‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 131 sur 360 · L’AUTRICHE SE DÉCIDE A LA GUERRE (AOUT · texte numérisé non relu

L’AUTRICHE SE DÉCIDE A LA GUERRE (AOUT

litige. Le germe de ce conflit continental, comme la cause du duel avec l’Angleterre, déjà engagé depuis 1803, ce sont les ambitions rivales de Napoléon, d’ Alexandre, des Anglais sur Constantinople. L’Autriche, malgré la perte de son autorité en Allemagne, ne se fût pas mêlée à ce conflit, si, pour s’assurer l’Adriatique, le nouvel Empereur n’avait formé le projet d’en exclure les Autrichiens. Lorsque le 2 janvier 1805, Napoléon fit connaître à l’Empereur François son intention d’ériger en Italie pour son frère Joseph une monarchie héréditaire, séparée de la sienne, celui-ci sembla se résigner encore. Mais le refus de Joseph, peutêtre secrètement exigé, le 25 mai 1805, amenait Napoléon à prendre lui-même la couronne de fer : François n’hésita plus. La coalition de l'Angleterre et de la Russie s’était scellée le 11 avril 1805. L’Autriche y entra le 9 août.

Encore à ce moment, c’était si peu l’Allemagne qu’il s’agissait de protéger que tous les Allemands restèrent indifférents à cette querelle ou se joignirent à Napoléon. Pour décider la Prusse à prendre parti, pendant toute l’année 1805, l’envoyé de l’Autriche, Metternich, qui préludait alors de Berlin à sa guerre diplomatique contre l’Empereur, invoqua plus d’une fois auprès du ministre prussien Hardenberg les intérêts germaniques. Mais Frédéric-Guillaume III d’une part savait que l’Autriche, dans cette guerre, se préoccupait surtout de l’Italie, que la Russie, en l’y poussant, cherchait à mettre la main sur TOrient. Il ne se méprenait pas sur l’impossibilité de défendre seul l’Allemagne contre les Français.

Fidèle aux principes de son prédécesseur que la crainte des Russes avait déterminé au partage de la Pologne, il eut un instant l’idée de partager avec la France pour constituer une digue à l’Etat prussien à l’ouest comme à l’est. Hardenberg, à la fin converti au programme d’Haugwitz, lui conseillait d’accepter le Hanovre que la France et Talleyrand lui offraient, rassurait sa conscience inquiète « de manquer aux règles de la morale )>. Le 23 août, cette convention était presque faite lorsque Napoléon envoya Duroc

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