LA PARURE DE STRÀRUP
Il faut attribuer à peu près à la même époque que les inscriptions de Torsbjferg l'inscription que nous lisons sur une parure en or (diadème ou collier) découverte en 1 840 aux environs de Strârupgârd dans la paroisse de Dalby qui Elisait alors partie du canton de Tyrstrup, département de Haderslev et qui appartient maintenant au canton de Nôrre Tyrstrup, départ, de Vejle. Nous reproduisons p. 12 cette parure à demi-grandeur.
L'inscription, en runes déliées, est gravée comme a l'ordinaire sur la surface interne, qui est unie. Nous lisons:
rnm*
La seconde rune a exactement la même forme que la rune de Ve sur la bouterolle de Torsbjasrg et elle doit également représenter la lettre e, qui a par ailleurs, dans les inscriptions en runes anciennes, la forme régulière de fi' Nous pouvons donc transcrire ainsi :
lepro
On doit chercher dans ce mot un nom de femme, perdu par la suite, et qui devait certainement prendre en vieux nordique la forme LeOra. Cette hypothèse est appuyée d'une façon certaine par l'inscription lue sur la fibule de Himlingôje (canton de Bj^everskov, dép. de Prœsto) en Séeland, laquelle porte
incontestablement le nom de femme hariso. Sur la parure de'Strârup comme sur l'agrafe de Himlingôje nous trouvons donc le nom de la propriétaire (au nominatif), ce qui est aussi le cas pour l'agrafe de Friedberg, tandis que les deux agrafes hongroises de Bezenye portent, selon mon interprétation, les noms des femmes qui avaient offert les objets à une de leurs coreligionnaires (cf. De tyske runemindesma;rker, p. 23 sqq.).