ebster qui y a débarqué en mars 1822 ou 1823, a trouvé l’eau

• freTe bouïllailte à cent yards du rivage,* les roches et les pierres laisses a nu sur la plage par le reflux dégageaient avec bruit d abondantes \apeurs, et 1 eau bouillonnait autour d’elles M. deBuch présente la Caldera, dans Vile de Palma, l’une des Canaries, comme un très bon exemple de cratère de soulèvement.

est une large cavité ou cratère escarpé, bordé par une ceinture volcamque 1res elevée, qui n’est interrompue qu’en un seul point, par une gorge profonde, seule communication de l’intérieur à Pexteneur; les parois de ce vaste cratère présentent intérieurement la coupe une série de lits de basaltes et de conglomérats basaltiques qui plongent vers l’extérieur avec une grande régularité. Cette régu ante des lits et l’absence de cendres et de scories paraîtraient indiquer que leur formation n’a pas eu lieu au jour, ni même sous une faible pression d’eau, mais dans des circonstances bien différentes , qui ont pu permettre au basalte de s’étendre en grandes masses tabulaires, lesquelles ne présentent point les apparences des coulees ordinaires.

Le volcan de Jorullo nous offre un exemple frappant d’une action volcanique qui s’est développée dans une contrée éloignée de la mer ou ne se trouvait aucun volcan en activité, quoique la nature des roches environnantes ait paru indiquer l’existence de volcans dans des temps antérieurs. D’après la direction des bouches volcaniques , il semblerait qu’une faille s’est formée de l’est à l’ouest, à travers le Mexique, et jusqu aux îles de Revillagigedo dans la mer Pacifique. Avant le mois de juin 1759, l’espace où s’élève maintenant le volcan de Jorullo était couvert de plantations d’indigo et de cannes à sucre ; deux ruisseaux l’arrosaient , le Cuilimba et le San Pedro. Dans ce mois, des tremblements de terre accompagnés de grands bruits souterrains commencèrent à se faire sentir, et durèrent pendant 50 a 60 jours. La tranquillité paraissait rétablie au commencement de septembre, mais dans la nuit du 28 au 29 de ce mois, un horrible lracas souterrain se fit entendre de nouveau , et d’après M. de Humboldt, le sol, sur une étendue de 3 ou 4 milles carrés, que l’on désigné sous le nom de l Ualpays , se souleva en forme de vessie. Un peut se faire une idée de ce mouvement de terrain d après elevation actuelle du canton volcan i sé , élévation qui, des bords, ou elle est déjà de 12 mètres , va croissant jusqu’au centre , où elle est de 160. L’éruption paraît avoir été très violente ; des fragments

i Edin. phii. Journ., vol. ym.

| 45 VOLCAN à EN ACTIVITÉ»

de roches incandescents furent lances à de grandes hauteurs } des nuages de cendre transportes au loin} et la lumière qui accompagnait, les explosions fut aperçue à des distances considérables. Le Cuitamba et le San Pedro paraissent s’être précipités dans le gouffre volcanique, et avoir ajouté, par la décomposition de leurs eaux, à la violence de l’éruption. « Des éruptions boueuses, surtout des couches d’argile, enveloppant des boules de basalte décomposées, a couches concentriques, semblent indiquer que des eaux souterraines ont joué un rôle très important dans cette révolution extraordinaire} des milliers de petits cônes, qui n’ont que de 2 a 3 metres de hauteur, et que les indigènes appellent fours ( hornitos ), sortirent de la voûte soulevée du Malpays. Chaque petit cône est une fumarole de laquelle s’élève une fumée épaisse jusqu’à 10 ou 15 mètres de hauteur. Dans plusieurs on entend un bruit souterrain qui paraît annoncer un fluide en ébullition. » Au milieu de ces cônes , sur une crevasse qui se dirige du nord-nord-est au sud-sud-ouest, sont sorties de terre six grandes buttes élevées de 4 à 500 mètres au-dessus de l’ancienne plaine. La plus haute, dont le flanc septentrional a vomi une quantité considérable de 'laves avec des fragments de différentes roches, porte le nom de Jorullo. Les grandes éruptions durèrent jusqu’en février 1760, et à partir de cette époque devinrent de moins en moins fréquentes. Ceux qui combattent la théorie des cratères de soulèvement observent que le soulèvement du sol en forme de vessie n’est pas bien constaté, vu que le récit de M. de Humboldt ne repose que sur des apparences et sur les récits des Indiens, que l’on a pu faire plier aux idées d’une théorie particulière.

Le Monte Nuovo , près de Naples , s’est élevé en un jour et une nuit dans l’année 1538. Il paraît être, comme le Jorullo, sorti d’une crevasse. Sa hauteur actuelle au-dessus de la mer est de 440 pieds, et sa circonférence d’environ un mille et demi.

On trouvera dans des ouvrages spéciaux différentes descriptions d’éruptions volcaniques qui ne sauraient trouver place ici. Cependant nous croyons ne pas pouvoir passer sous silence la grande éruption du Tomboro dans Y île Sumbava ( à l’est de Java), dont nous devons la description à sir Stamford Raffles. Les premières explosions furent entendues en différents points très éloignés , où on les prit généralement pour des décharges d’artillerie. Elles commencèrent Te 5 avril 1815 et continuèrent plus ou moins jusqu’au 10 du même mois, époque à laquelle les éruptions devinrent plus violentes. Le volcan lança une telle quantité de cendres , que le ciel en fut obscurci et que de véritables ténèbres régnèrent sur une étendue considérable. Un navire malais fut surpris en mer, le 11 juin, par une ob-

scunté complète, et après avoir dépassé le mont Tomboso à h distance d’environ 5 milles, le commandant observa que sa base paraissait dans les flammes tandis que sa cime se cachait dans les nuages. Ayant abordé pour faire de l’eau, il trouva le sol couvert de cendres sur une hauteur de 3 pieds. Plusieurs bâtiments avaient été jetes a la cote par la violence de la mer. En quittant Sumbava les cendres qui, sur une étendue de plusieurs milles, flottaient à la surface de la mer sur une épaisseur évaluée à environ 2 pieds, génèrent singulièrement la marche du vaisseau. Le môme observateur a constaté une agitation extraordinaire du volcan de Carang Assam dans Y île de B ali , à la môme époque. Mais le récit le plus intéressant est celui du commandant du vaisseau croiseur le Bénarès au service de la compagnie des Indes orientales.

Il se trouvait à Macassar ( île de Célèbes) lorsque les explosions commencèrent. Le bruit ressemblait tellement à celui du canon que supposant une attaque des pirates dans le voisinage, on embarqua immédiatement des troupes sur le Bénarès , qui mit aussitôt à la \oile pour aller à leur poursuite. Le navire revint le 8 avril, sans avoir trouvé aucune cause d’alarme. Le 11, les prétendues décharges de canon recommencèrent au point de faire trembler par moments le vaisseau et le fort Rotterdam. On fit alors voile vers f sud> Pour reconnaître la cause de ces explosions. « Sur les huit heures du matin, 12 avril, l’horizon nous présenta, vers le sud et 1 ouest, une teinte sombre qui avait considérablement augmenté depuis le lever du soleil, et qui, en s’approchant, prit une nuance rougeâtre. ^ L’obscurité s’étendit bientôt à tout l’horizon. A dix heures, elle aurait à peine permis de distinguer un vaisseau à une distance d’un mille ; à onze, nous ne distinguions plus qu’une très petite partie du ciel à l’horizon dans la direction de l’est, d’où nous venait le vent 5 alors commença à tomber une pluie de cendres , et le phénomène devint à la fois terrible et imposant. A midi, le peu de lumière que nous recevions de la partie est de l’horizon disparut, et nous nous trouvâmes dans une obscurité parfaite pendant tout le reste du jour. Elle fut si profonde, que la nuit la plus noire n’en approche point : il était impossible de distinguer sa main placée tout près de l’œil. Les cendres tombèrent sans interruption pendant toute la nuit ; elles étaient si ténues, qu’elles pénétrèrent de tous côtés dans le vaisseau , malgré la précaution que nous prîmes de couvrir de toiles le pont de l’avant à l’arrière aussi soigneusement que possible.

« Le lendemain matin, à six heures, l’obscurité était profonde; mais, [à sept heures et demie, le ciel

encore aussi commença à

s’éclaircir-, à huit heures, on distinguait vaguement les objets sur le

pont du vaisseau, et dès lors le jour revint très promptement.

« L'aspect du vaisseau était alors des plus singuliers : il était recouvert sur toutes ses parties d’une poussière qui avait l’apparence d’une pierre ponce calcinée, et dont la couleur était à peu près celle des cendres de bois. En plusieurs endroits du pont , le dépôt avait plus d’un pied d’épaisseur, et tout ce qu’on en jeta a la mer devait peser plusieurs tonnes; car, quoique cette cendre volcanique fût tombée en poudre impalpable, elle avait pris, par le tassement, une pesanteur spécifique assez considérable. Ainsi une pinte de cette matière se trouva peser douze onces trois quarts. Elle était tout à fait insipide, et ne produisait sur les yeux aucune sensation douloureuse; son odeur, très faible, ne ressemblait en rien à celle du soufre; enfin, mêlée avec de l’eau, elle formait une pâte difficile à délayer. »

Le même vaisseau, reparti de Macassar le 13., se trouvait le 18 près de Sumbava. Aux approches de la côte, il rencontra une immense quantité de pierres ponces et d’arbres en partie fracassés et brûlés. En entrant dans la baie de Bima , on trouva le fond du mouillage changé, et le navire toucha sur un banc, qui peu de mois auparavant était eiicore recouvert de six brasses d’eau. Le rivage de la baie était entièrement couvert de cendres lancées par le Tomboro, qui est à une distance d’environ 40 milles. Les explosions entendues à Bima avaient été épouvantables , et les cendres étaient tombées en masses d’un tel poids , qu’elles avaient enfoncé dans plusieurs endroits la maison du résident anglais. Aucun vent ne se faisait sentir à Bima; cependant la mer était violemment agitée, et les vagues, poussées vers le rivage, avaient rempli d’un pied d’eau le rez-de-chaussée des maisons. Le commandant du Bénarès étant , le 23, à la hauteur du mont Tomboro, à une distance d’environ 6 milles, observa encore que le sommet se perdait dans un nuage de fumée et de cendres, tandis que sur ses flancs on voyait des courants de laves dont plusieurs avaient atteint la mer.

Les explosions de ce volcan se firent entendre à des distances considérables : non-seulement on les remarqua à Macassar, qui en est distant de 217 milles nautiques, mais encore dans toutes les îles Moluques, dans un port de Sumatra, éloigné de 970 milles, et à Ternate , à 720 milles.

Le lieutenant Phillips, envoyé au secours des habitants, qui se trouvaient en proie à la plus horrible famine, apprit du rajah de Saugar que, dans la matinée du 10 avril, sur les sept heures, on vit sortir du cratère trois colonnes de flammes bien distinctes qui se

réunirent à une grande hauteur dans l’atmosphère, et qu ensuite toute la montagne sembla n’être qu’une masse fluide en feu On ne sait trop quelle confiance on doit ajouter à cette apparence de flammes, car rien n’est plus fréquent que des illusions de ce genre dans les eruptions volcaniques; toutefois les circonstances qui 1 accompagnent ici sont remarquables.

D après» le récit du rajah, « les colonnes de flammes, l’embrasement general du mont Tomboro durèrent jusqu’à l’obscurité pro onde que causa, vers les huit heures du matin, la chute des matières volcaniques. Parmi les pierres qui tombèrent alors en grande quantité sur Saugar, il s’en trouva qui étaient deux fois grosses comme le poing ; mais, en général, elles n’excédaient pas la grosseur d une noix. Peu après dix heures, il s’éleva un violent tourbillon de vent, qui renversa presque toutes les maisons du village ’ e auSaiè entraînant les toits et les parties les moins pesantes. Bans .a partie du territoire de Saugar la plus voisine du volcan, les effets de ce tourbillon furent bien plus terribles : il déracina les plus grands ar res, et les emporta dans les airs avec les hommes, les maisons les bestiaux, et tout ce qui se trouva sur son passage. » L’agitation de la mer était extreme , et sa hauteur dépassa de 1 2 pieds les niveaux

CS P us e ®ves 911 e^e atteints jusque-là. Ses vagues , en roulant sur ta terre, entraînèrent les maisons et tout ce qui se trouva exposé a leur action, et détruisirent ainsi le peu de champs de riz qui existaient auparavant à Saugar. On conçoit facilement que, dans une pareille catastrophe, plusieurs milliers d’habitants périrent, et un grand nombre d’animaux. Toute végétation disparut complètement des parties nord et ouest de la péninsule, à l’exception de la sommité sur laquelle s’élevait le village de Tomboro, qui présenta encore quelques arbres debout

Les phénomènes géologiques, résultats d’une pareille éruption ne se bornent pas aux changements de forme du volcan lui-même et aux coulées de laves qu’il vomit : il y a, sur une étendue considerable, enlouissement de végétaux et d’animaux sous une couche de cendres et de pierres dont l’épaisseur s’accroît vraisemblablement en approchant du volcan 5 et si, comme cela arrive quelquefois, la vapeur d’eau sortie de la bouche volcanique se condense immédiatement, il se forme des torrents qui entraînent avec eux, nonseulement les matières meubles accumulées par le volcan, mais aussi les plantes et les animaux qu’ils rencontrent, et dont les débris se trouvent ainsi empâtés dans une épaisse alluvion.

Life of sir Stamford Raffles ,

Les végétaux et les animaux, enveloppés par les cendres et les pierres tombées dans la mer, doivent être à la fois marins et terrestres, et présenter ainsi un singulier mélange de débris organiques. Végétaux, hommes, bestiaux, poissons, coraux, ainsi qu une grande variété d’animaux marins, doivent être enfouis ensemble dans le même dépôt, qui pourra par la suite se trouver recouvert, soit au fond de la mer, soit au-dessus de son niveau, par une coulée de laves.

Dans la grande éruption de laves qui eut lieu en Islande en 1783, de nombreux débris organiques terrestres ont pu être recouverts par la matière ignée , de telle sorte que quelques-uns n’aient pas perdu leur forme. Si une pareille éruption arrivait au fond de la mer, où, comme nous l’avons vu, les circonstances sont plus favorables à la formation de couches de laves, ses déjections ignées couvriraient des sables et des argiles, peut-être remplis de débris d’animaux marins, et de grandes altérations pourraient y être produites par une pareille masse de matières à une température élevée. Sur ce fond, après un certain laps de temps, un nouveau dépôt de sables et d’argiles , mêlés de nouveaux débris organiques , pourra se former ; et si ensuite il survient une nouvelle éruption qui le couvre de laves , on aura ainsi des alternatives de roches d’origine ignée et d’origine aqueuse.

M. Henderson a observé, en Islande, des alternatives de bois fossiles, d’argile et de grès, recouverts par des basaltes, des tufs et des laves; l’époque géologique à laquelle ces végétaux ont été enfouis n’est pas bien déterminée. Mais si M. Henderson ne s’est pas trompé en rapportant au genre peuplier plusieurs des empreintes végétales recueillies, cette époque ne serait pas très récente, car les peupliers ne croissant plus aujourd’hui en Islande , leur ancienne présence supposerait un changement très sensible dans le climat 1 .

Pendant les grandes éruptions, on ne peut s’approcher assez des volcans pour les observer avec détail, et nous ne pouvons guère juger de ce qui se passe alors que d’après ce que nous observons à des époques où ils sont plus calmes : les périodes d’activité modérée sont donc très favorables pour ce genre de recherches. Après avoir vainement tenté à plusieurs reprises, au commencement de 1829, d’observer la masse fluide dans le cratère du Vésuve, j’eus le bonheur de pouvoir y monter, le 15 février, par un jour assez calme, pour que les vapeurs, en s’élevant majestueusement à mesure qu’elles sortaient du petit cône en activité au milieu du grand

1 Henderson, Iceland, vol. 2, p. 115. D’après cet auteur, cette couche de lignite occupe une grande étendue dans la péninsule nord-ouest de l’ile.

a-atère laissassent voir par moments la matière incandescente dans la bouche volcanique. C’est une circonstance qui se présente raremen , \u que, s il existe dans l’air le moindre mouvement, les vapeurs empechent de rien distinguer. Aux détonations qui duraient e plus longtemps, succédait un moment de calme, suivi d’une violente explosion qui lançait à une hauteur considérable des pierres et de la lave incandescente, celle-ci retombant la dernière en petites masses d une pâte molle sur les flancs du petit cône. Lorsque la vapeur s était dissipée, on distinguait la masse incandescente, qui paraissait comme en ébullition par le dégagement des matières gazeuses qui s en échappaient. La lumière produite variait considérablement en intensité : elle était la plus forte à l’instant de l’explosion principale, quand un grand volume de vapeurs se faisant jour tout a coup a travers la masse de feu, s’élançait avec une grande vitesse, en entraînant tout ce qui lui faisait obstacle. Voulant profiler de ma bonne fortune, je restai sur la montagne jusqu’à la nuit close, dans 1 espoir de mieux distinguer dans l’intérieur du cratère de nouveaux phénomènes; mais mon attente fut trompée; car, bien que es objets fussent plus distincts, je n’observai rien de nouveau; seulement 1 obscurité ajoutait beaucoup aux effets du spectacle : les matières solides lancées par le volcan semblaient une nombreuse déchargé de boulets rouges, tandis que la lumière de le masse incandescente de l’intérieur du cratère, réfléchie parfois d’une manière res vue par la cojonne de vapeurs supérieure, produisait, pour I observateur place a une certaine distance, ces apparences de flammes qu on a de fortes raisons pour regarder comme étant des illusions. Il est au moins bien certain que presque tous les cas de cette natuie qu ou a cites n ont d’autre cause qu’une réflexion de lumière qui varie en intensité avec l’activité du volcan.

Les produits des volcans en activité, dont l’éruption est pour homme un sujet d’horreur et d’épouvante, ne produisent point sur les continents un accroissement aussi considérable qu’on serait tenté de le croire au premier abord. Pour s’en faire une idée juste, il faut comparer leur masse à la masse entière des continents, et non à celle de quelques localités circonscrites. De plus, d’immenses cavités correspondantes au volume des matières projetées, doivent se former souvent a une faible profondeur au-dessous de la surface du sol • et alors, lorsque le poids des parties supérieures surpasse la résistance qu oftrent celles qui les soutiennent, ces masses supérieures s’écrouent dans l’abîme, soit d’un seul coup, par une violente convulsion,

■ On trouve : une esquisse du cratère, à celle époque . dans l'ouvrage iutitu'é icclmis and V iews UluslmUve nf geological phenomena, pi. 22. 8

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