‹ Manuel historique de la question du Slesvig; documents, cartes, pièces justificatives et renseignements statistiques, publié sous la direction de Franz de JessenChapitre 7 sur 102 · JAVELOTS A RUNES PROVENANT DE LA TOURBIÈRE · texte numérisé non relu

JAVELOTS A RUNES PROVENANT DE LA TOURBIÈRE

DE NYDAM

On connaît les beaux résultats des fouilles entreprises de 1859 à 1863 dans

la tourbière de Nydam en Sundeved: les trouvailles abondantes qu'on y a

faites concordent sur beaucoup de points avec celles de Vimose en Fionie, et

elles sont certainement d'un demi-siècle au moins plus jeunes que celles de

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Torsbjierg: nous les rapportons par conséquent à ta dernière partie du Ve siècle. Elles comprennent quelques objets avec runes, savoir des hampes de javelots en bois. Mais tandis que labouterolle de Torsbjœrg contient une in. scription complète, compréhensible, on n'a gravé sur les bois de lances de Nydam qu'une ou deux runes, — trois au maximum.

L'un d'eux porte un Y, un autre un 1, un troisième le signe i , — sans doute une ligature (»biuderune«) pour 11, et un quatrième les trois runes 1H1. Nous avons certainement ici des exemples de l'usage magique des runes: j'en ai parlé il y a longtemps dans »De aeldste nordiske runeindskrifter*, p. 26 sqq., dans Aarb. f. nord. Oldlc. og Hist. 1867 (cf. Die runensch. p. 57 spp.j note 5). On comprendra l'usage auquel étaient destinées les runes de nos javelots si l'on se reporte au texte suivant (Sigrdrifumàl, str. 6) :

Sigrûnar skaltu kunna, efpti viil sigr hafa, ok rista à h/alti hjars, stimar à vêtlrimum, sumar à valbostum ok nefna tysvar Tj}.

Traduction: >I1 te faut connaître les runes du combat, — si tu veux être vainqueur, — et les graver sur la poignée de l'épée, — quelques-unes sur la lame, — quelques-unes près de la pointe, — et nommer deux fois Ty«.

S. LA CORNE D'OR DE GALLEHUS Le plus remarquable de tous les monuments runiques slesvicois en runes anciennes est certainement la fameuse corne d'or qui fut trouvée le 21 avril 1734 par un pauvre paysan, Jerk Lassen, dans le village de Gallehus, tout près de Megeltonder. D'après le compte-rendu de la trouvaille, cène corne fut découverte à quelques pas seulement de l'endroit où un siècle auparavant (le 20 juillet 1639) la jeune paysanne Kristine Svensdatter avait trouvé une corne semblable sans inscription. Malheureusement ces deux cornes, qui auraient été le plus bel ornement du Musée National danois, furent enlevés le 4 mai 1802 au Cabinet Royal d'objets d'art (sKunstkammer*) par un voleur qui les fit fondre. Ce Musée ne possède plus maintenant que les copies en argent doré dues à la munificence du roi Frédéric VIL Pour les étudier scientifiquement on est donc obligé de s'en tenir aux reproductions et descriptions anciennes, lesquelles ne présentent pas naturellement dans les détails toute l'exactitude et la précision qu'on exige de nos jours. Mais cette remarque s'applique surtout aux représentations figurées de ces cornes et à leurs particularités archéologiques; car en ce qui concerne l'inscription runique, qui était extraordinairement nette, il n'y a d'hésitation possible sur la forme et la valeur d'aucun des signes.

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