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naturellement le présumer; car on ne saurait concevoir, surtout pour les animaux marins, une destruction totale des êtres organisés existants à une certaine époque , ce qui obligerait üe supposer qu’il y a eu ensuite une nouvelle création de tous les êtres. Une pareille supposition s’accorderait difficilement avec ce que l’on observe pour d’autres terrains , comme nous le verrons dans la suite. Nous ne contestons pas qu’en un grand nombre de points, en Europe, il n’y ait réellement une grande différence spécifique entre les fossiles du groupe supracrétacé et ceux du groupe immédiatement inférieur; mais nous nous bornons à penser que , de ce fait seul que l’Europe nous offre deux classes de terrains que l’on a pu. distinguer essentiellement l’une de l’autre , d’après l’ensemble de leurs débris organiques, en nommant Tune tertiaire et l’autre secondaire , il ne s’ensuit pas nécessairement que , dans d’autres parties de la surface du globe, le même ensemble de terrains ne puisse constituer une série dans laquelle il soit impossible de tracer des lignes de démarcation. Qu’une révolution subite bouleverse l’Europe, il est probable que tous les animaux terrestres et d’eau douce, ainsi que tous les végétaux, seront détruits. Supposons même, pour donner plus de force à cet argument, que les animaux qui peuplent nos mers périssent 'également -, en résultera-t-il nécessairement que les mers et les terres de l’Australie seront également dépeuplées de tous leurs habitants? Ne devons-nous pas présumer, au contraire, que si, lors de cette catastrophe supposée, il se déposait des terrains dans l’Australie, les mêmes corps organisés y seront ensevelis aussi bien pendant et après la destruction de la vie organique en Europe qu’auparavant, et que les terrains qui se formeront alors ne présenteront aucune différence, sous le rapport géologique, avec ceux qui avaient été antérieurement formés? Il est sans doute impossible de douter que, dans une même contrée, de grands changements n’aient eu lieu, et quelquefois subitement, dans la nature des débris organiques qui y sont enfouis; mais nous sommes encore loin d’avoir des idées bien exactes sur ce sujet. On conçoit difficilement comment il aurait pu arriver des changements brusques dans les coquilles marines de certains dépôts, lorsque rien n’indique qu’ils aient pu être le résultat de quelque violente révolution. Car, quoique la destruction de tousles animaux terrestres ou d’eau douce puisse s’expliquer naturellement par une invasion de la mer, due au soulèvement subit d’une chaîne de montagnes voisines ou à quelque autre cause , il est difficile de comprendre que cette cause puisse entraîner un changement total dans le caractère des animaux marins.
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Le professeur Sedgwick et M. Murchison, parcourant en 1829 diverses parties des Alpes de l’Autriche et de la Bavière, y ont découvert une série de couches qu’ils se croient fondés à regarder comme intermédiaires entre la craie et les terrains supracrétacés jusqu’ici connus, et qui formeraient ainsi une sorte de passage entre les terrains qu’on a appelés secondaires et tertiaires , quoique néanmoins elles appartiennent plutôt à ceux-ci, étant supérieures au véritable terrain de craie. Cette opinion a été mise en doute, surtout par le docteur Boué , qui prétend que les terrains en litige appartiennent au groupe crétacé. D’après les deux auteurs d’abord c i tés ? la vallée de Gosau 9 dans les Alpes du Salzburg, présente un bon exemple de ce qu’ils ont avancé. Sur l’un des flancs de cette vallée, qui est élevée d’environ 2,600 pieds au-dessus du niveau de la mer, on ’soit ces couches nouvelles tout à coup en contact avec des terrrains plus anciens. Voici la coupe de ces couches à partir du sommet.
1. Un giès micacé schisteux rouge et vert, de plusieurs centaines de pieds d’épaisseur. ( Sommet du mont Horn. )
p1' ^j11 S1 es micacé , mêlé de gravier, que l’on exporte au loin comme pierre à aiguiser, et qui est suivi par des marnes sablonneuses jaunâtres. ( Ressenherg .)
3. Ln dépôt considérable de marnes bleues coquillières qui alternent avec d’épaisses couches de calcaire compacte et de grès calcaire. Les couches supérieures présentent des empreintes végétales peu distinctes, et la partie moyenne ainsi que la partie infélieure contiennent une prodigieuse quantité de débris organiques parfaitement conservés ‘. Les fossiles trouvés dans les couches inféi ieures douent être rapportés, d’après AIM. Sedgwick et Murchison, au groupe crétacé, tandis que ceux des marnes bleues qui sont au-dessus se rapprochent tellement d’un grand nombre d’espèces des formations supracrétacées tertiaires ou inférieures, qu’on ne peut se refuser à regarder tout ce dépôt comme intermédiaire entre la craie et les terrains considérés jusqu’ici comme tertiaires 2.
Le docteur Boué ne considère pas le dépôt de Gosau comme
1 Proceedings of the Geol. soc., novembre 1829.
. 2 Les différents travaux du professeur Sedgwich et de M. Murchison sur les Alpes, ainsi que les figures des fossiles par eux découverts à Gosau, seront insérés dans la seconde partie du vol. ni des Geol. Trcms., 2e série.
Nous donnons ici, d’après ces deux savants géologues, la liste des fossiles qu’ils ont recueillis a Gosau et dans d’autres dépôts analogues observés dans les Alpes. Les diverses localités seront indiquées par des lettres ainsi qu’il suit : G, Gosau; Z , 7Jami M> Marzollj R, ff inter Reutter T, Traunstein (Bavière); W, Bords
3,30 GROUPE SUPRACRETACÉ.
un terrain supracrétacé ou tertiaire, mais comme faisant partie de
ces terrains crétacés qui s’étendent , le long des Alpes , depuis
du TV and. (Cette liste, qui n’est point dans l’original anglais, a été envoyée par l’auteur au traducteur.)