GROUPE SU P RACK ETAGE
On peut remarquer ici que cette observation s applique à tous les dépôts d’une date antérieure; de sorte que, plus une classe de roches est ancienne, plus il est probable qu’à l’époque où elle se formait le nombre des sources thermales était plus considérable qu aujourd’hui, et que, par conséquent, il se déposait une plus grande quantité de silice et de quelques autres substances.
Que cette hypothèse soit exacte ou non, il n’en est pas moins géologiquement certain qu’il y a eu un abaissement de température à la surface du globe; et, comme l’a observé M. Lyell, les terrains dont nous nous occupons actuellement en fournissent eux-mêmes une preuve, lors même que les débris organiques qu’ils renferment appartiennent aux mêmes espèces d’animaux que celles qui existent maintenant ; car ces débris se rapportent , ainsi qu’on le remarque en Italie, à des individus plus grands que ceux qui vivent aujourd’hui dans les mers voisines; circonstance que l’on est naturellement porté à attribuer à ce que ces animaux ont vécu sous l’influence d un
climat plus chaud. .
Une différence dans le climat a dû produire d’autres variations
visibles , tant dans les roches supracrétaçées que dans celles qui se sont formées antérieurement. Il est probable que, plus un climat était chaud et approchait des tropiques , plus l’évaporation et la quantité de pluie devaient être considérables , et plus aussi le pouvoir de certains agents météoriques devait avoir d’intensité ; conséquemment, dans cette hypothèse, les différents dépôts doivent présenter des traces d’autant plus marquées de l’influence de pareils climats, que l’époque à laquelle ils ont été formés est plus ancienne. Si des pluies semblables à celles des tropiques venaient se précipiter sur de hautes montagnes, telles que les Alpes, en supposant meme à plusieurs d’entre elles une élévation moindre que celle qu’elles ont, ces pluies produiraient des effets bien différents de ceux que nous observons maintenant dans ces mêmes contrées : on verrait se former tout à coup des torrents, dont les habitants actuels de ces montagnes n’ont aucune idée; ces masses d’eau entraîneraient des quantités de détritus bien plus grandes que celles que charrient les torrents actuels des Alpes, dont cependant le volume est assez considérable. Ainsi, en admettant toutefois 1 exactitude de 1 hypothèse ci-
même famille naturelle , sont munies d’un enduit extérieur de silice que la nature , dans sa sagesse , leur a donné pour leur conservation; mais la sécrétion siliceuse la plus remarquable que nous connaissions est celle qui s’opère dans les cavités du bambou et qui est connue sous le nom de tabasfieer. Le docteur Turnbull Cristie, m’a rapporté que le labasheer, lorsqu’on le trouve dans le bambou vert de l’Inde, est parfaitement translucide, mou et humide , mais que par l’exposition à l air son humidité s’évapore; il devient opaque, dur, prend une couleur blanche ou grise, et présente la même apparence que nous lui voyons quand on nous l’apporte en Europe.
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dessus, il faut toujours tenir compte des différences produites sur la surlace de la terre par l’action des agents météoriques, laquelle est d’autant plus puissante, que le climat est plus chaud. On doit particulièrement avoir cette attention lorsque, d’après l’observation d’une série de couches du môme district, il paraît évident que la température sous l’influence de laquelle elles se sont formées a graduellement diminué.
Examinons maintenant jusqu’à quel point la végétation peut, dans les climats chauds, contre-balancer le pouvoir de décomposition et de transport que posèdent les agents atmosphériques. Il paraît que, toutes circonstances égales d’ailleurs, plus un climat est chaud , plus la végétation qu’il produit est vigoureuse. La question se réduit donc a celle-ci : La végétation protége-t-elie le sol contre î action destructive de 1 atmosphère ? Il est presque imposible de répondre autrement que par l’affirmative. Si nous manquions de preuves de ce fait, nous en trouverions dans ces élévations artificielles de terre, ou barrows , qui sont si communes dans plusieurs parties de 1 Angleterre : elles ont été exposées, dans ce climat, à 1 action de l’atmosphère pendant environ deux mille ans 5 et cependant elles n’ont éprouvé dans leur forme aucune altération sensible, quoique, au moins pendant une partie considérable de ce laps de temps, elles n’aient été recouvertes que par une légère couche de gazon. Si maintenant on admet que la végétation protège jusqu’à un certain point la terre qu’elle recouvre , il s’ensuit que plus la végétation est forte , plus sa protection est efficace , et que , par conséquent , la terre est toujours garantie de Taction destructive de l’atmosphère proportionnellement au besoin qu’elle en a. Sans cette loi prévoyante de la nature, les roches les plus tendres des régions tropicales seraient promptement emportées par les eaux, et le sol ne pourrait plus nourrir ni végétaux , ni animaux; car, quoique dans beaucoup de régions tropicales on rencontre de vastes étendues qui présentent l’apparence de déserts stériles, et qu’on voit cependant renaître soudain à la vie après deux ou trois jours de pluie et se couvrir comme par enchantement d’une brillante verdure , on doit reconnaître que les racines des plantes vivaces auxquelles l’bumectation fait produire une végétation si vigoureuse , et même celle des plantes annuelles déjà passées dont les graines produisent des feuilles si verdoyantes, s’entremêlent dans le sol de telle manière qu’elles opposent une résistance considérable au pouvoir destructeur des pluies ‘ .
t Dans les savanes de l’Amérique, il arrive fréquemment qu’il y a peu de végétation, et alors elles éprouvent des dégradations considérables.
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Je n’ai nullement l’intention de conclure de ce qui précède que la dégradation du sol n’est pas généralement plus grande sous les tropiques que dans les climats tempérés; j’ai voulu simplement établir que, dans les deux cas, le sol reçoit des végétaux qui le recouvrent une protection proportionnée à l’influence destructive à laquelle i se trouve exposé. Supposons qu’il arrive en Angleterre une de ces saisons pluvieuses si communes sous les tropiques ; nul doute que de grandes étendues de terre seraient entraînées , et que les barrows dont nous avons parlé plus haut disparaîtraient promptement . si, au contraire, il ne tombait dans les régions tropicales que la môme quantité de pluie que nous avons chaque année dans le climat de l’Angleterre, on y trouverait à peine quelques traces de végétation dans les bas-fonds; car l’eau qui en résulterait serait insuffisante pour sustanter les plantes tropicales; et, bien qu'elle tendît à dégrader le sol , elle serait si promptement évaporée, que son action destructive serait à peine sensible. La quantité de pluie et la végétation sont proportionnées l’une à l’autre ; néanmoins la dégradation du sol croît avec la quantité de pluie et la force de plusieurs agents météoriques : de sorte que , toutes choses^ égales d’ailleurs, plus il tombe de pluie, plus est grande la destruction du sol ; et conséquemment, plus un climat est chaud , et plus la dégradation des montagnes est considérable V.
On doit aussi penser que, pendant que les roches supracrétacées se déposaient, les forces souterraines n’étaient pas moins actives qu’elles ne l’avaient été auparavant et qu’elles ne l’ont été depuis. Nous devons donc nous attendre à trouver des roches ignées de différentes espèces entremêlées avec les dépôts aqueux, et même^ dans des circonstances favorables, formant des couches alternant avec celles de ces dépôts. A mesure qu’à travers la succession des âges ces roches ignées se rapprochent de la période actuelle , leurs caractères doivent ressembler davantage àceux des volcans modernes, et d’autant plus , qu’elles ont été de moins en moins exposées aux causes ordinaires de destruction ; d’où il résulte qu’il doit être excès-
. Dans les régions tropicales, les plantes parasites et rampantes croissent dans toutes les directions possibles, de manière à rendre les forêts presque impraticables; les formes et les feuilles des arbres sont admirablement calculées pour résister aux fortes pluies et en garantir les êtres innombrables qui, dans les saisons p uvieuses, Tiennent chercher un abri sous leur feuillage. Le bruit que font les pluies tropicales en tombant sur ces forêts frappe les étrangers d’étonnement, et il s entend a des distances que les habitants des régions tempérées ont peine a concevoir. La pluie, ainsi amortie et brisée dans sa chute, est promptement absorbée par le sol , ou se précipite dans des dépressions dans lesquelles elle produit des torrents qui, il faut l’avouer, sont assez impétueux et causent de grands ravages.
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sivement difficile de dire où commencent les volcans modernes et où finissent les anciens. D’ailleurs, ainsi que nous l’avons déjà dit, il n’y a pas de raison pour que le même cratère n’ait pas continué à vomir diverses substances durant une longue série de périodes, et pendant les différentes révolutions de la surface du globe ; de sorte que nos efforts pour classer les produits volcaniques ne peuvent guère nous conduire à aucun résultat satisfaisant. Il peut s’être fait à la surface de la terre de grands mouvements qui ont altéré les nb eaux généraux de différents districts, il peut même s’être opéré des soulèvements de chaînes de montagnes , et ces catastrophes ont dû fortement influencer certains dépôts.
Nous avons déjà remarqué que les terrains supracrétacés présentent ae nombreux exemples de dépôts d’eai** douce recouvrant des étendues considérables , circonstance qui semble indiquer qu’il existait alors de vastes continents ou de très grandes îles : cette opinion semble confirmée par la présence de débris de grands mammifères que l’on trouve ensevelis dans ces mêmes dépôts. On les appelle terrains d’eau douce , parce qu’on n’y a pas découvert de coquilles marines , et que les fossiles qu’ils contiennent sont des débris d’animaux dont les espèces analogues vivent dans les lacs et rivières actuels, ou bien d’animaux et de végétaux que l’on ne trouve que sur les continents. On en a conclu que ces débris ne pouvaient avoir été ensevelis que dans des dépôts formés dans des lits de rivières ou des fonds de lacs : de là le nom de terrains lacustres que 1 on donne souvent à ces terrains. Indépendamment de ces formations lacustres ou d’eau douce , il y en a d’autres qui présentent des caractères mixtes , et dans lesquelles on trouve à la fois des fossiles terrestres , d eau douce et marins : on les considère comme ayant été formées à l’embouchure des fleuves dans la mer, parce qu’on suppose qu’il s’en dépose aujourd’hui de semblables dans de pareilles positions. L’origine des terrains qui ne contiennent que des fossiles marins s’explique d’elle-même ; quant à ceux où l’on rencontre des fossiles terrestres ou d’eau douce , la nature de ces fossiles ne semble nullement mettre en droit de conclure que ces terrains se soient nécessairement formés aux embouchures des fleuves, car, si nous prenons toujours nos analogies dans l’état présent des choses , nous savons que ces fossiles peuvent souvent être entraînés bien loin de ces embouchures.
On a communément l’habitude de décrire les terrains supracrétacés comme se présentant dans des bassins , tels que ceux de Londres, de Paris, de Vienne, de la Suisse et de l’Italie 5 mais le mot bassin est très souvent mal appliqué , car on doit supposer que les
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grands dépôts marins ne se formaient pas pins dans des bassins autrefois que maintenant: or, on ne peut pas dire que le depot qui se tait au fond de la mer se forme dans un bassin, a moins tou ml ois que Ton n’appelle de ee nom le vaste fond de l’Océan. Ainsi nous caractériserions très mal le dépôt de delta du Gange en disant qu 1 a la forme d’un bassin. On parle communément du bassin de Londres , tandis que les terrains supracrétacés que l’on y rencontre ne paraissent être que la continuation d’une grande ceinture de ces terrains qui, par le nord de l’Allemagne, s’étend à travers 1 Europe iusqu’à la mer Noire. On dit aussi le bassin de l’île de Wigh , comme s’il avait existé dans cette localité une cavité ou dépression séparée 5 tandis qu’il y a de bonnes raisons de présumer, comme l’a établi e professeur Buckland , que les dépôts supracrétacés de Londres et de Hle de Wight étaient autrefois réunis, mais que cette continuité a été détruite, postérieurement au dépôt de ces terrains, par le soulèvement de la masse de craie qu’elles recouvraient et par la denudation des parties soulevées qui séparent aujourd’hui les deux dépôts, dénudations dont on a des exemples pour des roches beaucoup plus dures et plus épaisses. On peut dire la même chose relativement au bassin de Paris ; car il est facile de concevoir qu il a pu être lié avec ceux dont on vient de parler, et qu’il n’en a ete séparé que par des mouvements de la croûte du globe ou par dénudation. Il est donc possible que les dépôts ou terrains qu on appelle aujourd’hui des bassins ne soient que des lambeaux autrefois continus d’un même tout, qui ont été séparés par diverses circonstances, peut-être même pendant le dépôt des terrains en question 5 et qu’ainsi ces terrains aient commencé à se former au fond d’une mer qui baignait les terrains plus anciens et s’étendait entre la Scan 1navie et le nord l’Allemagne, depuis l’ouest de l’Europe jusqu a lamer Noire. Des lambeaux de ces terrains, semblables à ceux d’autres dépôts , se trouvent maintenant sur les collines de 1 ouest de l’Angleterre , attestant ainsi leur ancienne élévation, et la denudation qui a détruit la continuité de leur masse et n’en a laissé que des portions détachées semblables à des îles bordant un continent. Par suite des diverses dislocations du sol et de la dénudation qui été la conséquence de ces catastrophes ou de toute autre cause , les digues qui retenaient les amas d’eau au fond desquels se formaient des dépôts d’eau douce ont été emportées 5 et quoique , par analogie , nous considérions ces terrains comme ayant été déposés dans des lacs, il nous est cependant complètement impossible de tracer les ravages de ces amas d’eau.
Ceux qui étudient la géologie ne doivent jamais perdre de vue
cette idée d’une grande dénudation , comme étant applicable, nonseulement aux terrains dont il est présentement question , mais encore à ceux d’une date antérieure • ils doivent considérer qu’il n’existe pas sur la surface du globe une contrée étendue qui , géologiquement parlant, soit demeurée longtemps dans un état de repos, mais qu’au contraire il y a eu fréquemment des élévations et des abaissements du sol, ainsi que des dégradations qui ont emporté de grandes masses de terrains. A l’égard même des formations que nous allons décrire dans cette section , pour se rendre compte de cette alternative de dépôts marins et de dépôts d’eau douce qu’on y observe, ils seront forcés d’admettre que le sol a été alternativement élevé et abaissé ; et cette hypothèse leur paraîtra peut-être d’autant plus naturelle , qu iis ont déjà vu que le sol a éprouvé de pareils mouvements à une époque beaucoup plus récente.
Au milieu d’une si grande variété de dépôts qui indiquent des modes de formation si différents , il n’est pas facile de déterminer ceux qui sont exactement contemporains, et ceux par lesquels il laut commencer la série descendante. Dans cet embarras, la marche * la plus sûre à suivre est de regarder comme les plus récents ceux d’entre ces dépôts dont les débris organiques présentent le plus de lessemblance avec les animaux et les végétaux qui existent aujourd’hui. Tous les animaux terrestres que l’on trouve maintenant dans les cavernes et dans les graviers, les marnes et les sables superficiels, quelle que soit d ailleurs la théorie que l’on adopte pour rendre raison de leur disparition, doivent avoir vécu sur la surface de la terre te île qu elle existait a la période que nous considérons ^ et, en supposant même qu ils aient été en grande partie détruits par une catastrophe , il n’y a rien qui empêche qu’ils n’aient été ensevelis en grand nombre pendant leur séjour à la surface du globe ; car, pendant que les générations d’ours et d’hyènes se succédaient dans les cavernes qu’elles habitaient, le grand ouvrage de la nature se poursuivait : les éléphants, les rhinocéros, les hippopotames et autres animaux, dont quelques-uns étaient entraînés dans les repaires des hyènes , succombaient sous le poids de l’âge, ou périssaient par accident, et leurs débris s’enfouissaient dans les dépôts qui se formaient à cette époque. On peut en dire autant des fossiles marins et d’eau douce , ainsi que des végétaux.
Plus on aura lieu de croire .que les climats ont été autrefois tels qu ils sont aujourd hui, plus il sera probable, d’après l’observation de certains débris organiques fossiles semblables à ceux qui existent à présent dans la contrée, que les terrains qui contiennent ces fossiles doivent être placés à l’étage le plus élevé de la série supracrétacée.
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Ainsi, sous les tropiques, nous devons nous attendre à trouver dans les couches les plus récentes des débris analogues à ceux des animaux et des végétaux qui existent aujourd hui dans ces contrées . tandis qu’en remontant vers les pôles, nous devons découvrir des débris organiques correspondant aux diverses latitudes. G est , en effet , ce que l’on observe , autant du moins qu’on peut en juger par les faits recueillis jusqu’à présent : ainsi, les végétaux fossiles découverts dans les dépôts les plus modernes des régions tropicales ne croissent que sous les tropiques, tandis que ceux qu on a tiouves en Europe, dans des dépôts contemporains, n’appartiennent pas au climat des tropiques, mais à celui des régions tempérées. On peut citer pour exemple le dépôt de végétaux fossiles d OEningen , près du lac de Constance 1 .
C’est dans les terrains supracrétacés de Y Italie et du midi de la France y et probablement aussi d’autres contrées méditerranéennes, qu’on a observé, plus que partout ailleurs, les meilleurs exemples de dépôts de fossiles qui se rapprochent plus de la vie organique actuelle, quoiqu’on pût cependant en citer encore d’autres. A la vérité, il peut être excessivement difficile d’établir la limite entre l’état actuel de la vie animale et végétale et celui qui l’a précédé.
\ Les observations les plus récentes sur ce dépôt, qui, à diverses époques, a fixe l’attention des naturalistes, sont celles de M. Murchison. Il a fait voir que ce dépôt s’est formé dans une dépression qui existait antérieurement dans le terrain de mollasse si abondant dans la contrée, et qu’ensuite toute la masse a été coupée par le courant actuel du Rhin, qui s’y est ouvert un passage. Parmi les débris organiques indiqués dans ce dépôt par M. Murchison, d’après ses propres observations ou celles d’autres naturalistes, on remarque des ossements d’un renard, qui, suivant M. Mantelle , se rapproche davantage du Vulpes communis que de toute autre espèce, sans cependant qu’on puisse prononcer que ce n’est pas une espèce éteinte. Voyez Geol.
Trans., 2e série, t. 3. ( Addition envoyée par l’auteur.)
Si quelque jour on vient à découvrir que les débris organiques trouvés dans les contrées tropicales sont toujours caractéristiques du climat des tropiques, ou même d’un climat que l’on pourrait appeler ultra-tropical, ce sera une forte raison de croire que l’axe de la terre n’a pas varié, et que les régions équatoriales actuelles ont toujours été sous l’influence d’une chaleur considérable, qui, bien qu’elle ait diminue avec celle de la surface du globe en général, produit encore une végétation beaucoup plus vigoureuse que celle que l'on rencontre en se rapprochant des pôles. Si .m examen attentif vient à montrer que sous les tropiques , à un certain terme de la série des terrains, les débris d’animaux et de végétaux ensevelis n’indiquent pas une plus haute température que ceux trouvés en Europe, ou sous toute, autre latitude plus ou moins élevée, dans le terme semblable de la série géologique générale, on devra en conclure que la cause de cette température uniforme a été intérieure et non extérieure; car, quelles que soient les positions relatives du soleil et de la terre, on ne comprend pas qu’il puisse en résulter une température égale, ou presque égale, sur toute la surface de notre sphéroïde ; tandis que l’on conçoit très bien la possibilité d’un pareil état de choses avec une chaleur intérieure capable de produire à la surface une température uniforme et en grande partie indépendante de la chaleur du soleil.
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dans les dépôts les plus récents de l’Italie, ou de préciser l’époque à laquelle des animaux marins, semblables à ceux qui existent maintenant dans la Méditerranée, ont été élevés à différentes hauteurs au-dessus de son niveau.
On sait que , dans les dépôts supracrétacés les plus récents des Apennins, que Ion appelle communément terrains sub-apennins , on trouve un mélange d’espèces analogues à celles qui vivent aujourd’hui dans la Méditerranée avec d’autres que l’on ne rencontre que dans les climats les plus chauds. Le dépôt observé par M. Vernon, dans le Yorkshire , se rapporte peut-être à cette époque; car on y trouve des coquilles terrestres et d’eau douce semblables à celles qui existent actuellement, quoiqu’elles soient mêléeg avec des ossements d’éléphants, etc. *.
D’après M. Élie de Beaumont, il existe, à V ouest des Alpes , dans les vallées de l’Isère , du Rhône, de la Saône et de la Durance, un vaste dépôt de cailloux roulés et de sables, qui se distingue facilement de celui qui accompagne les blocs de transport, et qui est plus ancien que ce dernier. Il n’est pas, en général, distinctement stratifié; mais il forme plutôt de grandes masses, qui ont quelquefois plusieurs centaines de mètres d’épaisseur. Les cailloux roulés proviennent tous des Alpes, et ils ne sont mêlés avec aucun fragment de roches éloignées. On trouve dans ce terrain du lignite qui présente tontes les apparences d’un dépôt formé lentement.
Dans le vallon de Roize , près Pommiers , aux environs de Grenoble, le lignite est supporté et recouvert par des cailloux roulés* il est lui-même renfermé dans une couche terreuse et à grains fins :’la masse charbonneuse est divisée en petites couches, entre lesquelles on trou ve un grand nombre de planorbes. M. Élie de Beaumont remarque que, dans les endroits où la masse est faiblement agglutinée les sables mêlés de mica rappellent fortement ceux que roulent maintenant le Rhône, l’Isère et la Durance. Ce sable devient quelquefois marneux et schisteux, et contient des fragments de lignite qui sou-
i P lui. Mag. et Annals of philosophy, 1859-1830. Quand nous avons à déterminer l’importance d’une découverte de débris de quelque espèce ou genre particulier d’animaux, non-seulement dans ces dépôts, mais en général dans tous les terrains fossilifères, nous devons avoir soin de nous rappeler que, dans la mer actuelle, on observe de grandes variations dans les espèces d’animaux qui l’habitent, lesquelles dépendent de la profondeur d’eau, de la force des marées ou des courants,' de l’exposition de la mei à de fortes tempêtes , de la nature du climat et de celle du fond dans des positions particulières. Par conséquent, si nous raisonnons d’après l’état présent des choses, nous ne pouvons pas nous attendre à trouver les mêmes et seulement les mêmes débris organiques ensevelis dans des dépôts contemporains sur une étendue considérable, car ce serait supposer que les mêmes conditions ont existé sur toute cette surface, supposition que l’on ne peut pas regarder comme probable.
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vent sont accumulés en quantité assez grande pour être exploites avec avantage : le lignite est renfermé entre des couches d’argile , de marne , ou de sable fin , alternant avec des cailloux roulés. Les lignites de Saint-Didier sont composés de troncs d'arbres aplatis, dans lesquels on peut encore distinguer la texture ligneuse. M. Ehe de Beaumont regarde ces lignites comme contemporains de ceux trouvés sur plusieurs points de la Savoie , à Novalèze, Barberaz, Bisses, Motte-Servolex et Sonnaz, près Chambéry. On peut suivre ce dépôt de cailloux et de sables dans la plaine de la Bresse ; on l’observe dans les escarpements des rives du Rhône, entre l’embouchure de l’Ain et Lyon , et on y retrouve lés mêmes caractères que dans le département de l’Isère. On peut très bien l’étudier près de Lyon ; on le voit aussi au pied du Jura, près d Ambronay et d Ambrutrix. On trouve près dtJjou (Isère) un dépôt de bois bitumineux, qui a été décrit par M. Héricart de Thury. Sous une masse de cailloux roulés et de marnes argileuses, on observe : 1° argile bleue; 2° lignite; 3° banc de cailloux; 4° argile bleue; 5° lignite; 6° argile bleue, contenant des branches, des troncs et des racines d’arbres, plus ou moins bien conservés; 7° argiles bleuâtres et rougeâtres ;V banc de bois bitumineux très épais et très compacte. Le premier banc de lignite contient quelquefois un mélange de cailloux et de nombreuses coquilles terrestres et fluviatiles.
AL Élie de Beaumont suit ce dépôt de cailloux dans d’autres directions, et il pense qu’il doit avoir été formé dans les eaux d’un lac peu profond qui a existé postérieurement au soulèvement des Alpes, de la Savoie et du Dauphiné, mais avant celui de la chaîne principale qui s’étend du Valais en Autriche. Les divers cailloux paraissent évidemment provenir des Alpes, et les dépôts de lignite semblent indiquer qu’ils n ont pas ete subitement transportes en une seule masse. Il est, par conséquent, naturel de conclure qu’ils ont été charriés par les torrents qui descendaient des Alpes jusque dans la position où nous les voyons aujourd hui. Le temps qu a dû exiger un pareil transport de galets a dû etre tics considérable; du moins, en ce qui concerne les lignites qui forment une partie de la masse’ nous ne pouvons pas nous empêcher d’admettre un mode de
formation graduel 1 .
Le même auteur remarque que cette masse de cailloux est très distincte de ces amas de cailloux alpins et de sables qui, sur les deux flancs de la chaîne des Alpes, constituent un dépôt considérable,
i Élie de Beaumont, Recherches sur les Révolutions du Globe ; Ann. des Sciences nat.,\ 829 et 1830, t. 18 et 49.
GROUPE SUPRACRÊTACÉ. 255
connu sous le nom de nagelfluhe et de mollasse , dépôt qui était non-seulement formé et consolidé, mais même soulevé avant le transport des cailloux et des sables dont il est maintenant question. Toutes ces observations, que M. Élie de Beaumont a faites dans une même contrée, sont d une haute importance; car il doit arriver fort rarement que le nagelfluhe et la mollasse, les cailloux et sables dont nous décrivons actuellement le dépôt, et les matières de transport du groupe des blocs erratiques, se rencontrent ensemble, comme il les a observés dans ces localités, et avec des circonstances qui permettent de les distinguer.
Il est naturel de présumer qu’avant la convulsion que l’on suppose avoir eu lieu lors du transport des blocs erratiques, il devait y avoir partout des marques de dégradations analogues et de nombreux amas de cailloux, de sables et d’argiles, charriés par les cours d’eau, et que, dans les localités où ces amas n’ont pas été emportés par les débâcles subséquentes, on doit souvent les observer sous les dépôts formés par ces débâcles.
On ne peut pas, pour le moment, fixer d’une manière précise l’âge de la célèbre formation qui contient le combustible dit boveycoal; mais il paraît convenable de placer ici sa description. Il est évident qu’une masse d’eau a passé sur sa surface, qu’elle a creusé des cavités dans l’argile, et a laissé dans quelques endroits un vaste dépôt de matières de transport; il est vraisemblable aussi que la masse de combustible s’est déposée tranquillement dans cet endroit. L’étendue qu’elle occupe est beaucoup plus considérable que celle qu’on lui assigne ordinairement, et il est certain qu’elle atteignait autrefois une plus grande hauteur qu’aujourd’hui , mais que sa partie supérieure a été enlevée par dénudation. Le principal dépôt de ce lignite se trouve à Bovey Tracy , dans le Devonshire , à l’extrémité nord-ouest de la formation. Sa partie supérieure se compose d’un sable quarzeux , provenant probablement du granite des environs, de fragments des roches les plus voisines, et de parties arrondies d’argile qui paraissent appartenir à l’argile qui accompagne la formation charbonneuse du bovey-coal.
A environ vingt pieds au-dessous de cette tête ( head ), ainsi que l’appellent les ouvriers, on trouve une alternative de lignites comprimés, d’argiles schisteuses [shale) ou d’argiles; la masse entière plonge vers le sud-est ou vers le sud-sud-est , sous un angle d’environ 20°. Le lignite est évidemment composé d’arbres dicotylédones, dont beaucoup sont noueux. On y a, par hasard, trouvé une graine intéressante.
On exploite d’autres parties semblables de ce même dépôt ; mais
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la substance la plus utile que l’on en retire est une argile qui est employée dans la poterie, et qui, dans quelques cas, est assez fine pour constituer celle que l’on appelle terre de pipe : on embarque tous les ans à Teignmouth des quantités considérables de ces deux variétés d’argile. Le lignite, tantôt en lits, tantôt en fra.D ments détachés, accompagne partout l’argile en plus ou moins grande abondance. Les débris d’animaux doivent y être excessivement rares } car, malgré des recherches assidues, je n’ai pas pu en trouver de traces, bien que j’eusse appris qu’on avait vu quelques coquilles près de Teignbridge.On a considéré ce dépôt, tantôt comme formant une partie des graviers de transport auxquels on donne le nom du diluvium , tantôt comme étant la représentation de 1 aigile plastique. Nous avons déjà vu qu’il existait avant le grand transport de cailloux qui a eu lieu dans ce district , et, d’un autre côté, il paraît plus récent que l’argile plastique -, car il y a de fortes raisons de supposer que des dépôts de l’époque de l’argile plastique ont autrefois recouvert la craie et le grès vert, qui sont aujourd hui si considérablement dénudés dans le Devonshire, comme nous le verrons plus loin. Il paraît assez probable que différentes ondulations de ce district ont été formées postérieurement au dépôt de la série de 1 argile plastique, et qu’alors elles ne différaient pas beaucoup de celles que nous voyons aujourd’hui, quoiqu’elles aient pu être depuis grandement modifiées. Le dépôt du bovey-coal paraît s’être formé dans une espèce de bassin, après que les collines et les vallons des environs ont eu pris leur configuration générale , car il suit exactement leurs sinuosités^ et quelquefois même il comble des vallées, comme, par exemple, à Aller Mills, près de Newton Bushel, où il est certain qu’il existait autrefois une vallée creusée dans le conglomérat du grès rouge , la grauwacke , le calcaire et la grauwacke schisteuse , vallée qui est maintenant remplie par une succession de lits de lignite et d’argile que l’on exploite. Dans cette même vallée ancienne, le dépôt a évidemment été, à une certaine époque, plus considérable qu’il ne l’est aujourd’hui, et il a dû être dénudé} car, d’un côté de la vallée, sur le Milber Down, et de l’autre, sur quelques collines, on trouve de grands amas de sables et de silex roulés : et, bien qu’une partie de ces matières puisse n être autre chose que des débris du grès vert , et peut-être aussi de la série de 1 argile plastique , le reste paraît avoir appartenu au dépôt charbonneux du bovey-coal.
La figure 31 représente une coupe de ces silex roulés et de ces sables grossiers, qui paraissent être le résultat de la trituration de fragments de quartz, de silex delà craie, et peut-être aussi de silex de
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grès vert (chert). Cette coupe est prise sur la partie du Milber Down qui est située en face de Ford.
Fig. 31.
aa> silex roulés 5 b 6, sable grossier. La disposition de ces deux expèces de matières indique un courant d’eau variable, et dont la vitesse n’a pas toujours été la même dans le même endroit. On peut voir un semblable mélange de sable et d’argile près d’Aller Mills.
En considérant l’ensemble de la formation du bovey-coal, il est difficile de douter qu’elle n’ait été déposée, comme nous l’avons déjà dit, dans une dépression qui existait antérieurement au milieu de diverses roches. La seule question qui reste à résoudre est celleci A quelle époque cette dépression s’est-elle formée ? Quant à moi, je pense que c’est après que l’argile plastique qui recouvrait la craie du côté de l’ouest a été soulevée. Toutefois, vu l’absence des preuves plus directes que fourniraient les débris organiques, je ne présente cette opinion qu’avec beaucoup d’hésitation; et de nouvelles observations sont nécessaires pour en prouver l’exactitude ou la fausseté *. Les détails que je viens de donner excèdent un peu les limites que m’impose l’étendue de cet ouvrage : mais la considération de l’importance géologique que présente la détermination de l’âge relatif des vallées de cette partie de l’Angleterre, m’a engagé à entrer dans ces détails qui peuvent provoquer des recherches ultérieures.
Au moyen de nouvelles observations faites avec soin, on parviendra, sans doute, à découvrir, dans diverses contrées, un grand nom-
ï D’après MM. Whileway et Kingston, qui ont eu le grand avantage de faire des observations locales continues, le dépôt de Bovey se compose principalement de cinq couches d’argile et d’autant de lits de gravier, dont le dernier varie en épaisseur de 50 à i 00 pieds. Les couches d’argile présentent des ondulations semblables aux vagues de la mer : le bovey-coal se trouve sous les quatre couches les plus occidentales; tandis que sous la plus orientale, ou sous la couche de terre de pipe (qui es! souvent exploitée jusqu’à 80 pieds de profondeur), on trouve du sable et du quartz blanc. Près de l’ext rémité^sud- est de Bovey Ileathfield (nom que l’on a donné à cette partie inférieure du district), le dépôt a été sondé jusqu’à une profondeur de 200 pieds sans qu’on l’ait travers é.—Nat.Hist. of Teignmouth, Tor Quay, Dawlis/i.e te., par Turton et Kingston,
brode passages d’un état différent de la vie animale et végétale à celui qui existe maintenant ; c’est surtout au moyen des debris d animaux marins, qui sont moins exposés à être détruits que ceux qui habitent les continents, que l’on pourra réussir a constater des transitions de ce genre. On a longtemps cru que les debris d empilants, de rhinocéros et de mastodontes , ne se rencontraient que dans les oraviers superficiels ; mais nous savons maintenant qu’on les trouve ensevelis plus bas dans la série des terrains, et qu’ils habitaient la surface du globe avant que les Palœotherium et quelques autres genres de mammifères eussent cessé d’exister. ^ .
’ On croyait autrefois que les terrains supracrétacés de Pans et de l’Angleterre représentaient tous les dépôts qui se sont formés entre la craie et l’époque actuelle. Les géologues ayant l’esprit fortement préoccupé de cette idée théorique, il était naturel qu’ils considérassent tous les dépôts supracrétacés ou tertiaires comme étant les équivalents de l’une ou l’autre des couches du bassin de Paris. On trouve fréquemment, dans l’histoire delà géologie, de pareils exemples de généralisations de circonstances locales : et c’est, en effet, ce qui doit arriver dans la marche progressive de toutes les sciences ; car, jusqu’à ce que nous ayons observé un grand nombre de faits, il n’y a rien qui puisse combattre ces opinions. De ce que nous sommes aujourd’hui en droit de repousser de pareilles généralisations, nous devons bien nous garder de conclure que notre perspicacité est plus grande que celle de nos prédécesseurs; car, en réalité, nous n’avons d’autre avantage que de posséder une plus grande masse d’observations, et d’être par conséquent en état d’en déduire une explication plus satisfaisante. Il est même avantageux qu on ait mis eu avant ces généralisations; car elles ont provoqué des recherches et ont probablement contribué, plus qu’on n’est souvent porté à le croire, aux connaissances que nous possédons actuellement, et qui nous mettent en état de juger que ces généralisations ne sont pas
admissibles.
Les dépôts de l’Italie, que l’on appelle communément terrains sub-apennins , parce qu’on les rencontre dans la partie inférieure des Apennins , ont été cités comme présentant de bons exemples d’un passage de l’état actuel des choses à un autre état dans lequel les animaux étaient un peu différents. Il y a lieu de penser que c’est avec raison; car, parmi les coquilles que l’on y rencontre, il y en a quelques-unes qui ressemblent tout à fait à celles qui existent maintenant dans la Méditerranée , tandis qu on en trouve aussi d’autres dont les analogues ne paraissent vivre que dans des climats plus chauds, ou qui sont entièrement inconnues.