DISCORDES DES BOURBONS: PREPARATIFS DE NAPOLÉON
bien courte. Napoléon ne put se résoudre à abandonner la partie.
Le 13 novembre, il annonçait à Charles, IV son dessein de renforcer l’armée de Portugal. L’homme de confiance qu’il chargeait de cette commission officielle, M. de Tournon, en avait une autre, plus importante. Il devait rendre compte de l’état du pays, de ses sentiments à l’égard de Godoy et du prince des Asturies, de la situation des places fortes et de l’armée espagnole. Sous la conduite du général Dupont qui le même jour reçut ses instructions, une armée de vingt-deux mille hommes passait la Bidassoa. Au moment où elle arrivait à Yalladolid, Moncey, habitué aux guerres d’Espagne, amenait le 9 janvier une seconde armée forte de vingt-huit mille hommes par la Biscaye. C’était sans doute la route du Portugal : mais, comme à la même date l’Lmpereur invitait Junot à détacher six mille hommes au moins en arrière sur Badajoz et Alcantara, c’était la preuve qu’il n’avait pas besoin de renforts. (( Il se préparait des événements inattendus avec l’Espagne, » disait l’Empereur alors. L’entrée d’un troisième corps de douze mille hommes en Catalogne (février 1809), d’un autre en Navarre, l’occupation dePampelune, de Figuières, de Saint- Sébastien, de Barcelone ne laissa plus d’illusion aux Bourbons. L’invasion, la conquête de la Péninsule commençaient. Quoique Napoléon prétendît au Corps législatif justifier ces opérations par la nécessité de défendre Cadix (24 janvier 1808), le choix d’un généralissime, de la famille impériale, de Murat appelé en toute hâte de Dusseldorf le 20 février, indiquait l’importance de l’entreprise. Le grandduc de Berg était l’homme des coups de main heureux : il devait sa fortune à son sang-froid, à sa décision dans l’affaire de Brumaire. C’est pour cela que Napoléon l’envoyait au delà des Pyrénées avec l’ordre de se diriger, aussitôt après la prise de Pampelune, sur Burgos et Madrid, sans lui révéler encore l’étendue de sa mission (2 et 7 mars 1808).
Le premier ministre d’Espagne acquit à ce moment la certitude du complot formé à Paris contre son maître. A la