LOUIS XVI ET LA CONSTITUANTE
imiter Richelieu et menaça l’Empereur dont l’alliance aurait pu l’aider à modérer les convoitises des princes allemands, à conserver l’Alsace. La politique est plus souvent affaire de circonstances que de tradition. Fidèles à la tradition du dix-septième siècle, comme tous leurs ancêtres, les Constituants compromirent l’avenir et leurs successeurs.
Au même moment, Louis XVI et sa femme, par une pratique qu’ils empruntaient également au passé, par des intrigues secrètes, allaient précipiter de leur côté la guerre, faisant, aux dépens de la France et de la royauté, le jeu de leurs adversaires.
Louis XVI avait, d’abord à contre-cœur, accepté la Révolution, puis fait assez franchement le sacrifice de son autorité absolue, se résignant à ce qu’il appelait (d’usurpation». Mais à partir de 1790, les réformes d’ordre religieux que l’Assemblée lui proposa : (14 avril) loi sur les biens et les salaires du clergé ; (1 2 juillet) constitution civile, troublèrent sa conscience de chrétien et le ramenèrent à la politique de résistance. Les reproches du pape achevèrent de le décider : il ne se résigna plus qu’en apparence, et dans l’espoir d’une revanche prochaine. Au premier acte d’énergie qu’on lui demanda (26 décembre 1790) pour forcer par le serment les évêqties à consacrer les prélats élus en vertu de la Constitution, il marqua son impatience et le désir d’engager la lultb : (( J’aimerais mieux être roi de Metz que de demeurer roi de France dans une condition pareille. Cela finira bientôt. »
Pour en finir, Louis XVI se rapprocha de ses courtisans absents, émigrés depuis 1789 avec l’intention d’organiser du dehors la lutte contre la Révolution. La plupart des hommes en effet qui avaient quitté la France aux premiers jours de l’émeute, n’étaient pas des victimes et des timides. C’étaient des mécontents, partis beaucoup moins pour fuir un péril que pour préparer plus à leur aise la revanche de l’ancien régime. « Ils n’ont alors, dit M. Sorel, qui les a définis à merveille, quitté la partie que pour la gagner plus sûrement : ils n’ont quitté la France que pour y rentrer en