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CAVERNES OSSIFÈRES ET BRÈCHES OSSEUSES

A'vant de terminer ce qui est relatif au sujet qui nous occupe, je dirai quelques mots de la caverne ossifère que l'on a trouvée a Chockier sur les bords de la Meuse, à environ deux lieues üe Liege, et qui présente quelques circonstances remarquables. Des fragments de calcaire de la même nature que celui dans lequel la caverne est creusée se trouvent mêlés avec quelques galets de quartz, et des ossements presque tous brisés; le tout est aggloméré par un ciment calcaire. Les os et les dents se rencontrent . egalement dans la brèche solide et dans le limon, lesquels, avec trois croûtes distinctes de stalagmite, remplissent presque entièrement la caverne. On a remarqué que l’on trouvait des ossements sous chacune de ces trois croûtes de stalagmite. Ces débris paraissent appartenir au moins a quinze espèces d’animaux : éléphant, rhinocéros, ours des cavernes, hyène, loup, daim, bœuf, cheval, etc. Les plus abondants sont ceux d’ours, d 'hyène et de cheval ‘ .

, Journal de géologie, t. 1 , 1 830.

GROUPE SUPHACRÉTACÉ.

SECTIOM IV.

G ROUPE SUPR ACRÉTACÉ.

tertiaires ^tianJ rocks> «ngl-5 tertiar Gebilde , allem.), Ordre supérieur ( superior order), Conybeare • Terlams } zémiens thalassiques , Al. Brongniart.

Avant les travaux de MM. Cuvier et Brongniart sur les environs de Paris, les différentes roches comprises dans ce groupe n’étaient pas connues géologiquement, ou étaient considérées comme de simples depots superficiels de graviers, d’argiles ou de sables. Depuis la publication de leur .Mémoire (1811), on a reconnu que ces roches avaient une très grande importance géologique, qu’elles occupaient une grande partie de la surface des continents actuels, et qu’elles contenaient une grande variété de fossiles terrestres d’eau douce et marins. On a observé qu’autour de Paris, et jusqu’à une certaine distance aux environs, les débris organiques, ensevelis dans les différentes couches, n’étaient pas tous marins, mais qu’il n’était pas rare d y rencontrer des coquilles d’eau douce , et des animaux terrestres de genres actuellement inconnus. En poursuivant la découverte on trouva que ces débris étaient déposés dans des couches dont chacune occupait une place déterminée dans une certaine série ' . '

i Pendant que ces découvertes se poursuivaient en France, M. William Smith dont

les géologues anglais ne prononceront jamais le nom qu’avec respect faisait un tra

vail sur des roches plus anciennes; et, malgré mille difficultés, il parvenait à identifier au moyen des débris organiques, des couches qui se trouvaient en différentes parties de 1 Angleterre. Il est vrai qu’il n’a pas publié de travail régulier avant 1815; mais il est egalement vrai et bien connu que, longtemps avant cette époque, c’était par

l’observation des fossiles qu’il parvenait à reconnaître des couches d’un même étaee géologique. ‘i * * * 5

M. Keferstein nous a fait connaître qu’un géologue allemand nommé Fuchsel avait observé, dès 1775 et même dès 1762, que certaines couches, entre le Hartz et le Thuringerwald, et aux environs de Rudesltadt, étaient caractérisées, non-seulement par leur structure minéralogique, mais encore par les débris organiques qu’elle* contenaient. C’est ce qui est prouvé par deux ouvrages de Fuchsel, run, qui a paru

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Ainsi qu’on pouvait s’y attendre d’après ces «^, et d’aprèS ceux de M. Smith, sur des roches plus anciennes de 1 Angleterre , on s’est empressé, dès ce moment, de généraliser la presence de certains fossiles dans des couches particulières ; et on a admis pendant longtemps, comme un point de théorie, que chaque formaüon ou série particulière de couches , contenait partout les memes débris organiques, et que ces débris ne se rencontraient p us, ni audessus, ni au-dessous. Cette opinion s’est graduellement ecrou

en 1762, intitulé Hisloria Terras et Maris ex BhUyH* ^”Z‘rfzude'r

criptionetn erecla ,• 1 autre, publie en , q . ■ -déterminé la position

celtesten Erd-und-Menschengeschictile. Fuchsel parait avoir determine .a !

relative* de^ertaines roches maintenant

=P1tS: à°celle'dtf\Verner, qui a tant

prn flabmaueTefcontinents ont été autrefois recouverts par la mer, jusqu'après

ifisisssli

rév"«U^-""ri ^ZbseZpVZ-

a toujours présenté des phénomènes semblables a ceux qu on obse, , e preset

"el peut donc être, en quelque sorte, considéré comme étant le premier ait nronosé la théorie des causes actuelles, ainsi que la 1res bien démontré H Keferstehi dans son analyse des deux Mémoires que nous avons cites plus h u .

« I e même Fuchsel a trouvé que , dans la formation des depots, la nature do ^ avoir suivi les lois actuellement existantes : chaque dépôt forme une couche; et un suite de couches de même composition constitue une formation ou une époque dan l’histoÏe^ du riôbe; les courants de l’ancienne mer peuvent être determines par la direction des formations. Il v a plusieurs dépôts chimiques dont la forma i reste inexplicable. Tous les dépôts de sédiment ont ete formes honzontaleme , et se sont modelés sur la surface inférieure. Les couches inclinées ont ete mises dans cette position par des tremblements de terre ou par des oscillations du sol, catastrophes qui ont produit une quantité considérable de limon, au moyen duquel “les dépôts qui passent de l’un à l’autre. » (Keferstein, Journ. de

^Les^bservaUo^is précédentes, et plusieurs autres, sont entremêlées de remarques qui caractérisent une science dans l’enfance, mais qui sont en très petit nombre. D’après cela Fuchsel paraît avoir été un homme vraiment remarquable; et, comme robserve^ M. Keferslein , il est peu honorable pour Werner d’avoir adopte ses idées sur les couches et les formations, et de s’être montre moins bon logicien dans

1 eOnlpeütlremarquer ici que le célèbre docteur Hooke considérait aussi les couches fortement inclinées et verticales comme ayant été placées dans cette position par des tremblements de terre ; car, en consultant les curieux documents que renferment les journaux manuscrits de la Société royale, j’y ai trouvé qu’il avait émis celte opmioi à une séance de cette Société, le 27 juin 1667, et qu’il avait conclu que les coquilles qu’il avait observées dans un escarpement de l’ile de Wight avaient ete elevee au-dessus du niveau de la mer par les mêmes forces.

groupe supracretacé. 245

devant les laits : la théorie que l’on adopte aujourd’hui paraît être que , quoique certaines coquilles ne soient pas précisément particulièies à certaines couches, on les y trouve cependant en plus grande abondance que dans d’autres, et que l’uniformité des débris organiques devient de plus en plus grande, à mesure que l’on s’abaisse dans la série des terrains fossilifères; de telle sorte que, plus les couches sont anciennes, plus on trouve d’uniformité dans les fossiles sur des étendues considérables, tandis que cette uniformité est d autant moindre que les séries de couches sont plus récentes. Ce ne sera qu’en observant avec soin des terrains très éloignés les uns des autres sur la surface du globe, que l’on pourra reconnaître jusqu’à quel point cette opinion est exacte; et très probablement ce seia aux géologues américains que nous serons redevables du premier grand pas que fera cette partie de la science. En attendant des éclaiicissements sur ce sujet, nous pouvons remarquer qu’une paleille opinion n est pas incompatible avec celle qui suppose que la terre était autrefois une masse incandescente dont la surface s’est graduellement refroidie. — Ces observations étaient nécessaires, parce que, dans le groupe de terrains qui nous occupe actuellement, des dépôts qui ne sont pas très éloignés les uns des autres contiennent une grande variété de débris organiques qui, dans beaucoup de cas, présentent des caractères différents.

Pendant la formation des différents terrains compris dans ce groupe, les diverses opérations de la nature paraissent s’être succédé, sans avoir été interrompues par une catastrophe assez violente, ou par quelque circonstance qui se soit fait sentir sur une étendue assez grande pour produire sur la surface de l’Europe un dépôt de substances semblables, caractérisé par une grande épaisseur et par la présence des mêmes débris organiques : je dis sur la surface de l’Europe , car il est encore prudent de borner nos généralisations à cette étendue comparativement limitée. Dans cet état de choses, des sources ont dû déposer les différentes substances qu’elles étaient capables de dissoudre ; et si la théorie d’une chaleur centrale et d’un grand décroissement de la température de la surface est bien fondée, ces sources devaient généralement être plus chaudes qu’elles ne le sont aujoutdhui, ou, ce qui est la même chose, les sources thermales étaient plus nombreuses qu’à présent: considération très importante, car on peut en inférer que peut-être il se dissolvait, et que, par

suite, il se déposait une grande quantité de matières siliceuses et de plusieurs autres substances minérales 1 .

i La manière dont s effectuent quelques dissolutions de silice ne parait pas avoir encore ete expliquée. On sait que les graminées, les roseaux, et d’autres plantes de la

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