‹ Manuel historique de la question du Slesvig; documents, cartes, pièces justificatives et renseignements statistiques, publié sous la direction de Franz de JessenChapitre 50 sur 102 · A. ADMINISTRATION DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

A. ADMINISTRATION DE L'ÉGLISE

Le fondement du droit ecclésiastique du Slesvig se trouve dans l'ordonnance 1 ecclésiastique des Duchés (9 mars 1542) qui fut adoptée par le roi Christian III et les États au Landtag de Rensborg et appliquée aux deux Duchés à l'exception des districts slesvicois qui depuis longtemps avaient dépendu des diocèses royaux.

Après l'annexion à la Prusse des provinces conquises, l'ordonnance royale du 24 septembre 1867 créa un consistoire évangélique-luthérien avec Kiel pour siège. Deux ans plus tard, le roi de Prusse, en qualité de chef suprême de l'Église, publia l'ordonnance du 16 août 1869 sur les paroisses. En 1876, elle fut revisée et devint une ordonnance sur les paroisses et les synodes; le 6 avril 1878, elle était élevée au rang de loi. Aujourd'hui, c'est sur cette loi que repose l'administration de l'Église là où la langue de l'Église est le danois aussi bien que là où elle est l'allemand.

Les paroisses luthériennes du Slesvig et du Holsten règlent elles-mêmes leurs affaires dans les limites tracées par la loi. Les organes de cette administration ecclésiastique directe sont en première ligne le conseil de fabrique et le conseil de paroisse. Le conseil de fabrique se compose du pasteur de la paroisse ou de son vicaire et de marguilliers élus par le conseil de paroisse, au nombre de 4 au moins et de 10 au plus. Le conseil de paroisse se compose du conseil de fabrique et de représentants des paroisses élus par celles-ci, au nombre de 12 au minimum et de 30 au maximum. Le conseil de fabrique représente la paroisse tant pour les questions extérieures que pour les questions intérieures. Comme le conseil de paroisse, il a pour tâche de favoriser la vie chrétienne de la paroisse, de combattre tout ce qui peut abaisser le niveau moral des paroissiens et de veiller à la sanctification du dimanche.

Pour ce qui concerne l'administration de l'Église, le pays est encore divisé en districts décanaux. Les districts décanaux du Slesvig septentrional sont les suivants: Haderslev, qui compte 26 communes; Torninglen, qui en compte 23; Àbenrâ, qui en comprend 18; Sonderborg, qui en comprend 19, et Narre Tonder, qui en compte 29. Dans chaque district décanal il y a un synode de district qui est constitué par le doyen, comme président, et par tous les pasteurs du district, qu'ils soient nommés à titre définitif ou qu'ils soient suppléants, et par un nombre double de laïques. Le synode de district, qui est convoqué par le doyen en assemblée publique tous les deux ans, examine la situation du district au point de vue ecclésiastique et moral.

prend soin des intérêts de l'Église et envoie des vœux au consistoire et au synode général. En outre, il contrôle les prêtres du district, les marguilliers et les représentants des paroisses, il a sur eux le droit de remontrance et d'avertissement, et il peut soumettre des questions aux autorités préposées à la discipline. Enfin c'est lui qui élit le comité synodal du district qui se compose du doyen, président de droit, et de quatre autres membres, dont un au moins appartient à la prêtrise.

L'Église évangélique luthérienne dans le Slesvig et le Holsten est encore représentée par le synode général qui se compose des deux surintendants généraux des duchés, de huit membres choisis par le roi, d'un membre de la Faculté de Théologie de l'Université de Kiel et de pasteurs et de laïques élus par les synodes de district. Le synode général, qui se réunit tous les trois ans, a pour tâche de discuter et de prendre des résolutions concernant toutes les questions ecclésiastiques, qui sont présentées par ses membres ou par les synodes de district ou par le consistoire. Le Slesvig du Nord est en général représenté au synode général par sept laïques danois et quelques prêtres danophiles. Ce résultat est dû aux élections des synodes de district où les laïques danophiles sont en majorité.

Les questions concernant les prêtres et leur ministère sont réglées par le Consistoire évangélique luthérien cité plus haut et qui est commun aux deux Duchés. Il se compose d'un président du consistoire qui n'est pas un ecclésiastique, des deux surintendants généraux du Slesvig et du Holsten et de cinq conseillers de consistoire. Le Consistoire est à son tour subordonné au Ministère des Cultes prussien de Berlin.

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