I.A QUESTION DES OPTANTS SLESVICOIS
L'étude qui précède a été publiée à part en langue allemande, dans un livre paru pendant l'été 1904' et qui a été distribué à un grand nombre d'hommes politiques et de juristes allemands. Détail bien significatif, aucun libraire allemand n'a voulu se charger de la vente de ce livre ni à plus forte raison le prendre en commission. Dans un compte-rendu que publia la »Zeitschrift fiir die Geschichte der Herzogthûmer Schleswig-Holstein und Lauenburg* (t. XXXIV, p. 230—235), un «assesseur du gouvernement* * prussien, M. P. von Hedemann, a essayé d'attaquer l'exposé que j'avais donné du contenu du droit d'indigénat réservé aux optants; mais j'ai réfuté cette critique dans un article des »Sonderjyske Aarbager* (1905, p. 110-158). Du reste aucun savant allemand, aucun juriste de profession n'a tenté de discuter avec moi et de contester la justesse de mes théories. Mais il y a des cas où le silence est une opinion !
Quant à la situation des optants et à la manière dont ils sont traités, aucune amélioration ne s'est produite depuis la publication de mon livre. Parmi les enfants d'optants >sans patrie*, que l'on convoque régulièrement au conseil de révision, on continue à en naturaliser seulement quelques-uns: ces privilégiés sont reconnus Prussiens moyennant une indemnité de 50 marks et après que l'administration prussienne s'est assurée de leur parfait loyalisme. Les autres demeurent à l'état de «Heimatlose*.
Il faut enfin que je dise une chose qu'il m'a été impossible de dire avec la même netteté dans le livre allemand: c'est que les procédés brutaux de l'administration allemande vis-à-vis des sujets danois du Slesvig septentrional sont sans exemple dans les relations entre puissances civilisées et amies; on leur chercherait en vain des parallèles, de même qu'on chercherait en vain dans le droit des gens une prescription qui les excuse.
1 Die Nordschleswigsche Optantenfrage. von Henning Maizen. Copenhagen 1904,
' .Regierungsassesson. HENNWG MaTZEN
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