LE BLOCUS CONTINENTAL : DÉCRET DE BERLIN
seraient rendues. « J’ai besoin, écrit-il à un ambassadeur, de tourner mes efforts du côté de la marine. » Et le 21 novembre 1806, le décret de Berlin inaugurait le régime du Blocus contineniaL
Les côtes des îles Britanniques étaient mises en état de blocus, tout commerce, tout échange postal avec elles interdits. Les sujets britanniques se trouvant sur les territoires occupés par les troupes de l’Empereur ou de ses alliés devenaient prisonniers de guerre. Tout magasin, toute marchandise leur appartenant seraient confisqués, et le produit des confiscations destiné à indemniser les commerçants des pertes que leur causaient les croisières anglaises. Deux tribunaux de prises allaient être installés à Paris, à Milan. Notification serait faite aux rois d’Espagne, de Naples, de Hollande et d’Etrurie, à tous les autres alliés dont les sujets comme ceux de l’Empereur souffraient de l’injustice et de la barbarie anglaises.
Ce décret devait avoir pour l’Angleterre des conséquences funestes. Il annonçait une guerre d’un nouveau genre, très redoutable. Mais Napoléon comptait sur son effet moral, surtout. Il espérait, en le lançant de Berlin, donner aux opérations militaires qu’il venait d’achever ou méditait encore un caractère d’utilité, à ses conquêtes un objet national. S’il avait l’air de sacrifier la France à la gloire de vaincre l’une après l’autre les plus vieilles monarchies d’Europe, il la payait aussitôt de ses peines en faisant servir l’Europe à la ruine de l’Angleterre. Il réveillait au bon moment chez les Français leur haine contre l’ennemie traditionnelle. Il l’exploitait pour justifier la défaite de la Prusse et le nouvel effort qu’il allait demander à ses armées, à ses sujets.
En 1806, pour la seconde fois, Napoléon, après léna, comme après Austerlitz, et de plus près encore, touche, selon l’expression de son plus récent biographe, l’Europe orientale de son épée. L’heure est venue, cette fois peutêtre, d’en régler le sort au gré de son ambition.
En face de ce grand problème, la diplomatie de l’Empe-