LE PARTAGE DE LA GALICIE
railente d’une réponse décisive, il recommandait à ses diplomates de se dérober jusqu’à la fin d’août à tout entretien précis.
Gr, il se trouvait que Napoléon donnait au même moment le même ordre à Champagny. « Evitez surtout de paraître pressé. » Comme son adversaire, il attendait également de Russie une réponse décisive. S’il avait renoncé à la guerre, il ne pouvait sans consulter le tsar arrêter les termes de la paix. Il s’empressa, dès le 12 août, de l’interroger. Dans les négociations, en effet, comme pendant la campagne, la question de la Galicie restait l’obstacle où l’alliance de Tilsitt risquait de se briser : « L’honneur de la France serait compromis si elle abandonnait au fer, au joug de l’Autriche, des hommes qui l’ont servi. Mais il faut concilier ce devoir avec les intérêts de la Russie. >> La situation n’était pas facile à régler, entre les Polonais désireux d’ajouter la Galicie à la Pologne déjàindépendante, au grand-duché de Varsovie, justifiés par leurs efforts à réclamer cette revanche nationale, et les Russes résolus à l’empêcher de toutes leurs forces.
Pris entre ses alliés. Napoléon alors a imaginé un biais, un partage inégal, les quatre cinquièmes de la Galicie aux Polonais, le reste un million d’habitants, et l’importante ville de Lemberg aux Russes. Son premier soin a été de présenter au tsar ce compromis par l’intermédiaire de Caulaincourt, chargé de lui en faire apprécier les avantages. Après sa conduite pendant la guerre, et son attitude de neutralité plutôt hostile, Alexandre P"* ne reconnaîtrait-il pas la bonne grâce de son allié, et le profit d’une conquête inespérée? Et si, prenant les choses de plus haut, il ajoutait à cette nouvelle acquisition les provinces enlevées à la Turquie et à la Suède depuis 1807, ne devait-il pas avouer que l’alliance de Tilsitt lui avait rapporté le meilleur lot? L’Empereur espérait que pour la conserver le tsar se résignerait à l’extension du duché de Varsovie. Avant de formuler ses conditions à l’Autriche, il lui importait de savoir réglée cette question épineuse.