PAIX DE LUNÉVILLE (9 FÉVRIER
le droit pour la France de dédommager les princes allemands par la sécularisation des domaines ecclésiastiques. Après bien des résistances, TAutriche avait cédé : la paix était conclue à Lunéville (9 février 1801). Le siècle nouveau s’ouvrait pour elle par la défaite la plus complète qu’elle eût subi dans tout le courant du siècle précédent. Jamais elle n’avait été obligée de souscrire à un pareil traité.
Pour la France, il était moins avantageux qu’il ne paraissait, quoiqu’elle fût victorieuse et l’imposât. Le droit qu’elle acceptait, et revendiquait même, de procéder au delà du Rhin à un remaniement général des territoires et des conditions ét.-iit la concession la plus dangereuse qu’on pût lui faire. Heureuse d’avoir terminé cette guerre, elle s’en préparait de nouvelles inutilement. Et pourtant, dans l’état où l’avaient placé les dernières victoires de ses armées, elle n’eût pas accepté de traiter autrement. Les Français, à la fin de la Révolution, se faisaient de la paix extérieure une même idée que de la paix intérieure. Ils ne croyaient ni l’une ni l’autre possibles sans l’affirmation de certaines conquêtes, indispensables à leur sûreté ou à leur gloire, l’égalité au dedans; au dehors, les frontières naturelles du Rhin, et une organisation de l’Allemagne dirigée contre les Habsbourg. Ces garanties leur semblaient, contre le retour de l’ancien régime ou des dangers passés, nécessaires à l’existence nationale qu’ils s’étaient donnée. Pour leur plaire et pour assurer son pouvoir, Bonaparte les leur procura à Lunéville,
Les plans qu’il méditait l’obligeaient à ces complaisances. Le concours matériel de la France ne pouvait suffire à ses ambitions ; il fallait qu’elle lui appartînt moralement tout entière et pour longtemps.
Au lendemain de la fiaix de Lunéville, son œuvre se dessine comme une vaste entreprise contre l’Angleterre. Contre elle, les flottes frança ses sont appelées à occuper les positions que l’Italie possède sur la Méditerranée, les ports de Toscane, ceux de l’Etat Romain, avec qui le Premier Consul se réconciliait et négociait le Concordat (2o mai 1800 au