LES AMBITIONS GERMANIQUES
on VOUS le demandera pour l’Alsace. » L’abandon d’Avignon ne serait-il pas le prélude de la perte autrement grave du Rhin français?
Si les princes allemands avaient, dans les premiers mois de 1791, accepté pour leurs domcaines d’Alsace les compensations pécuniaires que Louis XYI et l’Assemblée leur otfraient le 4 décembre 1790, les partisans de la guerre en France n’auraient pas trouvé dans cette menace un argument. Mais, par la faute des Allemands et à dessein, la question alsacienne n’était pas réglée et ne paraissait pas prés de l’être. Ils prétendaient qu’elle n’était pas une affaire de propriété, mais de droit public, que leurs biens, garantis par un traité, ne pouvaient leur être repris que par un nouveau traité. Ils cherchaient chicane à propos de la double souveraineté de l’Empire et du royaume de France sur l’Alsace. Et vraiment, ils semblaient souhaiter que rune des deux disparût, que les actes de Westphalie fussent en effet modifiés conformément aux prétentions germaniques. Une lettre de Francfort insérée au Moniteur (III, 426) vint avertir les Français : a il serait possible que les réclamations des princes donnassent lieu à la réunion de l’Alsace à l’empire d’Allemagne dont il fut détaché par ambition. )> (5 février 1791.) Cette lettre publique était l’expression exacte du langage que tenaient les agents de la Prusse dans les petites cours allemandes.
Nul doute qu’à cette époque au delà du Rhin, comme en deçà, les politiques n’excitassent les passions populaires des deux nations pour les mettre aux prises et profiter de leur querelle. « Les décrets de la Révolution, disait Hertzberg, au roi de Prusse, le 9 mars 1791, infirment le titre de la France sur l’Alsace. »
Il faut convenir qu’au mois de mai 1791, au milieu de ces haines nationales, de ces convoitises des Français et des Allemands, éveillées, entretenues par les politiques, le rôle de l’Assemblée fut difficile. Par peur elle se livra aux audacieux qui lui rappelaient, pour défendre l’Alsace, l’énergie des ministres qui l’avaient conquise. Elle crut