‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 183 sur 360 · PREMIÈRES RÉVOLTES ALLEMANDES · texte numérisé non relu

PREMIÈRES RÉVOLTES ALLEMANDES

ils fondaient la première institution nationale allemande, sur la science, la philosophie, pour l’action patriotique, et ils disaient : « Par sa force interne, elle pourra dominer sur un domaine plus vaste que les frontières de l’Etat prussien. Berlin deviendra le centre de l’activité scientifique de l’Allemagne du Nord, de la partie protestante du moins. » (Schleiermacher.)

Cette confiance dans l’avenir, cette fièvre d’ambition et d’espérances, en pleine défaite, devaient paraître présomptueuses, imprudentes même. Dans l’état où se trouvait la Prusse, pouvait-elle prétendre à disputer l’Allemagne à Napoléon? Les événements en 1809 prouvèrent en apparence le contraire. On vit alors de quoi étaient capables (( l’acharnement et la résistance » du patriotisme allemand. Un lieutenant prussien. Von Katt, le 3 avril 1809, avec cent vingt hommes, essaya de soulever le pays de Stendal et Magdebourg. Il échoua. Puis, un officier du roi Jérôme, affilié (( au Tugend-Bund )) en garnison à Marburg, le baron de Dœrnberg, entraînant soldats et paysans, menaça le roi de Westphalie dans sa capitale de Cassel, le 22 avril. En trois jouis il était réduit à l’impuissance. Le 28 avril, de nouveau, le major Schill qui avait réuni un petit corps de mille volontaires sortait de Berlin sous le prétexte d’exercer ses troupes, occupait Halle, recrutait des paysans mécontents, puis inquiet de n’être pas soutenu, gagnait le nord, Hambourg, la Poméranie, et couronnait sa campagne par la prise de Stralsund. « Ce devait être une autre Saragosse, )) écrivait h l’archiduc Charles ce chef de partisans que, le 31 mai 1809, quelques troupes françaises et danoises suffirent à mettre à la raison. L’effort du duc de Brunswick, soutenu par l’Autriche et l’électeur de Hesse, fut plus sérieux. Il avait réuni les aventuriers des bandes précédentes, dix mille hommes environ, occupé Dresde et Leipzig avec l’espoir de reprendre h Jérôme ses Etats, et de trouver secours auprès des Anglais. Tl ne put qu’échapper aux armées françaises, se sauver sur une flotte anglaise et se retirer à Londres.

38ü NAPOLÉON ET LES PEUPLES.

En somme, c’étaient des équipées, des efforts incohérents et stériles. Dans le peuple épuisé par la conscription et les impôts, ces aventuriers rencontraient des sympathies, quelques renforts. L’effet moral était infiniment plus grand : les martyrs ont toujours servi les causes naissantes. Ces prises d’armes isolées, sans portée militaire, (( comme autant de Vendées », préparaient l’Allemagne du Nord à comprendre la portée, à suivre le programme de la propagande patriotique de Steinet de Fichte. Elles encourageaient en Prusse les auteurs de cette propagande à la poursuivre. Et, pour l’histoire, aujourd’hui, elles demeurent des témoignages certains de l’effet que fit instantanément sur les peuples de l’Europe centrale, las de la conquête française et de la domination napoléonienne, le soulèvement du peuple espagnol.

(c Ce ne sont pas les peuples qui ont été mes ennemis, c’est l’oligarchie, » disait Napoléon à Montholon plus tard à Sainte-Hélène. Illusion de conquérant et de despote qui dans les mouvements populaires n’a jamais vu qu’intrigue et qu’anarchie, qu’œuvre d’aristocrates et de brigands. Devant cet orage qui se forme, les lacunes de ses conceptions politiques déjà se marquent, a En sa qualité d’homme d’Etat, il n’admettait aucun sentiment. Il ne se décidait ni par affection, ni par haine. » Il allait à son but, indifférent aux haines qui s’amassaient autour de lui. <

BIBLIOGRAPHIE

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Pour la Belgique. — Borgnet, Histoire des Belges à la fin du dix-huitième siècle., Bruxelles, 1861. — De Lanzâg de Laborie, la Belgique sous la domination française., Paris 1880.

Pour la Hollande. — Anonyme (Legrand), la République Balave. Paris, 1894. — Rogquain, Napoléon et le roi Louis. Paris, 1875. —

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Pour l’Italie. — E. Ruth, Geschiclite des Itaiienischen Volks unter der napoleonischen llerrschaft, Leipzig, 1859. — De.iob, Madame de Staël et l'Italie. Paris, 1890. Goiisulier dans cet ouvrage la bibliographie très complète des livres sur la question italienne. A la liste des livres que nous avons indiqués p. 186, ajouter : Roux, Littérature contemporaine en Italie. Paris, 1869. — Rocca, les Grands Italiens du dixneuvième siècle : Ugo Foscolo et Manzoni. — Etienne, Fgo Foscolo. [Revue des Deux-Mondes, 1854).

Pour les Dalmates. — L'abbé Pisani, la Dalmatie de 1789 à 1815, Paris, 1893. — A. Tüllio Erber, Datmatia dal 1797 al 1814, Zara, 1886-1892.

Pour la Suisse. — Tellier, Histoire de la République helvétique, Genève, 1846. — Hilty, les Constitutions fédérales de la. Suisse. Neuchâtel, 1891 et les ouvrages cités p. 248. — Daguet, Histoire de la confédération suisse, tome II, 2® éd. Genève, 1880. — Pu. Godet, Histoire littéraire de la Suisse française. Paris, 1889.

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la Guerre contre les paysans du Tyrol en 1809. — Saint-Clair, André Hofer et l' insurrection du Tyrol en 1809, Paris, 1881. — Chk- LARD, les Armées françaises jugées par les habitants de V Autriche, 1893. — Bidermann, Die Geschiclite der OEsier. Gesammtstaatsidee (1526-1804), 1888.

Pour l’Allemagne et la Prusse. — Outre les ouvrages de Denis et Rambaud, les biographies de Slein par Pertz (5 vol. 1849-1855), de Gneisenau, par le même (5 vol. 1874-1881), de Scharnhorst, par Leh- MANN (2 vol. 1886), de Schleiermacher , par Dilthey (1878), il faut consulter :

Cavaignac, la Formation de la Prusse contemporaine (2 vol., 1806- 1810). — Lévy-Bruhl, V Allemagne depuis Leibniz, Paris, 1886. — G. Droysen, Vorlesungen uher das Zeit der Freiheitskriege (2 vol. 1896).

— Goette, Das Zeitalter der Deutschen Erhebung, 1891. — Meier, Die Reform der Verwaltungsorganis. unter Stein und Hardenberg , 1881.

— Lehmann, Knesebeck u. Schon, 1877. — Lehman, Des Tugenbund, 1877. — M. Düncker, Preussen u. der allgemeine Wehrpflicht im 1809. [Hist. Zeitsch, 1861.) — Hillebrand, La société Allemande en 1806. [Revuedes Deux-Mondes, 1870.) — Scherer, Geschiclite der deutschen Litteratur, 1893.

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