‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 124 sur 360 · COALITION MARITIME CONTRE L’ANGLETERRE · texte numérisé non relu

COALITION MARITIME CONTRE L’ANGLETERRE

Saint-Ildefonse, afin de lui arracher ensuite par la peur un nouveau traité de subsides de 72 millions (13 octobre 1803). Pour qu’aucune nation maritime ne manquât, selon la tradition, à cette ligue contre l’Angleterre, l’Espagne fut chargée, outre ce qu’elle nous promettait, d’obtenir du Portugal, par les memes menaces, 16 millions de subsides (19 décembre 1803). Toutes devaient nous aider à vaincre les (( tyrans des mers n et s’associer aux mesures que la France se disposait à prendre pour fermer le continent à leur commerce. Si Bonaparte alors vendait la Louisiane aux Etats-Unis, ce n’était pas seulement pour les 60 millions que lui rapportait ce marché, c’était a pour créer à l’Angleterre une nouvelle rivale capable d’abaisser son orgueil » (30 avril 1803). Enfin, le 16 mai 1803, Mortier, avec seize mille hommes, mettait la main sur le Hanovre, le patrimoine de Georges IV, un pays placé surtout à souhait pour ouvrir ou fermer au commerce de ses sujets les ports et les marchés de l’Allemagne du Nord. L’occupation de Hambourg, de Rintzbuttel, de Cuxhaven (15 juin 1803), la saisie de toutes les richesses des marchands anglais dans ces ports compléta ce vaste système d’attaques qui prenait toutes les formes et se développait sur toutes les côtes, de Lisbonne à Anvers.

Bonaparte semblait n’avoir qu’une pensée, la lutte unique, à outrance contre l’Angleterre. Un décret du 2 décembre 1803, constitua les camps retranchés du Nord, où cinquante mille soldats, Varmée (T Angleterre^ commençaient à se réunir sous le commandement de Soult et de Ney. Bruix à Boulogne, Truguet à Brest, Villeneuve à Rochefort, le Hollandais Van Huelff sur l’Escaut, dressaient des batteries et surveillaient la concentration dans le Pas-de- Calais des bateaux qui s’acheminaient le long des côtes, en face des croisières anglaises (septembre 1803, février 1804). Bonaparte, de temps à autre, venait voir son ouvrage et semblait écouter les flatteries de l’amiral Decrès qui lui prédisait, avec le public enthousiaste, « la fortune de César » .

Page 1