‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 192 sur 360 · DISGRACE DU PRINCE DE BÉNÉVENT · texte numérisé non relu

DISGRACE DU PRINCE DE BÉNÉVENT

Diiroc de reprendre à Talleyrand sa clef. Il gardait Fouché en le surveillant étroitement. Il marquait enfin à tous les gens en place, par son irritation, qu’il avait découvert le mystère de leurs espoirs et de leur trahison. La disgrâce de Talleyrand lui parut une leçon suffisante. Elle ne réparait pas le mal qu’il avait fait.

L’Autriche en février organisa la guerre pour le mois de mars d’abord, puis définitivement pour le mois d’avril. Metternich reçut l’ordre de déclarer le 2 mars 1809 que la mobilisation de l’armée avait pour prétexte les levées ordonnées à la Confédération germanique. A Saint-Pétersbourg, comme à Paris, les diplomates autrichiens s’appliquaient à se donner l’air d’être attaqués. Les généraux n’en sont pas moins à l’œuvre, très activement; trois cent mille hommes de troupes actives, de réserves, s’ébranlent vers les frontières de Bavière, de la Pologne, de l’Italie. Le peuple les acclame partout Quelles passent. Le gouvernement, l’aristocratie excitent et dirigent ces passions patriotiques. De l’aveu de nos agents, c’est une guerre nationale. Le généralissime, l’archiduc Charles, en prenant le 6 avril le commandement, a appelé les Allemands aux armes; il les invite du Rhin au Danube à la délivrance de la patrie commune. Puis il se jette sur la Bavière, et franchit ITnn le 10 avril avec l’espoir de nous surprendre. Et déjà dans le Tyrol, à son approche et à l’appel d’un patriote, André Hofer, les populations des montagnes prennent les armes contre le conquérant qui les a malgré elles enchaînées à la Bavière.

Napoléon, au contraire, avait attendu jusqu’au dernier moment pour commencer cette guerre qu’il eût voulu éviter. L’Autriche, disait-il, « devient de jour en jour plus bête », (6 février 1809). Il ne désespérait pas encore du concours de l’empereur Alexandre pour la mettre à la raison. En termes nets, précis, enfiévrés par l’attente, il sollicitait ce concours le 23 février. « Je puis entrer s’il le faut en Autriche au mois d’avril avec des forces doubles de ce qui est nécessaire pour la soumettre. Néanmoins, je ne ferai rien

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