VICTOIRES DE MASSÉNA ET DE BRUNE (SEPT
victoire d’i^boukir (25 juillet 1799). On prétend qu'un mois avant cette victoire, il aurait écrit, le 28 juin, à Paris une lettre désespérée, véritable cri de détresse qui ne pouvait être entendu. La lettre, publiée en Angleterre, a paru suspecte : ce qui est certain, c’est que, depuis le mois de mai, l’entreprise d’Égypte était définitivement condamnée par le Directoire, préoccupé seulement de recouvrer les troupes et les généraux si maladroitement engagés. L’ordre formel en avait été donné à la flotte de Bruix : Talleyrand proposa aux Turcs, en septembre, d’évacuer l’Egypte s’ils voulaient permettre le retour de Bonaparte et de ses soldats. Cette guerre coloniale ne devait être que stérile : elle pouvait, en outre, par les haines qu’elle avait amassées, par les forces qu’elle immobilisait, devenir fatale.
Jamais, depuis les grands désastres de 1793, la France n’eut plus de dangers à courir qu’au printemps de 1799. Tandis que Bonaparte s’enfonçait en Asie Mineure, de tous les points de l’Europe, Russes, Autrichiens, Anglais s’avançaient, en une foule à n’être pas arrêtée, plus de 350000, par la Hollande, l’Allemagne, l’Italie, la Suisse, sur nos frontières. Jourdan était battu à Stokach par l’archiduc Charles (22 mars 1799); Moreau à Cassano (27 avril); Macdonald sur la Trebbia, par les Russes; Joubert tué à Novi (15 août 1799). La République était réduite au Rhin, aux Alpes : au delà, il ne lui restait que le camp retranché de Suisse, d’où Masséna épiait habilement ce qui se passait au nord et au sud. L’armée de Masséna et de Lecourbe sauva le Directoire des catastrophes qu’il avait préparées : celle de Brune à Bergen lui conserva la Belgique (septembre 1799).
. Si les alliés avaient été unis et forts, les victoires de Zurich et de Bergen n’auraient peut-être encore été qu’une trêve. Mais au lendemain de ce grand effort il se passa ce qu’on avait vu après Valmy. Les Russes avaient fait comme les Prussiens les frais de cette campagne : Souwarow avait été comme le Brunswick de la nouvelle coalition. Son maître, ainsi que Frédéric-Guillaume III,