‹ Manuel historique de la question du Slesvig; documents, cartes, pièces justificatives et renseignements statistiques, publié sous la direction de Franz de JessenChapitre 41 sur 102 · SÎ · texte numérisé non relu

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Royaume de Danemark .

A la date du 1" février 1890 la population du Danemark comprenait en tout 2. 182.410 individus des deux sexes; sur ce nombres 70.91; étaient nés en dehors des frontières actuelles du royaume; le nombre des Slesvicois était de 20.824, ce'u> des individus nés dans le reste de l'Empire allemand était de 10.283.

Reunsemenl du 1" février 1890

Nés en Slesvig

Nés dans le reste de l'Allemagne

Hommes

Femmes

Hommes

Femmes

Villes de province ....

Royaume de Danemark .

En 1850, lorsqu'on recueillit pour la première fois dans un recensement des données sur le lieu de naissance des habitants, on ne trouva dans le royaume que 12.388 individus nés en Slesvig, et ce chiffre est encore trop élevé, car l'état de guerre et notamment les garnisons avaient drainé d'une façon anormale une partie des Slesvicois en Danemark, et de plus des districts épars du Danemark proprement dit formaient alors — comme il a été expliqué dans le chapitre précédent sur la paix de Vienne et la carte spéciale des frontières nouvelles — des enclaves dans le Slesvig sans être séparés par des frontières bien nettes des régions adjacentes du duché. En 1870 le nombre des Slesvicois s'était élevé à 20.830. Il s'est donc produit dans l'intervalle une immigration importante, sans doute pendant toute la période, mais principalement après 1864. De 1870 à 1880 l'accroissement a été de 1.177, ce qui

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représente un chiffre minimum d'immigration stesvicoise pendant ces dix années, car il faut y ajouter le nombre des individus décédés au cours de cette période. En 1890 le chiffre était moins élevé qu'en 1880, mais il était encore aussi grand qu'en 1870; les individus morts au cours de ces vingt années ont donc été remplacés par de nouveaux immigrants qui se sont établis dans le royaume, tandis qu'un grand nombre des Slesvicois immigrés pour un temps déterminé sont retournés dans leur patrie. Le nombre des Slesvicois est double de celui des immigrants provenant du reste de l'Empire allemand. Les Slesvicois vont de préférence aux districts ruraux, et notamment en Jutland. Le nombre des individus de naissance allemande a diminué pendant la période de 1880 à 1890, tandis que ie nombre des étrangers allait par ailleurs en augmentant: cet apport nouveau vient principalement de la Suède.

Au dernier recensement du t" février 1901, dont les résultats ne sont pas encore entièrement publiés, le nombre des individus nés en Slesvig et établis dans le Danemark proprement dit, était de 23.670, savoir 11.70e hommes et 1 1.964 femmes. Le nombre des Slesvicois se trouve par conséquent dans les onze années de 1890 a 1901 augmenté de 2.846. Parmi ces Slesvicois immigrés en Danemark n. 81 2, soit environ la moitié, se sont établis dans les départements-frontière de Ribe et Vejle.

Statistique morale.

Ii y a dans la statistique démographique un chapitre très sujet aux controverses, mais extrêmement intéressant, c'est la statistique morale, qui a pour tâche d'employer l'observation des grandes masses dans le domaine de la morale. Le terme de 'statistique morale est d'ailleurs assez mal choisi, car la plus grande part des données que cette statistique compte et enregistre sont des actes immoraux; mais comme le terme a reçu droit de cité, nous n'avons aucune raison pour nous écarter ici de l'usage.

Pour apprécier l'état moral d'une population, la fréquence plus ou moins grande des naissances illégitimes a une importance réelle, à condition que l'on procède avec prudence aux comparaisons. Ainsi il ne convient pas d'étendre la comparaison à des pays où les coutumes et la législation du mariage sont différentes, pour tirer de la fréquence relative des naissances illégitimes des conclusions sur le niveau moral de la population. Même à l'intérieur d'un domaine aussi restreint que celui du Nord-Slesvig, on doit peser avec soin les conclusions à tirer des chiffres, avant de pouvoir poser un résultat comme certain. Si par exemple la ville de Flensborg présente un nombre de naissances illégitimes relativement faible en comparaison de la plupart des autres villes du Slesvig septentrional, il n'est pas pour cela démontré que la moralité y soit en fait supérieure. Si l'on considère que vers 1886 — 1894 il s'est produit

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annuellement, d'une façon constante, de i à 2 décès par suite de syphilis dans la ville de Flensborg, alors que ce genre de décès ne se produisait que sporadiquement dans les autres villes, on est amené à penser que le faible chiffre des naissances illégitimes à Flensborg est peut-être dû à d'autres causes qu'a la chasteté des moeurs.

Au cours de la période quinquennale de 1867 a 1871, le nombre des naissances illégitimes a été respectivement 469, 440, 492, 473 et 399, au total 2.293, so'1 une moyenne de 458,6 par an.

Pour pouvoir apprécier ces chiffres, il importe de les comparer au nombre total des naissances (voir plus haut, p. 327). Il résulte de cette comparaison que dans la période quinquennale susdite il y avait en Slesvig sur 100 naissances 7,*e illégitimes.

Vingt ans plus tard, dans la période quinquennale 1887 — 91 les chiffres absolus des naissances illégitimes ont été respectivement: 483, 465, 44e, 436 et 477, en tout 2.307, en moyenne annuelle 461,4. Sur le nombre total par années, il s'est produit respectivement 162, 145, 135, ijo et 161 naissances illégitimes (en tout 753) dans les villes et bourgs.

Par cette répartition des matériaux statistiques, il devient possible d'obtenir séparément le pourcentage pour ies villes et pour la campagne; et on arrive ainsi à ce résultat général que la proportion dans les villes est sensiblement plus forte que dans les districts ruraux, savoir 7,»o contre Si«>. En revanche pour les villes et les campagnes réunies la proportion a été de 6,1» D/o, c'est-àdire qu'elle a été plus faible que vingt ans auparavant. Cependant il faut remarquer que, comme nous l'indiquions précédemment, la population urbaine du département de Flensborg nous montre une proportion encore inférieure à celle des districts ruraux, soit s,m'/0; la proportion est donc d'autant plus élevée pour le reste de la population urbaine du Nord-Slesvîg, soit 9,»i% sur le nombre total des naissances.

Il n'y a guère de travail statistique qui offre autant de difficultés que le compte exact et complet des cas de suicide; les chiffres officiels ne sont que des chiffres minima, et à cela s'ajoute que dans la plupart des endroits on ne tient aucun compte des tentatives de suicide, bien qu'elles aient au point de vue de la statistique morale à peu près la même valeur que les suicides consommés.

Au cours de la période quinquennale 1867 — 71 les chiffres des suicides dans le Nord-Slesvig ont été respectivement de: 53, j8, 86, 63 et $0, soit une moyenne de 62 par an. Si maintenant on compare cette moyenne annuelle avec la population moyenne du Nord-SIesvig pendant la même période quinquennale, on obtient la proportion de 2,5 sur 10.000. Pour tout le royaume de Prusse on n'a pas dressé de statistique complète des suicides avant l'année 1869. Or sur 10.000 décès survenus en 1869 la statistique officielle enregistre 1,1 suicides, en 1870: 1,1 et en 1871 : 1,1. On voit par la que le nombre des suicides pour le Slesvig septentrional a été sensiblement plus élevé que la

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moyenne de l'État prussien tout entier. Le rapport s'est quelque peu modifié vingt ans après. Au cours de la période quinquennale 1887 — 91 le nombre des suicidés en Nord-Slesvig a été respectivement de: 57, ji, SS» ^7 rt 53» dont 12, 12, 15, 17 et 12 étaient des femmes. La moyenne annuelle de 2,sb sur 10.000, que nous obtenons en rapprochant les chiffres absolus du chiffre de la population en 1S90, nous montre que le nombre des suicides s'esi maintenu à peu près sans changement dans le Nord-Slesvig, tandis qu'à la même époque la moyenne de la Prusse entière s'est élevée à 2,0. Ce fait a d'autant plus de valeur qu'on a d'ailleurs constaté pendant la dite période une progression continue du nombre des suicides dans tous les États européens à l'exception de la Norvège.

On a procédé a une répartition par sexes, qui démontre la moins grande fréquence des suicides chez les femmes; le rapport entre les suicidés de sexe masculin et ceux de sexe féminin a été à peu près celui de 4 à 1, la moyenne annuelle pour chacun des sexes ayant été respectivement de v* et de i,w.

Pour ce qui est de l 'ivrognerie, les femmes constituent également une très petite minorité. En 1887 — 91 dans les départements slesvicois il est mort en tout 67 personnes du delirium tremens, et sur ce nombre on ne comptait que 3 femmes.

La consommation de l' eau-de-vie dans la province de SIesvig-Holsten pendant les années 1872 — 75 a été évaluée à 5,1—5,-* litres annuellement par individu: consommation assez faible en comparaison avec le Brandebourg, les provinces de Posen et de Saxe, qui oscillaient entre 20 et 33 litres [cf. Dr. A. Baer: Der Alkoholismus, etc. , Berlin 1878].

Les comparaisons deviennent particulièrement difficiles dans le domaine de la statistique criminelle; une comparaison pure et simple entre les chiffres officiels de pays qui ont une justice et une législation criminelle toutes différentes, aboutirait à beaucoup d'erreurs. Il faut donc se borner à confronter les chiffres criminels du Nord-Slesvig avec les chiffres correspondants pour la province de SIesvig-Holsten et pour le royaume de Prusse tout entier. Afin d'éviter l'influence troublante des accidents sur les données numériques, nous avons choisi des moyennes pour une période de 15 ans, — ce qui devient nécessaire en particulier lorsque le Nord-Slesvig est séparé de la province entière. On a souvent dit que la population du SIesvig septentrional était de toute la Prusse la plus obéissante aux lois; un examen de la statistique criminelle démontre suffisamment que ce n'est point la un éloge en l'air. Au cours de la période 1883 — 97 la moyenne annuelle des individus condamnés pour crimes et délits contre les lois allemandes (excepté seulement les délits d'infractions au service militaire) a été de 37,1 sur 10.000 personnes civiles responsables, — c'est-à-dire âgées de 12 ans et au-dessus; par contre dans le SIesvig-Holsten le chiffre correspondant était de 75,0 et il atteignait no,s pour tout le royaume de Prusse.

Il faut noter particulièrement que les cas de violences graves et de vol dans le Nord-SIesvig étaient incontestablement plus rares que dans la province entière de Slesvig-Holsten, et plus rares dans cette dernière province que dans l'ensemble du royaume de Prusse ; dans la période ci-dessus désignée, les chiffres proportionnels ont été respectivement pour les trois domaines comparés: 3,0; 8,s; 17,5 (pour violences graves) et 11,*; 19,*; 28,1 (pour vol). De plus, parmi tous les districts ruraux de l'Allemagne entière, c'est le département d'Aabenraa qui présentait la proportion la plus faible pour les violences graves, savoir 2,0.

Même pour certains cas de délits où la province de Slesvig-Holsten avait par exception une proportion plus forte que la moyene de la Prusse entière, le chiffre proportionnel du Nord-SIesvig se tenait très sensiblement au-dessous de la moyenne; nous faisons notamment allusion aux violences et menaces contre des fonctionnaires: dans ce cas les chiffres proportionnels pour la province de Slesvig-Holsten et pour le royaume de Prusse étaient respectivement de ï,b et 4,>, tandis que pour le Slesvig septentrional la proportion n'était que de 2,1 sur 10.000 individus responsables de la population civile.

Répartition de la population d'après les professions.

A cause de l'intérêt social qu'il y a a connaître la composition d'une population d'après les diverses professions, nous donnons ici un aperçu de la répartition de la population nord-slesvîcoise en six groupes principaux d'après les renseignements donnés par trois recensements complets ponant sur les moyens d'existence et effectués depuis 1864.

Catégories professionelles

: Recensement du î déc. 1867

Recensement du ; juin 1882

Recensement

du i4Jutn 1895

A. Agriculture. Sylvicultureetpêche

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