ALEXANDRE, LA GALICIE ET LA PAIX
Jusqu’au 12 septembre 1809, Napoléon resta dans l’attente. Le l*"** septembre il reçut une lettre du tsar par son aide de camp Tchernitcheff, peu rassurante. Avec une insistance émue, et dans des termes très amicaux, mais très fermes, Alexandre refusait tout agrandissement aux Polonais. Il est vrai qu’en même temps il invitait l’Autriche à ne pas compter sur son concours. Mais François II et ses ministres avaient pénétré le secret du désaccord que la question de Pologne jetait entre les alliés de Tilsitt, et pour les brouiller, ils offraient la Galicie à la France, la pressaient de l’accepter. L’embarras de Napoléon était extrême : le 9 septembre il s’accrut par l’arrivée à Schœnbrunn d’un aide de camp de François II, le comte Bubna^ envoyé par son maître pour hâter la paix au prix de la Galicie. Un instant, l’Empereur, fatigué de son alliance avec la Russie, eut l’idée de rendre à l’Autriche toutes ses conquêtes, la Pologne même, si l’Empereur d’Autriche consentait à abdiquer en faveur de son frère, le grand-duc de Würzburg, son client fidèle. De Vienne et de Dresde, avec deux princes vassaux, comme le roi de Saxe et cet archiduc. Napoléon eût, sans réunir Varsovie et Cracovie, placé à l’avant-garde de son empire, à la tête des Polonais des lieutenants intéressés à sa grandeur. La paix de Vienne eût achevé l’œuvre de Tilsilt. Il plaça François II entre l’abdication et un ultimatum qui le privait de quatre millions de sujets ou la guerre.
Tandis que Bubna portait le 10 septembre à la cour d’Autriche installée à Dotis cette réponse. Napoléon était enfin fixé sur lès conditions de la Russie; après un mois d’entretiens stériles, Gaulaincourt, le 28 août, avait obtenu le consentement du tsar au partage de la Galicie. Ce partage, cependant, Alexandre ne l’entendait pas comme la France : un district au grand-duché de Varsovie seulement, et toute la province avec cette réserve pour lui. Napoléon passa outre : satisfait d’avoir emporté le principe du partage même, il consentit par une dernière concession à ne réclamer à l’Autriche que la moitié de la Galicie, mais réduisit d’autant la part de la Russie, Le 15 septembre, con-