‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 187 sur 360 · LEUR RÉUNION A ERFURT (SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

LEUR RÉUNION A ERFURT (SEPTEMBRE

route était couverte de fourgons, de chevaux de selle, de carrosses, de gens à la livrée impériale, de troupes aussi venues de toute TAllemagne pour former la baie en tenue de parade.

En quelques jours, par la volonté souveraine du maître, la petite ville allemande se transforma en une capitale digne de l’hôte qu’on y attendait. Le palais du gouvernement devenait par sa décoration renouvelée un palais français dans le goût du temps : partout la marque de Napoléon, les aigles et les abeilles semées sur la pourpre des tentures. Des bronzes, des vases, les tapisseries des Gohelins transportées de Paris donnèrent aux vieilles demeures bourgeoises l’aspect somptueux de palais destinés aux hôtes de l’Empereur.

La docilité ou la cupidité des souverains allemands firent le reste. Empressés de plaire au chef du nouvel Empire, curieux de le voir, ou désireux de lui arracher quelque arrondissement, les rois de Saxe, de Wurtemberg, de Bavière, les ducs de Cobourg, de Weimar, de Mecklembourg et une multitude de priricipicules accoururent à Erfurt d’heure en heure, avec leur suite féodale d’écuyers, de chambellans, de conseillers. Grâce à eux, la cour improvisée d’Erfurt fut telle que pouvait la souhaiter Napoléon, faite à première vue pour donner au tsar l’impression de la grandeur et de l’étendue de l’empire français.

Alexandre y arriva « plus vite qu’un courrier n, sans sa maison, comptant absolument sur l’hospitalité de son allié, sur sa cuisine, sur son vin dont il était fort appréciateur.' En treize jours, du 14 au 27 septembre^ avec un détour et deux journées de réception à Kœnigsberg, il avait franchi la distance de sa capitale à Erfurt. Tant il avait de hâte, après un an d’attente, de donner aux projets de Tilsitt, à l’affranchissement réel de la Turquie, à la conquête décisive qui devait assurer la gloire de son règne, la consécration d’une entente définitive! Napoléon venait au-devant de lui, le 27 septembre à l’entrée de la ville, suivi de son cortège de maréchaux, de fonctionnaires, salué par les salves d’ar-

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