SON AMBITION ET SES SECRETS
mission de l’Europe surtout aux décrets de la Révolution.
Au mois de septembre 1804, Napoléon s’en allait sur les rives du Rhin, à Aix-la-Chapelle, célébrer en grande pompe la reconstitution de l’empire de Charlemagne au profit des Français. Le pape, effrayé, attiré par l’espérance aussi de recouvrer les Légations, consentait à venir, à la fin de l’année, le couronner à Paris. Enfin, depuis le mois de mai, les républicains italiens savaient et faisaient savoir à Vienne que Napoléon voulait fonder en Italie une monarchie héréditaire. Ces démarches étaient calculées sur le plan qu’il avait formé : aux Français, dont il avait besoin comme instruments, il offrait l’Allemagne par un empire que le pape aurait consacré. Pour lui-même, il achevait l’unité italienne, afin de se trouver mieux en mesure de chasser les Anglais de Malte et les Russes de Corfou, pour prendre dans la péninsule le point d’appui nécessaire à ses entreprises sur l’Orient. C’était si bien son désir secret, qu’au début de l’année 1805, il écrivait à l’Empereur d’Autriche: (( On ne peut plus se battre aujourd’hui raisonnablement que pour l’Empire de Constantinople. )>
Ces intentions finirent par convaincre l’Autriche des dangers qu’elle courait. Perdre l’Allemagne définitivement et ne pas même conserver l’Italie, voir peut-être à bref délai l’Empereur de Russie, par dépit d’être dédaigné, se rapprochant de Napoléon, obtenir de lui des satisfactions, en Pologne, en Turquie, c’était compromettre sur toutes ses frontières la monarchie des Habsbourg. Cette menace ébranla les hésitations de l’Empereur d’Autriche. Le 6 novembre 1804, François II signait avec Alexandre P** une déclaration, traité secret d’alliance strictement défensive. La Russie promettait aux Habsbourg de les défendre en Italie. L’Autriche s’engageait à maintenir contre Napoléon l’intégrité de l’Empire ottoman. Cet acte qui fut considéré comme une victoire de la diplomatie russe éclaire une fois de plus la portée de la guerre que cette diplomatie préparait contre l’Empereur des Français. Ce n’était point l’Allemagne, où cependant il va porter la guerre, qui faisait l’objet du