‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 162 sur 360 · L'AFFAIRE D'ESPAGNE (OCTOBRE · texte numérisé non relu

L'AFFAIRE D'ESPAGNE (OCTOBRE

l’objet véritable, une sourde opposition, assez forte pour paralyser la seule force dont il dispose encore, sa volonté toute-puissante. Contre ses desseins, Talleyrand forme ses intrigues; les frères de l’Empereur développent les leurs. Les affaires d’Espagne déterminent cette crise décisive pour sa fortune : Napoléon ira s’y perdre au moment où il croit tout gagner, mal servi ou trahi.

Au mois d’octobre 1807, l’Empereur avait fait du roi d’Espagne et du ministre Godoy ses complices contre le Portugal, avec l’intention soigneusement cachée de les envelopper dans la ruine des Bragance. Son envoyé à Madrid lui en préparait les moyens : Beauharnais encouragea l’héritier du trône, Ferdinand, à intriguer contre son père avec ses conseillers, les ducs de Flnfantado, de San Carlos et le chanoine Escoïquiz jaloux de ruiner et de remplacer le prince de la Paix. Il l’engagea, le 12 octobre 1807, à écrire à Napoléon pour lui demander la main d’une princesse impériale et son concours. Ces discordes de la famille royale à Madrid fournissaient à la diplomatie de Napoléon l’occasion d’intervenir en Espagne sans se démasquer.

Le 28 octobre 1807, Charles IV saisit les preuves de la trahison de son fils, le fit arrêter avec ses complices, et invoqua aussitôt l’aide de son puissant allié, sollicité d’autre part de sauver Ferdinand. A cette nouvelle le 8 novembre 1807, Clarke, le ministre de la guerre, recevait l’ordre de mettre en mouvement l’armée de la Gironde, de fortifier les places des Pyrénées, et d’amener en poste une nouvelle armée des bords du Rhin. Un instant cet ordre fut suspendu : le fils rebelle, prisonnier, faisait des aveux complets et révélait à son père ses intrigues avec la France. Il implora son pardon : conseillé par Godoy qui se prit à découvrir les desseins et la politique de l’Empereur, Charles IV pardonna à son fils, pour échapper à l’intervention française (5 novembre). Mais ce ne fut qu’une trêve

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