‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 118 sur 360 · PROFITS DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

PROFITS DE LA FRANCE

pens des faibles. Il pactisait avec la France qui lui livrait ses alliés, traités en vaincus.

Ce fut la France, en définitive, qui profita le plus largement alors de ces remaniements. A l’école des rois du dix-huitième siècle, les politiques républicains, qui avaient dirigé ses conquêtes, avaient pris des leçons utiles et fait de rapides progrès. Leur entente avec les Habsbourg et les Hohenzollern, avec les princes, leurs émules d’Allemagne, avait rapporté gros : l’occupation de la rive gauche du Rhin et la moitié de l’Italie. Sur le Rhin c’était une vraie conquête, sur le Pô une conquête indirecte.

Les événements qui s’accomplirent à Lyon le 25 janvier 1802 donnèrent à cette dernière œuvre son véritable caractère. La République Cisalpine reçut de la Consulte de Lyon le titre de République italienne et une constitution presque monarchique qui la remettait aux mains de Bonaparte, devenu son président. Sous cette forme de l’union personnelle réalisée par le Premier Consul, elle était rattachée à la France. Il en fut à peu près de même de la Toscane, constituée en royaume d“Étrurie au profit d’un Bourbon d’Espagne, duc de Parme, enfant mineur dont Bonaparte s’était fait le tuteur et le protecteur. Le Premier Consul commandait à Florence, comme à Milan, et son pouvoir livrait à la France l’Italie. Depuis longtemps déjà, la Belgique était purement et simplement annexée, comme la Savoie et Nice : elle recevait en 1801 une organisation définitive en départements. Les Habsbourg, dépossédés, avaient reçu Venise en échange. Aux Anglais, qui se plaignaient encore de nous voir maîtres de « cette côte importante », pour eux très gênante, la France, en 1802, répondait en leur offrant « une paix avec des conquêtes ».

Enfin ces acquisitions de près de 6000000 d’habitants se complétaient par un système d’alliances, presque identiques à des protectorats ; la Hollande était occupée par l’armée d’Augereau, qui y installait le 6 octobre 1801 une régence ou Staatsbewind, La Suisse l’était aussi et allait subir le même sort; la République ligurienne, à Gênes,

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