‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 17 sur 360 · LA POLITIQUE RÉPUBLICAINE · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE RÉPUBLICAINE

diplomatique d’une question qui ne pouvait se régler autrement.

Ce devait être un de ses derniers succès : ses jours étaient comptés, comme ceux de l’Assemblée Constituante à qui il avait su, ce n’est pas son moindre mérite, tracer une politique étrangère conforme à la dignité, à la sécurité de la France et de la Révolution. Des hommes nouveaux se préparaient à les remplacer, pour qui la politique étrangère et les rapports de la France avec l’Europe devinrent un objet d’ambition et d’intrigue. C’étaient encore des politiques, mais uniquement préoccupés d’établir en France une forme nouvelle de gouvernement à leur convenance. En relation avec la Commune, Camille Desmoulins, Loustalot et Brissot, qui allait être le chef reconnu de la Gironde, souhaitaient l’établissement de la République. Aux Jacobins, aux Cordeliers, Robespierre, Danton, Hérault de Séchelles, faisaient avec plus de violence une propagande analogue. Le peuple n’y songeait pas : ses vœux n’étaient pas pour une seconde révolution à l’intérieur, mais pour une révolution européenne qui lui paraissait une conséquence de ses premiers succès, une garantie de sa victoire et de sa liberté. Après l’ivresse des premiers triomphes sur la royauté et la féodalité, une fièvre nouvelle s’empara des Français, fièvre d’apôtres, fanatisme de nouveaux convertis, qui veulent prouver à l’humanité les bienfaits de la foi dont ils jouissent désormais. La croisade n’est-elle pas un devoir pour les religions triomphantes ?

En cet état d’enthousiasme, où ils ne calculaient plus leurs intérêts, les Français étaient faciles à conduire, pourvu qu’on flattât leurs passions. C’est ce que ne manquèrent pas de faire les politiques qui jugeaient la Révolution inachevée, si elle n’aboutissait pas à la République. Camille Desmoulins prêcha dans son journal la croisade sur les frontières, la prépara avec Garat et Linguet, aussi avec Marat, avec les « patriotes incendiaires », et déclara dès 1791 la guerre aux princes allemands, tandis que le gouverne-

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