‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 197 sur 360 · PLAN DE CAMPAGNE DE BOHÊME .* LA RUSSIE MENAÇANTE · texte numérisé non relu

PLAN DE CAMPAGNE DE BOHÊME .* LA RUSSIE MENAÇANTE

pas de ces trois armées : sa colère contre son frère égala son irritation contre les Tyroliens : « Il y a loin du métier de soldat, 'écrivait-il à Jérôme le 25 juillet 1809, à celui de satrape. J’avais à peine votre âge que j’avais conquis toute l’Italie. Mais je n’avais pas de flatteurs, ni de corps diplomatique à ma suite. Je faisais la guerre en soldat. On ne la fait pas différemment. Je ne me prétendais ni frère de l’Empereur, ni roi. Je faisais ce qu’il fallait pour battre l’ennemi. Je ne veux point vous déshonorer en vous ôtant le commandement. Mais je ne veux pas non plus par de sottes condescendances de famille exposer la gloire de mes armes. » Comme l’entreprise d’Espagne, les affaires de l’Empereur se gâtaient en Allemagne par l’égoïsme et la désobéissance de ses frères. Le Tyrol eût été moins redoutable, si l’Empereur avait rencontré en 1809 selon ses calculs l’armée de Jérôme établie à Dresde prêt à suivre l’ennemi en Bohême. Les peuples en révolte trouvaient dans les premiers serviteurs du conquérant, les plus intéressés pourtant à sa conquête, des alliés, sinon des complices.

Lorsque Napoléon signa l’armistice de Znaïm, ce fut donc à regret, en présence d’obstacles qui l’empêchaient d’épuiser sa victoire. Tout indique qu’à cette date, il ne considéra cette trêve que comme un arrêt forcé. 11 reconstitue à la hâte son armée, qui, composée en partie de conscrits éprouvés par les dernières batailles, n’a plus la solidité des troupes d’Austerlitz. Ce n’est plus leur élan qui a pu décider la victoire à Wagram : l’artillerie a dû donner pour les soutenir. « J’ai besoin de beaucoup d’artillerie, écrit-il du camp de Znaïm, le 12 juillet, à l’amiral Decrès. Faites relever à Boulogne, en Bretagne, à Belle-Isle sur les côtes de l’Océan tous les canonniers de terre. Désarmez quelques vaisseaux. Que cet ordre soit surtout exécuté sans délai. » Toutes ses instructions à Jérôme, à Lefebvre, à Berthier respirent le même désir fiévreux de s’organiser pour une campagne décisive en Bohême.

La Russie allait définitivement obliger Napoléon àla paix : après l’avoir pendant la guerre laissé, malgré l’alliance, à ses

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