LA FRANGE EN DALMATIE
Habsbourg tout ce qu’ils demandaient : plus de résistance parlementaire. Paul Nagy, volontairement, s’est retiré delà lutte. D’après le témoignage d’un étranger, les événements d’Espagne ont excité en Hongrie un enthousiasme très vif pour l’Empereur liabsbourg, résultat des craintes que Napoléon inspire aux patriotes. C’est « un tyran universel », contre lequel la guerre doit se faire sans merci. Et tandis que les Habsbourg exploitent ce sentiment, un poète national, le Tyrtée de cette insurrection patriotique, Kisfaludy, ancien prisonnier des Français, admirateur des lyriques italiens, prêche aux Hongrois un autre Evangile que celui de Rousseau : « L’amour de la patrie est un sentiment, non une suite de connaissances. » Les doctrines politiques avaient divisé les Hongrois : le sentiment national les a rapprochés en 1809 contre Napoléon. Verseghi, jacobin converti, fit jouer la Fidélité magyare. C’est en vain que de Schœnbrunn, le 15 août 1809, Napoléon adressait un appel à la nation hongroise, rédigé par le vieux poète jacobin Bacsanyi. Patriotes et catholiques, les Hongrois vinrent se heurter en masse aux troupes françaises, à la puissance de l’homme qui leur était apparu, en Espagne et à Rome, comme l’ennemi général de toute foi, de toute loi.
A la même époque, et pour des motifs semblables, les Dalmates revenaient aux Habsbourg qui, après la chute de Venise, les avaient gouvernés neuf ans. Dès 1807, le clergé tout-puissant, les franciscains surtout, avaient fait appel en langue slave au patriotisme morlaque contre les Français, « jacobins et juifs». 11 défendait ses privilèges et ceux des nobles. Mais il n’avait trouvé d’appui que dans la garde dalmate des pandours : excitée par des Italiens, médecins, nobles libéraux même, la population avait marqué par une véritable jacquerie sa haine des privilèges, son besoin d’égalité. Les Autrichiens avaient durement réprimé la révolution dalmate, fait alliance avec les classes privilégiées qui désiraient le maintien de leurs droits et leur indépendance politique, une situation semblable à celle des magnats et du clergé hongrois. S’il n’était point libéral, ce